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lundi 24 janvier 2011

Violences faites aux femmes

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"Monsieur le Ministre
j'ai découvert vendredi 21 janvier avec stupéfaction les chiffres publiés par l’Observatoire national de la délinquance. Ces derniers montrent une augmentation de 13% des agressions contre des femmes sur la voie publique.
Je m'inquiète de la présentation que vous avez faite à la presse de ce bilan 2010. Les violences faites aux femmes sont l’une des pires expressions de la domination masculine et donc des inégalités femmes-hommes, qui persistent dans notre société. Les minimiser comme vous l'avez fait en considérant que le bilan de l'année 2010 - pourtant année de la Grande cause nationale contre les violences faites aux femmes - était positif me semble complètement contre-productif. Pour faire reculer les violences faites aux femmes, il faut en parler, il faut éduquer, il faut changer les mentalités.
Je vous demande donc de bien vouloir vous exprimer publiquement sur ce sujet et d'engager le gouvernement comme le pays dans une lutte acharnée contre l'oppression que les femmes subissent encore aujourd'hui.
Merci d'avance de votre réponse"
http://maulnoir.blogspot.com/2011/01/bravo-lespagne-et-un-carton-rouge-de.html

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mercredi 12 novembre 2008

DROIT DANS LES YEUX : Détresse extrême : Mariage forcé

DROIT DANS LES YEUX :

Détresse extrême : Mariage forcé

Il nous arrive parfois de croire que nous sommes arrivés au bout de notre combat, que l’obscurantisme marqué par la violence a reculé… que chacune et chacun peut enfin trouver sa place dans la société. Que les traditions les moins respectueuses des personnes s’estompent ; on se rassure en se disant qu’il y a de grands progrès.

Mais voilà, quand des situations extrêmes nous « sautent à la figure », on est bien à nouveau obligés d’ouvrir les yeux, de se dire que cela peut se faire encore et encore et qu’il faut rester attentifs toujours et toujours.

Voilà un cas particulièrement dramatique qui nous a été raconté par une religieuse et qui devrait nous garder en éveil, comme nous le rappelait Mr Benoît Ouedraogo récemment : « Nous ne saurions taire non plus le cas du mariage forcé qui est une pratique encore courante dans nos villages. S’il est souvent vécu par la femme dans un silence douloureux, il débouche parfois sur des situations tragiques. Comment comprendre que de telles pratiques soient encore observables aujourd’hui, à l’orée du troisième millénaire ? »

Je vous le raconte, tel qu’il m’a été confié en juin dernier :

« Résumé de cas : Nom de l’intéressée : K.A.

C’est une fille de vingt (20) ans. Elle a une grossesse de cinq (5) mois. Sa mère ne vit plus avec son père.

Elle vivait avec son cousin dans un village situé dans la province du Kouritenga.

Son oncle paternel qui est le doyen de la famille l’a donnée en mariage à un vieux âgé de plus de soixante (60) ans et qui a déjà quatre (4) épouses.

K.A. s’enfuit chez son cousin quand elle apprit la nouvelle. Son oncle alla la chercher là où elle avait trouvé refuge. Elle réussit pour la seconde fois à s’évader et alla solliciter la protection et l’aide du service social de la localité.

Les agents sociaux de cette localité l’ont référée au service social de sa localité d’origine où elle fut placée dans une famille d’accueil.

Malgré l’intervention de l’action sociale et de la gendarmerie, K.A. fut emmenée chez son mari, attachée comme un animal.

Elle réussit quelques jours plus tard à s’enfuir.

Cette fois ci, elle prit la direction de Ouagadougou où des passants lui indiquèrent une communauté de religieuses.

Arrivée là bas, ayant constaté qu’elle était enceinte, les Sœurs l’ont référée au CARMEN Kisito (Centre d’Accueil et de Réinsertion de la Mère et de l’Enfant)

Pour que son mari puisse abuser d’elle, elle fut attachée pieds et mains liés. Elle est arrivée au centre dans un état psychologique déplorable. Elle était traumatisée, triste et déprimée. Elle était blessée non seulement dans sa chair, mais aussi et surtout dans son être le plus profond.

Quelle injustice de voir sa liberté et sa dignité bafouées et d’être traitée comme un animal. »

Merci au CARMEN Kisito d’accueillir ces femmes en si grande détresse.

Merci aux sœurs de nous avoir confié cette histoire pour continuer à réfléchir, et surtout à agir pour que de telles situations ne se reproduisent plus. Pour que chacune, chacun à sa place prenne le mieux possible ses responsabilités : familles, action sociale, gendarmerie, amis, religieuses, justice aussi peut être…

Bon courage à nous tous

Jacques LACOUR (BP 332 Koudougou)

jacqueslacourbf@yahoo.fr

le 22-10-2008

jeudi 4 septembre 2008

Les révoltes de la faim

Les révoltes de la faim, conséquences naturelles de la mondialisation

Par A. Bernier

Dès le XVIIIe et le début du XIXe siècle, les économistes Adam Smith et David Ricardo avaient décrit un phénomène d'une logique imparable : la baisse du prix des denrées alimentaires permet d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés sans avoir à augmenter leurs salaires. Par voie de conséquence, cette baisse est vivement souhaitable pour les propriétaires des grands moyens de production. Règle numéro un du parfait libéral : la nourriture doit être bon marché.

