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lundi 14 juin 2010

L'Afrique résiste à l'arrogance de l'Europe

abc Burkina n° 380

L’arrogance et l’intransigeance de l’Union Européenne poussent les négociateurs africains à rejeter tout APE (Accords de Partenariat Economique) !

La semaine du lundi 7 juin au vendredi 11 juin 2010, s’est tenue à Ouagadougou une session de négociations sur l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Union Européenne et l’Afrique de l’Ouest. Le vendredi soir, un point de presse a été organisé par quelques organisations de la société civile burkinabè et le Dr Cheikh Tidiane Dieye, sénégalais, qui représente la société civile au sein des négociateurs africains.

Voici donc l’état d’avancement des négociations. En réalité, rien ne bouge. Les négociations sont figées. L’Union Européenne qui a toujours dit qu’elle n’avait pas d’intérêts offensifs à défendre, ne fait preuve d’aucune souplesse. Elle maintient des exigences inacceptables.

Par exemple, sur la libéralisation des échanges entre l’Union Européenne et l’Afrique de l’Ouest (principal objectif des APE qui sont, en fait, des Accords de Libre Echange mal-nommés) : L’Afrique de l’Ouest est déjà allée bien loin. Il y a longtemps qu’elle a abandonné le taux de 50 % proposé par la société civile. En novembre 2009, les négociateurs africains, à Abidjan, proposaient un taux de 66,4 %. Et voilà que contre toute attente, en mai 2010, l’Afrique de l’Ouest a proposé d’ouvrir 70 % de son marché à l’Europe. En dépit des récriminations de la société civile et des préoccupations exprimées par de nombreux Etats de la région, cette semaine les négociateurs ont maintenu cette offre de 70 % !

Mais l’Union Européenne veut toujours plus et ses négociateurs ont informés, ici même à Ouagadougou, qu’ils maintiennent leurs exigences à 80 %. « Cette demande n’est pas seulement agressive. Elle est indécente et choque tous ceux qui sont conscients de l’état actuel de l’économie régionale ouest africaine et soucieux de son avenir. D’autant plus que l’Europe demande que cette libéralisation se fasse sur 15 ans, alors que l’Afrique de l’Ouest a toujours proposé de le faire en 25 ans. » (Document de la société civile distribué avant la conférence de presse).

« Les négociateurs européens demandent à l’Afrique de l’Ouest d’accepter, dans un accord commercial bilatéral, d’introduire une clause qui exposerait les Etats à des sanctions économiques pour des fautes politiques présumées commises par leurs dirigeants (« Clause de non exécution » - clause rejetée).

Ils demandent aussi à la région de supprimer les prélèvements communautaires destinés à financer l’UEMOA et la CEDEAO. Ces maigres ressources sont les seules qui supportent aujourd’hui toute l’intégration régionale. Aucune règle internationale, fut-elle l’organisation mondiale du commerce, ne saurait nous imposer de renoncer au financement souverain de l’intégration pour se contenter de tendre la main à l’Europe. Les citoyens de l’Afrique de l’Ouest rejettent d’avance une telle éventualité. » (Document cité ci-dessus).

D’autres divergences sont apparues, notamment sur l’origine et le montant des ressources du « programme de l’APE pour le développement ».

Comment réagir en accueillant ces informations ?

Personnellement, il me semble qu’il s’agit de bonnes nouvelles !

L’arrogance et l’intransigeance de l’Union Européenne est en train d’ouvrir les yeux de nos dirigeants. L’Europe, comme les autres, n’a pas d’amis, mais des intérêts à défendre. En Afrique, elle espérait, grâce à ces accords, barrer la route à la Chine, à l’Inde et au Brésil. L’Afrique de l’Ouest n’est pas prête, elle non plus, à brader ses intérêts.

Oui, enfin une bonne nouvelle du côté des APE !

L’arrogance et l’intransigeance de l’Union Européenne poussent les négociateurs africains à rejeter tout APE !

