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mardi 13 décembre 2011

Afrique de l’Ouest: des millions de personnes menacées par une crise alimentaire grave (Oxfam)

«Des millions de personnes en Afrique de l'Ouest pourraient être sauvées d’une grave crise alimentaire si des actions de prévention à grande échelle étaient menées dans cette région, a déclaré Oxfam (http://www.oxfam.org) aujourd'hui. Les premiers indicateurs disponibles soulignent les risques d’une crise alimentaire en 2012, avec des populations particulièrement à risque en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso, au Mali et au Tchad.

C’est donc maintenant qu’il faut investir dans des mesures préventives, a indiqué l’organisation. Les gouvernements de la région, qui ont déjà reconnu la gravité de la crise, devraient redoubler d'efforts pour s'assurer que les populations reçoivent de l’argent pour s’alimenter, de la nourriture pour leur bétail, et que l’aide alimentaire d'urgence soit disponible et prête a être distribuée. Pour Mamadou Biteye Directeur Humanitaire d’Oxfam en Afrique de l’ouest, « La situation semble extrêmement préoccupante pour des millions de personnes en Afrique de l’Ouest, mais le pire peut encore être évité. La crise a été identifiée tôt, et nous savons qu'il existe des mesures simples et rentables qui peuvent être prises pour protéger les populations les plus vulnérables. Cette fois-ci, nous pouvons agir avant que l’urgence ne sévisse ».

Les systèmes d'alerte précoce ont identifié une série de facteurs qui contribuent au déclenchement de cette crise. De faibles précipitations et des niveaux d'eau plutôt bas, des récoltes et des fourrages limités, une diminution des transferts de fonds des migrants, et les prix élevés des denrées alimentaires, concourent tous à causer de sérieuses difficultés. Sur la base des informations disponibles avec les systèmes d'alerte précoce, la production des céréales a chuté, en comparaison avec la moyenne des 5 dernières années. Le Tchad et la Mauritanie ont notamment des déficits de production agricole de plus de 50%, comparée à l’année écoulée. Les réserves nationales sont dangereusement basses, alors que les prix de certaines céréales clés sont 40% plus élevés que la moyenne des 5 dernières années. Alors que les évaluations se poursuivent pour identifier les personnes les plus à risque, les premiers résultats montrent que 6 millions de personnes au Niger et 2,9 millions au Mali vivent dans des régions vulnérables à cette crise, alors qu’en Mauritanie un peu plus de 25% de la population, soit 700 000 habitants, sont à risque et pourraient être confrontés à une insécurité alimentaire sévère. Les données officielles du Burkina sont attendues bientôt, mais il est fait état de prés de deux millions de personnes qui risque d’être affectées. Au Tchad 13 régions sur 22 pourraient être concernées par l’insécurité alimentaire.

En 2010, la région du Sahel en Afrique de l'Ouest a connu une crise alimentaire majeure qui a frappé dix millions de personnes. Mamadou Biteye ajoute que «Les populations se remettent encore de la dernière crise de 2010 et sont extrêmement vulnérables à tout nouveau choc, tels que la hausse des prix alimentaires, les mauvaises récoltes ou la perte de leurs animaux. Ces populations ont besoin d'aide maintenant pour renforcer leur résilience avant l'année prochaine ». Oxfam prépare des actions pour répondre immédiatement aux besoins des personnes les plus vulnérables. L’organisation travaille dans certaines zones affectées pour aider les populations à accroitre leur résilience face à la crise actuelle, et s’apprête aussi à fournir de l’assistance alimentaire. Par exemple en Mauritanie, dans la région de Gorgol, 1 300 femmes organisées en coopératives ont bénéficié de systèmes d’irrigation qui, grâce à une pompe, tire de l’eau d’une rivière jusqu’aux jardins potagers. Au Burkina Faso, Oxfam a déjà démarré une réponse humanitaire, avec le soutien de ECHO, pour aider prés de 50 000 personnes à accéder à la nourriture.

Alors qu’une réponse rapide à la prochaine crise est importante pour la protection des populations en 2012, Oxfam rappelle également que prévenir les prochaines crises nécessitera une action pour répondre aux causes profondes de ces crises et un soutien à long terme aux populations les plus pauvres dans une région où 300 000 enfants meurent de maladies liées à la malnutrition, même en temps dit « normal ».

Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine pour Oxfam. »

mardi 3 mars 2009

Droit dans les yeux : La crise alimentaire continue…

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Droit dans les yeux :

La crise alimentaire continue…


Ce n’est pas parce que la récolte 2008 dans le monde entier a été sensiblement meilleure, qu’il faut croire que la crise alimentaire est finie. Loin de là ! N’oublions pas qu’elle touche le monde entier et qu’il ne faut pas espérer y échapper… sans prendre des mesures énergiques et rapides.


La lecture de la presse ces jours ci est plus que révélatrice de l’angoisse qui gagne peu à peu de nombreux dirigeants dans le monde qui ne savent plus comment faire face au long terme alimentaire qui risque de devenir pour de très nombreux pays la priorité numéro un : « manger d’abord »


La production agricole reste dépendante des aléas climatiques et il semble, d’après de nombreuses études dont certaines parfaitement officielles, que les épisodes de sécheresse et les pays atteints vont se multiplier dans les proches années à venir… Argentine, Corne de l’Afrique, Chine, Inde… Les prévisions ne sont pas bonnes. Et ayant vu de mes yeux les famines des années 70 puis 80 au Burkina, je crains que soient trop vite oubliés, tant par les paysans que par les dirigeants, ces épisodes dramatiques de notre climat… Déjà le Kenya nous annonce que 10 millions de ses habitants sont directement menacés de disette…


Dans le monde, les céréales sont de plus en plus recherchées pour produire de la viande. Il faut 2,5 kg de céréales pour produire un kilo de poulet. On peut se réjouir de voir de plus en plus de gens accéder à une meilleure nourriture… mais on n’en mesure pas toujours le prix. Si les pays côtiers achètent nos céréales « pas chères » (au regard de leur situation économique), une grande partie sert à produire de la viande. Pourvu que ce ne soit pas au détriment de la nourriture céréalière des plus pauvres.


Le maïs s’étant moins bien vendu cette année aux Etats-Unis ou en Ukraine pour cause de surproduction, il sera sans doute moins semé cette année ; ainsi les prix augmenteront à nouveau parce que la demande de maïs destiné à la fabrication d’agrocarburants (éthanol) ne fléchit pas : Le président américain, Barack Obama, a en effet décidé de maintenir le développement de cette filière, bien que la quasi-totalité des usines productrices de cet agrocarburant soient en dépôt de bilan !


Attention aux terres utilisées au Burkina pour produire des agrocarburants ! Que le jatropha ne vienne pas concurrencer les cultures vivrières sur les mêmes terres comme à Boni… où, semble-t-il, même la forêt classée aurait été un moment menacée.
D’ailleurs, il serait, dans ce contexte, de plus en plus urgent de se poser la question de la production du coton. A quoi sert il de produire des millions de tonnes de coton, d’être le « premier producteur », si on doit le vendre à perte et qu’au lieu de nous apporter des devises, il nous enfonce dans le trou de la dette ou dans la dépendance des multinationales ?

Ne vaudrait il pas mieux revenir doucement à la culture des céréales dont les prix repartent sérieusement à la hausse (tout en restant très « volatils », très variables), surtout pour nous protéger et assurer notre souveraineté alimentaire en ces temps difficiles où les crises se surajoutent les unes aux autres : crises financière, alimentaire, économique, énergétique, environnementale, sociale….

Ne faudrait il pas veiller à ce que les terres du Burkina ne soient pas spoliées par des multinationales sulfureuses, comme AgroEd où Mr Millon est déjà l’objet d’enquêtes pour malversations financières ?


A ce titre, il serait bon de réfléchir au drame que vit le peuple malgache, nouvelle illustration d’une économie mondiale ultralibérale qui étrangle les peuples : crise alimentaire des peuples (le SMIC là-bas est à 20.000 Fcfa, comme le sac de riz), voracité des spéculateurs (une société coréenne prétend à une concession de 1.300.000 hectares pour 99 ans dont toute la production est destinée à la Corée) collusion du politique et du patronat (Le président, propriétaire de chaînes de magasins vient de s’acheter un avion boeing personnel !). L’exemple malgache doit nous faire réfléchir ici, au Burkina, pour nous éviter de tomber dans les mêmes travers et éventuellement les mêmes violences.