Dans ses travaux, le même Ricardo élabore la théorie des avantages comparatifs, qui conclut à l'intérêt qu'aurait chaque pays à se spécialiser dans les types de production pour lesquels il se montre le plus performant. Peu importe que cette spécialisation rende dépendants d'autres pays producteurs, le libre-échange permet aux marchandises de circuler et aux peuples de satisfaire leurs besoins. Règle numéro deux : il faut renoncer à la souveraineté alimentaire et industrielle pour se convertir au libre-échange.

La stratégie de mondialisation permise par le développement fulgurant des réseaux de transport et de communication n'est jamais que la mise en œuvre à marche forcée de ces principes par les puissances économiques. Tous les moyens auront été bons pour y parvenir. Le GATT puis l'OMC i propageront le libre-échange un peu partout sur la planète, y compris dans le domaine agricole. Lorsque les négociations patinent à l'OMC, comme c'est le cas depuis quelques années, des accords régionaux ou bilatéraux prennent le relais et appliquent les mêmes recettes. Sans oublier les Plans d'ajustement structurels imposés aux pays emprunteurs du Fonds monétaire international (FMI), qui déclinent encore la doctrine néolibérale. En bout de course, les vrais bénéficiaires de ce libre-échangisme débridé sont les grandes entreprises, qui peuvent profiter des conditions sociales, fiscales et environnementales les plus avantageuses et niveler par le bas les législations grâce à l'argument massue de la concurrence internationale.

De plus, la financiarisation croissante de l'économie démultiplie les conséquences de cette réorganisation. Le pouvoir exorbitant des marchés généralise la spéculation, y compris sur les produits alimentaires. Le « marché mondial » fixe les prix, fonction de l'offre et de la demande... mais aussi (et de plus en plus) des perspectives de rendement financier. Pour s'en convaincre, on peut admirer la transparence de la banque belge KBC qui, pendant les révoltes de la faim, vante les performances d'un produit financier investi dans les matières premières agricoles ii.

Ainsi, on comprend mieux comment cette mondialisation qu'on nous prédisait heureuse a pu conduire à la situation de pénurie alimentaire vécue en ce moment même par de nombreux pays. Spéculation provoquant une hausse brutale des prix, répartition totalement inéquitable des richesses, dépendance des pays du Sud vis-à-vis du Nord... Voilà les ingrédients de la crise. On peut bien sûr ajouter un choix technologique désastreux comme celui des agro-carburants, qui confirme l'hérésie du système économique mondial en détruisant des aliments pour produire de l'énergie.

Face à la révolte de populations qui ne parviennent plus à payer leur nourriture, les institutions sont dans l'embarras. Elles accusent la hausse de la population, la croissance de la Chine et de l'Inde ou le changement climatique, et préconisent d'augmenter l'aide alimentaire. Les plus téméraires reconnaissent tout juste des effets pervers dans la stratégie internationale et se souviennent que les subventions des pays riches à leur agriculture provoquent un dumping terrible dont sont victimes les pays en développement. Egale à elle-même, la Banque mondiale s'oppose à l'arrêt des exportations de produits alimentaires par les Etats les plus touchés par la famine au motif... que cette mesure provoquerait une nouvelle augmentation des cours sur les marchés ! En d'autres termes, pour sortir de la crise, laissons mourir les pauvres.

On applaudira enfin la commissaire européenne à l'agriculture, Mme Mariann Fischer Boel, qui estime que les prix élevés sont « une bonne chose pour les producteurs »iii et qu'un développement plus rapide des organismes génétiquement modifiés (OGM) limiterait la crise. Toutes les démonstrations ont pourtant été faites et maintes fois répétées pour tordre le cou à ce dernier argument. Protégés par brevets et conçus pour une agriculture intensive basée sur la chimie, les OGM sont un désastre de plus pour les pays en développement. Environ 80 % des surfaces cultivées dans le monde avec ces variétés sont d'ailleurs destinées à la nourriture du bétail consommé dans les pays riches. Et, à supposer que certains OGM apportent une amélioration en termes de rendement (ce qui reste à prouver), les faits démontrent que les causes de la malnutrition sont bien politiques, et qu'augmenter la production ne modifiera en rien la situation.

Une diversion aussi ridicule n'a visiblement qu'un objectif : celui d'occuper le terrain médiatique. Car, pour les tenants de l'ordre économique international, le risque que les citoyens tirent les véritables conclusions de cette situation est grand. Et ces conclusions sont sans appel. Le libre-échange est un désastre au Sud comme au Nord. Reconstruire la souveraineté alimentaire et industrielle des Etats est la seule voie possible pour sortir d'une logique de concurrence et s'engager dans une logique de coopération et de solidarité. Pour cela, il faut fermer la bourse, contrôler les importations et les investissements, taxer les profits... bref, remettre l'économie sous contrôle politique. Si elle était analysée pour ce qu'elle est, cette crise alimentaire devrait signifier la mort clinique de l'idéologie néolibérale.

Aurélien BERNIER
http://abernier.vefblog.net

i GATT : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, signé le 30 octobre 1947 pour harmoniser les politiques douanières des parties signataires. Cet accord multilatéral de libre-échange entra en vigueur en janvier 1948 et aboutira en 1994 à la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

ii Courrier international, 7 mai 2008, http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=85449

iii « Hausse des prix agricoles : bonne chose pour les producteurs », AFP, 18 avril 2008.



jeudi, 3 juillet 2008 -