Koudougou, le 12 juin 2010
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

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mercredi 3 septembre 2008

Dix questions pour les parlementaires européens

Droit dans les yeux :

Dix questions pour les parlementaires et membres de la Commission Européenne

Bonjour Père Jacques!

Je… vais rencontrer quelques parlementaires et des membres de la Commission Européenne (Développement- Gestion durable des ressources naturelles) les 7 et 8 mai prochains. Vous avez peut-être des questions ou interpellations que nous pourrions apporter dans ces entretiens : au sujet de l’agriculture, de l’eau ou des minerais, des agrocarburants, du marché du carbone, du transfert de technologie. Que pensez-vous du soutien de l’UE aux projets de ‘développement’ en Afrique de l’ouest ? Est-ce que les choix de l’UE répondent aux priorités des habitants ? Quelles sont les urgences des prochaines années, au Burkina, et dans les autres pays d’Afrique de l’ouest ?



Si vous avez des exemples concrets pour illustrer vos propos, ils sont bienvenus.



Mes questions sont volontairement un peu vastes pour ouvrir le champ des réflexions. Vos questions peuvent être pointues/précises.

Merci pour votre contribution. Je sais que votre charge est importante. Je sais aussi que ces entretiens sont importants car ils peuvent être les premiers d’une série si nous réussissons un bon contact ; et qu’à terme, cela pourra porter du fruit pour le quotidien des africains. C’est l’objectif.
A bientôt

(Les noms ont été supprimés)

Question 1 : l’aide détournée

Comment, quelles procédures envisagez vous pour qu’une aide arrive à celles et ceux à qui elle est destinée ?
Qu’elle ne se transforme pas en 4x4, séminaires avec per diem, bâtiments inutiles, fonctionnaires désoeuvrés, détournements par les autorités et administrations (déguisés ou pas) ?
En particulier l’aide destinée aux paysans et agriculteurs.
(Au Burkina, même les tracteurs donnés par l’Inde sont détournés au profit des barons du régime, puis le dossier est confié à la justice et enterré.)

Question 2 : l’agriculture familiale

Pourquoi avez-vous si longtemps méprisé l’agriculture familiale – avec la complicité des dirigeants africains --
Qui pourtant seule peut freiner l’exode rural, le grossissement des villes sous-équipées et l’émigration vers l’Europe
Qui seule peut permettre la souveraineté alimentaire (et l’auto suffisance alimentaire) ?
Qui seule peut permettre un réel décollage économique (transformation, distribution, mécanisation progressive, etc…)
Dans la crise alimentaire qui se prépare, renforcée par la spéculation – partie intégrante du système économique que vous prônez – que comptez vous faire pour l’aider à se développer ?

Question 3 : les produits africains d’exportation

Pourquoi avez-vous toujours encouragé de la part de l’Afrique les seules exportations de produits bruts sans valeur ajoutée, sans lui donner aucune chance réelle pour des produits transformés (sauf quand ils passent par les multinationales du Nord) ?

Question 4 : la libéralisation des services (et les privatisations)

Pourquoi, dans le cadre des APE, vouliez vous libéraliser les services ? Quels intérêts l’Europe défend elle dans ce contexte : le seul enrichissement des multinationales du Nord avec asservissement des services de l’eau, de l’énergie…, ou bien le « développement durable » de l’Afrique (qui puisse enfin décoller) ?

Question 5 : La « politique africaine » de l’Europe

L’Europe a-t-elle une préférence pour les « dirigeants durables et enrichis » ou pour les peuples d’Afrique ? La Françafrique et les réseaux (Bolloré, Roussin, Total, Bongo…) quels rôles jouent ils (leur capacité de lobbying et de corruption) pour déterminer les politiques européennes en matière de développement ?

Question 6 : A propos des APE

Dans le cadre des APE, les dirigeants européens eux-mêmes reconnaissent que les précédents accords (Lomé, Cotonou) ont failli ; des accords commerciaux asymétriques et la dimension développement en faisaient pourtant partie… Qu’en sera-t-il d’accords réciproques et sans définition d’une quelconque dimension développement ?
Souhaitez vous vraiment une catastrophe pour l’Afrique ?