Le prix des céréales, tant au niveau mondial que régional ou national sera l’objet de spéculations surtout de la part des commerçants, des spéculateurs de métier, grâce à la collusion entre les acteurs politiques et économiques. Il restera très variable…


Si les paysans font de la « rétention », comme certains le prétendent, j’en suis très heureux : à la soudure, ils n’auront pas à payer quatre fois le prix de ce qu’ils auraient vendu à la récolte et ils s’en porteront mieux. Vu les capacités de gestion de la SONAGESS et de son ancêtre l’OFNACER, je suis heureux de voir les paysans se réapproprier la gestion de leur stocks.

Mais il n’est pas sûr que cette analyse soit tout à fait juste : d’énormes quantités de grains sont parties vers le Ghana et vers le Mali. Un de mes confrères de l’Ouest me disait récemment : « tout est parti, tout, de véritables trains de camions ont déjà tout emporté, je les ai vus »


S’il en est ainsi, les plus pauvres auront donc de moins en moins accès à la nourriture. Ca va être un gros problème pour les dirigeants, surtout dans les villes qui ne produisent pas suffisamment de richesse pour nourrir leurs populations urbaines:

« Qu’allons nous faire des plus pauvres ? »

Une réponse, c’est de les transformer en mendiants par les dons systématiques du Programme Alimentaire Mondial… et c’est commencé !


Une autre façon de se poser la question serait :

« Qu’allons nous faire avec les pauvres ? »

Une des réponses pourrait être :

Au lieu de les encourager à quitter leurs terres pour la ville où ils ne trouveront plus de concessions et seront nourris par l’aide internationale comme des mendiants, leur permettre – autant qu’il sera possible – de cultiver mieux leurs terres, de se perfectionner, de trouver un prix rémunérateur pour leurs céréales… pour cela un soutien massif de l’état, sans arrière pensées, est nécessaire : semences (mais pas OGM ! pitié !), engrais, petite mécanisation agricole, conseils…


Que Dieu bénisse les paysans du Burkina

Qu’Il leur donne la force de nous nourrir tous

Et qu’ils trouvent enfin le respect qui leur est dû !



Père Jacques Lacour (BP 332 Koudougou)

jacqueslacourbf@yahoo.fr



paru dans le journal "Le Pays", rubrique "droit dans les yeux" du 3 mars 2009:
http://www.lepays.bf/spip.php?article1171

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dimanche 4 janvier 2009

Les pays pauvres sont à vendre

Il y a quelques semaines, j'ai écrit un article pour attirer l'attention sur ce phénomène.
Occultée par la crise financière, la crise alimentaire n'est pourtant pas terminée.
Cet article du Nouvel Observateur vous en dit un peu plus: je vous invite à le lire:

Le Nouvel observateur n° 2303 du 23 décembre 2008

20 millions d'hectares sur le marché
A vendre : pays pauvres


Comment nourrir son peuple quand on a trop d'habitants et trop peu de terres cultivables ? Il suffit d'aller les chercher où elles sont. C'est ainsi que la Chine, la Corée du Sud ou les Etats du Golfe se sont lancés dans une véritable course à la terre. Ce ne sont pas seulement des récoltes qu'ils achètent mais des régions entières, dans des pays qui ont déjà du mal à alimenter leur propre population. Doan Bui raconte les premiers épisodes de ce qui sera une des grandes batailles du XXIe siècle : celle de la nourriture.... (Doan Bui. Le Nouvel Observateur)

lire la suite:
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2303/articles/a391458-.html

jeudi 18 décembre 2008

Droit dans les yeux: Burkinabè, attention à vos terres !

Droit dans les yeux
Burkinabè, attention à vos terres !


Depuis longtemps déjà, de nombreuses multinationales ont commencé à acheter des terres dans le monde entier par milliers d’hectares, sinon par millions…
Volkswagen (Allemagne) a acheté des milliers d’hectares au Brésil
Benetton a acquis 900.000 hectares en Patagonie (Argentine)
Soros (milliardaire des Etats-Unis) et Stallone veulent y faire la même chose au détriment du peuple Mapuches.
Les Emirats Arabes Unis ont acquis d’immenses prpriétés au Pakistan, en Indonésie, aux Philippines…