Question 7 : à propos des OMD

Les OMD deviennent chaque jour de plus en plus un phantasme, une illusion, un effet d’annonce. Que comptez vous faire pour que la santé (prévention… paludisme, tuberculose et autres…) l’éducation (scolarisation massive…pour définitivement faire reculer l’ignorance) l’accès à l’eau et à la nourriture, les droits économiques et sociaux soient réellement mis en œuvre (sachant que ces questions n’intéressent les dirigeants locaux que dans la mesure où leur pouvoir s’en trouve menacé) ?

Question 8 : les agrocarburants

L’Europe voulait développer les agrocarburants et visait des terres en Afrique par l’intermédiaire de sociétés pas toujours « claires ». Où en est elle a présent ? Mesure t elle l’enjeu des conséquences de cette politique ?

Question 9 : les OGM

De grandes sociétés multinationales ont convaincu (comment ?) les dirigeants du Burkina d’hypothéquer le pays par le coton Bt (OGM). Etes vous prêts à faire le même effort pour nous aider à développer le « coton bio » ?

Question 10 : politique l’eau pour la « bande sahélienne »

Pour « sauver le Sahel », il s’agit d’abord d’y sauver les bas-fonds par de multiples retenues d’eau ? (fixer les populations, cultures de contre saison et promotion de l’élevage) Etes vous prêts à faire un effort en ce sens ?

Question subsidiaire (pas d’obligation d’y répondre) : motivations politiques

Aimez vous assez l’Afrique pour vouloir son développement propre ; ou est ce la peur de l’arrivée de la Chine et des US qui vous motive éventuellement aujourd’hui ?

Demande de pardon : Il m’a toujours été dit que j’aurais pu faire à peu près tous les métiers sauf diplomate ! Merci de pardonner mon langage trop direct mais d’y lire les questions de fond que j’essaie de soulever.

Koudougou, le 25-4-2008
Père Jacques LACOUR
jacqueslacourbf@yahoo.fr

article paru le 13 mai 2008
dans le Journal "Le Pays" (édition papier)
rubrique: droit dans les yeux
et repris sur lefaso.net, le même jour




mardi, 13 mai 2008

Avec les syndicats à Koudougou, le 9 février


Lors des grèves des 8 et 9 février contre la vie chère,
les syndicats m'ont invité à faire une conférence à Koudougou
sur les Accords de Partenariat Economique
que l'Europe veut imposer à l'Afrique.

Je l'ai fait volontiers, tout en précisant que je ne possédais
aucune carte syndicale au Burkina.

Le journal Le Pays en a fait un bon compte rendu,
ce qui m'a valu, quelques jours plus tard,
une interpellation de l'Ambassadeur de l'U.E.
(A la fin d'un atelier sur
"changements climatiques et perspectives de développement"):

"Monsieur Lacour, vous êtes un spécialiste des APE?"
"Pas vraiment, Monsieur l'Ambassadeur,mais un citoyen éclairé
et j'essaie de partager ce que je découvre..."

Petite conversation; il m'a dit qu'on devrait se revoir...
mais je ne suis pas sûr qu'il ait le temps.
Je ne suis qu'un simple citoyen éclairé, pas un spécialiste.


jeudi, 17 avril 2008

Les églises chrétiennes s'opposent aux accords APE intérimaires

6.12.07 10:43

L'Union européenne ne devrait pas faire pression sur les pays en développement pour qu'ils signent précipitamment des accords commerciaux contraires à leurs intérêts, affirme le COE

Si les pays ACP ouvrent précipitamment leurs marchés à la concurrence avec les entreprises européennes, ils pourraient perdre des revenus indispensables à l'éradication de la pauvreté, affirme le secrétaire général du COE dans sa lettre.

Dans une lettre datée du 6 décembre adressée au commissaire européen au commerce extérieur Peter Mandelson, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises, a exprimé sa préoccupation à l'égard des pressions injustifiées exercées par l'Union européenne sur les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) pour qu'ils signent des accords de partenariat économique (APE) intérimaires d'ici la fin de l'année. Les accords intérimaires ouvrent les marchés locaux à la concurrence avec les entreprises européennes sans que soient en place les cadres juridiques et l'infrastructure nécessaires, et le traitement des questions encore litigieuses est soumis à un délai qui empêche la discussion parlementaire. C'est pourquoi, affirme le pasteur Kobia dans sa lettre, ces accords constituent pour ces pays un grave danger de perte de revenus entravant leurs efforts d'éradication de la pauvreté.


vendredi, 14 décembre 2007

Encore une fois, non aux APE

A l'issue de trois jours de rencontre d’évaluation, le Groupe de Travail régional des experts syndicaux sur "Economie internationale et intégration régionale : Commerce et Développement", rend public ce jeudi à Cotonou le communiqué ci-dessous



Communiqué de presse

Négociations de l’Accord de Partenariat Economique

Les experts syndicaux de l'Afrique de l'Ouest soutiennent la CEDEAO et s'opposent aux APE “unilatéraux”

Des experts syndicaux de l'Afrique de l'Ouest, travaillant sur « Economie internationale et intégration régionale », réitèrent leur soutien à la position officielle de l’Afrique de l’Ouest qui n’est pas prête à signer un quelconque APE avant fin décembre 2007. Réunis du 20 au 22 novembre au siège de la Friedrich Ebert Stiftung à Cotonou, ils condamnent les Gouvernements qui s’engageraient dans la signature d’un accord unilatéral en violation de l’unité et de la solidarité nécessaires au développement de la région.

A l'issue des trois jours de travaux, le Groupe de travail régional des experts sindicaux dénonce les manipulations de la Commission Européenne, et soutient fermement la position officielle de la CEDEAO qui vise le renforcement du marché régional avant la signature de tout accord de libre échange.

Le Groupe de Travail des Syndicats de l’Afrique de l’Ouest sur le Commerce et le Développement a organisé une Réunion d’Evaluation de son travail et a passé en revue l’état actuel des négociations de l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Union Européenne (UE) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

La réunion a rappelé les opinions critiques que les syndicats, les organisations de la société civile, le secteur privé et les organisations paysannes en Afrique de l’Ouest et toutes les autres institutions ont exprimées au sujet des APE, avec un accent particulier sur :

    1. Les conséquences néfastes sur la production nationale et l’emploi
    1. Les pertes de recettes publiques
    1. La destabilisation financière des capitaux qui peuvent découler de la libéralisation des services prévus dans l’APE
    1. L’insistance de l’Union Européenne (UE) pour inclure les clauses portant sur la Concurrence, l’Investissement et l’accès aux marchés dans l’APE

Au sujet de la date butoir de décembre 2007 pour la signature de l’APE, la réunion a rappelé que le Comité Ministériel de Suivi a, depuis novembre 2006, estimé que cette date est irréaliste et que le niveau actuel de développement de la région montre que l’Afrique de l’Ouest n’est pas encore prête pour signer un quelconque accord de partenariat pour au plus tard décembre 2007. La date butoir ne peut donc en aucun cas être plus importante que le contenu de l’accord

La réunion a réaffirmé que l’intégration régionale est un facteur indispensable pour le développement de la Sous-région de l’Afrique de l’Ouest conformément aux objectifs déclarés de l’Accord de Cotonou.

Dans ce contexte, la réunion

    1. Réitère son soutien à la position officielle de l’Afrique de l’Ouest qui n’est pas prête à signer un quelconque APE avant fin décembre 2007
    1. Avertit les Gouvernements et les négociateurs de l’Afrique de l’Ouest face aux manipulations de la Commission Européenne
    1. Soutient fermement les Etats, les Gouvernements et les Négociateurs ouest africains qui défendent au quotidien la position officielle et respectable de la CEDEAO tendant au renforcement d’un marché régional avant la signature de tout accord de libre échange.
    1. Condamne les Gouvernements qui s’engageraient dans la signature d’un accord unilatéral en violation de l’unité et la solidarité de l’Afrique de l’Ouest

La réunion lance un appel aux Etats Non-PMA pour qu’ils demandent formellement des facilités du Système de Préférences Généralisées amélioré (SPG+) leur permettant l’accès au marché au-delà des préférences de Cotonou.

La réunion en appelle aux organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest à se mobiliser et à être vigilent pour empêcher la signature de l’Accord de Partenariat Economique .

Fait à Cotonou le 22 novembre 2007

Le Groupe de Travail

NB : Pour tout renseignement complémentaire veuillez contacter les points focaux :

Monsieur Siméon Toundé Dossou tél (229) 90936957 Email; s_dossou@yahoo.fr

Monsieur Kingsley OFEI-NKANSAH tél (223) 208196994 Email; kingsley_on@yahoo.co.uk



vendredi, 23 novembre 2007

Les Eglises s'engagent contre les A.P.E... en Afrique de l'Est

Dar es Salaam, Tanzanie, 23 - 25 avril 2007

Nous, les chefs, représentants et membres des sept Conseils des églises de l'Afrique méridionale et orientale et de l'église catholique à travers l'Association de Membres des Conférences épiscopales d'Afrique orientale (AMECEA), se réunissant à Dar es Salaam, Tanzanie, du 23 au 25 avril 2007, pour délibérer et discuter sur les accords de partenariat économique (APE) entre l'union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique:

Affirmons et soutenons la protection des vies, le respect des droits humains et la dignité humaine des personnes dans nos pays. Toute politique économique, y compris politique de commerce international devrait être en premier lieu orientée vers un développement durable et une croissance équitable, qui profitent au peuple (ou bénéfiques pour le peuple).

Nous souscrivons aux principes suivants :

le commerce international doit être au service du peuple et non du seul profit
le commerce international doit être juste et équitable
le commerce international ne doit pas être accablant

La bible demande à toutes les personnes et aux institutions d'agir avec justice. Michée : 6:8. Nous croyons donc, que le système multilatéral de commerce et les institutions impliquées dans les négociations actuelles des APE devraient adhérer à la justice, tenant compte de son impact sur les citoyens, en particulier sur les pauvres.

Après avoir étudié et analysé les négociations actuelles des APE nous en venons à la conclusion qu'elles ne sont pas conformes à nos principes. Au contraire, les APE sont une menace pour le bien-être de nos peuples et pour notre développement économique.Alors que nous apprécions les objectifs de développement de l'accord de partenariat de Cotonou, nous sommes conscients que dans les actuelles négociations l'union européenne et nos gouvernements ont perdu de vue ces objectifs.

Au lieu de cela, les APE se sont avérés être des accords de libre-échange, qui auront un impact nuisible sur notre agriculture et notre sécurité alimentaire, sur les industries naissantes ainsi que sur les ressources naturelles. En outre, ils mèneront à une perte des recettes fiscales qui sont actuellement obtenues sur les marchandises importées.

Les APE ignorent les initiatives régionales d'intégration de l'union africaine et à terme elles les fragiliseront.

Finalement, les APE contredisent dans beaucoup de cas les objectifs et les politiques de développement national.

Alors que l'accord de Cotonou avait préservé la participation de tous les intéressés, les négociations des APE n'ont pas pris en considération les voix et les intérêts des personnes affectées.

Nous invitons nos gouvernements et l'union européenne à considérer les options suivantes :

L'espace politique et la souveraineté nationale :
Si les APE sont mis en application dans leur état actuel, ils limiteront la capacité de nos gouvernements de poursuivre leurs propres stratégies de développement. Les négociations des APE devraient donc s'aligner sur des processus démocratiques nationaux tels que la ratification parlementaire.

Alternatives :
Nous invitons nos gouvernements et l'union européenne à considérer des solutions de rechange aux APE telles qu'indiquées dans l'accord de Cotonou. Ces alternatives ne devraient pas être accablantes, mais au contraire elles devraient être justes et servir le peuple.

Inclusion:
Les négociations actuelles ont inclus surtout les négociateurs des gouvernements et la Commission européenne excluant d'autres intéressés cruciaux tels que les citoyens et leurs représentants aux parlements. Pour que les APE soient légitimes, nous lançons un appel à l'inclusion de tous les intéressés dans le processus de négociation.

Plus de temps :
La date-limite pour conclure les négociations des APE est le 31 décembre 2007. Cependant, le peuple de nos pays n'a pas l'information ni la compréhension suffisantes pour entériner cette décision. Nous consignons, donc, que plus de temps est nécessaire et nous demandons un report de la date-limite des négociations. Ceci donnerait à nos gouvernements l'occasion de lancer une évaluation participative d'impact et d'inclure le développement et des jalons dans les négociations.

En affirmant notre rôle pour nous assurer que nos gouvernements adhèrent aux engagements et aux responsabilités pour le bien-être de leurs citoyens, nous nous engageons nous-mêmes et nous sommes prêts à soutenir nos gouvernements dans la recherche d'options appropriées qui seront centrées sur les valeurs humaines et qui stimuleront le développement durable.

Nous invitons les ministres et les parlementaires des ACP et de l'UE, lorsqu'ils se rencontreront, à tenir compte de nos soucis et de nos principes .

Nous, églises et conjointement à d'autres organisations de la société civile, nous nous engageons à travailler plus activement sur cette question au niveau régional et africain.

Dar es Salaam, 25 avril 2007

Les organismes suivants ont participé à la réunion :
Conférence des églises d'Afrique (AACC)
Association des membres des conférences épiscopales d'Afrique orientale (AMECEA)
Construction du Réseau de la Communauté d'Afrique orientale (BEACON)
Justice économique catholique (CEJ)
Le Conseil chrétien du Mozambique (CCM)
Le Conseil chrétien de la Tanzanie (le TDC)
Le Conseil chrétien de la Zambie (CCZ)
Professionnels chrétiens de la Tanzanie (CPT)
Le Réseau pour la Justice Economique (EJN) de Fellowship of Christian Councils of Churches in Southern Africa (FOCCISA)
Le service oecuménique pour la transformation socio-économique (ESSET)
Fellowship of Christian Councils and Churches in the Great Lakes and the Horn of Africa (FECCLAHA)
Kenya Episcopal Conference (KEC)
Malawi Council of Churches (MCC)
Missionaries of Africa (MAFR)
National Council of Churches of Kenya (NCCK)
Tanzania Ecumenical Dialogue Group (TEDG)
The Journey
Uganda Episcopal Conference (UEC)
Uganda Joint Christian Council (UJCC)
Ecumenical partners: Bread for the World Church Development Service (EED)
Christian Aid
CCO Norwegian Church Aid



dimanche, 27 mai 2007 -

mardi 2 septembre 2008

"Accords de Partenariat Economique"

Qui donc veut "écrabouiller" l'Afrique?



Qui sont ces experts, au service des seules transnationales, qui préparent ces accords innommables?
Quel intérêt à détruire ce qui reste de la production locale africaine?
Quel intérêt à détruire la production agricole en Afrique?
Pourquoi vouloir à tout prix "bidonvilliser" les populations d'Afrique?
Pourquoi vouloir les jeter sur les routes de l'exode par la misère?

Dirigeants de la commission européenne, arrêtez le massacre!
Parlementaires européens, réappropriez vous ce dossier!
Populations d'Europe, engagez vous pour une solidarité plus grande!
Dirigeants africains, pensez un peu plus à vos paysans!
Populations d'Afrique, résistez à la destruction de vos économies naissantes!


(27 novembre 2006)