Ces sociétés ont de l’argent, beaucoup d’argent et veulent diversifier leurs investissements.
Avec la « crise alimentaire » qui frappe la planète actuellement, elles veulent se garantir pour elles, et pour les pays riches qui manquent de terres, des bénéfices substantiels sur la nourriture à produire (qui va manquer) ou sur les agro-carbuants si le prix du pétrole remonte (et il va remonter).
Elles veulent garantir aussi leur propre accès à la nourriture (aujourd’hui menacé) en achetant des terres dans les pays pauvres. Qui ne savent pas ou ne peuvent pas se défendre. Et dont les dirigeants ne perçoivent pas l’enjeu à long terme de ces ventes, mais seulement un éventuel petit bénéfice à court terme.
Ce qui se prépare est ceci : « En vendant ainsi leurs terres, les Etats pauvres vont produire de la nourriture pour les pays riches aux dépends de leur propre population affamée. » (Jacques Diouf de la FAO) Cela fait penser à la famine d’Irlande de 1850 : pendant qu’un million d’Irlandais mourraient de faim, les gros fermiers anglais exportaient du blé de ce pays….


A Madagascar, Daewoo Logistics (Corée du Sud) a ce genre de projet : C’est Daewoo même qui apporte les précisions et la nouvelle a été reprise dans la presse anglophone, Financial Times et BBC en tête. Les Coréens du Sud veulent louer pour 99 ans des terrains arables à Madagascar d’une surface de 1.300.000 (un million trois cent mille) hectares pour la culture du maïs et la production d’huile de palme.. La surface louée (13.000 km2) représente l’équivalent de presque la moitié de la Belgique.
Ou encore de la moitié des surfaces cultivables à Madagascar. C’est énorme !
La main d’œuvre spécialisée serait sud-africaine
La production serait destinée avant tout à la Corée du Sud."


Ainsi, la flambée des prix alimentaires à l'échelle mondiale (qui est prévue pour durer) a d'ores et déjà déclenché une deuxième "ruée vers l'Afrique" : Une nouvelle colonisation est en cours en Afrique. Et Madagascar n’est pas seule.
Le Soudan cherche également à attirer des investisseurs pour 900 000 hectares de terres ; le Premier ministre d'Ethiopie cherche des investisseurs saoudiens ; d'immenses terrains en Tanzanie ont également éveillé l'intérêt de sociétés occidentales qui s'intéressent à la production de biocarburants.
« Mais le problème, c'est que, dans cette ruée vers les terres, aucune place n'est accordée aux petits exploitants. » (Oxfam)
Les détails des accords fonciers sont généralement tenus secrets, si bien qu'on ne sait pas s'ils prévoient des garanties pour les populations locales.
De fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde et particulièrement en Afrique.

Au Burkina Faso aussi, il faut rester extrêmement vigilant. Des contrats pour l’octroi de terres agricoles ont été signés avec la société AgroEd, par exemple, qu’en est il aujourd’hui ? D’autres sociétés privées ont également obtenu des terres.
Des personnalités et des opérateurs économiques riches achètent également les meilleures terres agricoles et en « chassent » de fait les petits paysans pour qui c’était leur seul instrument de subsistance. Ou bien ils les transforment en travailleurs agricoles sous-payés. «Mais, mon père, je les paie 100.000 F par an » (même pas 10.000 F par mois !) me disait récemment, sans honte, dans mon bureau, une personnalité de Yako.
L’association SOS Sahel International s’en est émue lors de sa dernière assemblée générale et son président n’a pas caché qu’il n’est pas souhaitable qu’un ministre rachète des terres… qu’il ne convient pas que ce soit les membres du gouvernement qui rachètent les bonnes terres…

N’y a-t-il rien à faire ? Pas si sûr.
En Ouganda, le gouvernement avait vendu une partie d’une « réserve » à des sociétés indiennes pour y planter de la canne et construire une usine de sucre. Les populations qui avaient été interdites de prélever quoique ce soit dans cette réserve s’y sont opposées… et avec succès.
En Inde, l’industriel TATA n’a pu faire aboutir l’expulsion de dizaines de paysans pour obtenir le terrain industriel où produire sa « voiture pas chère ». Ils s’y sont opposés avec succès.
Priver un paysan de sa terre sans une contrepartie qui lui permette à long terme de faire subsister sa famille, c’est le condamner à la misère, lui et sa famille.

(Pour ces questions, voir aussi : « grain.org », « abcburkina.net » et « fr.news.yahoo.com/13/20081127 »…)
Père Jacques Lacour (BP 332 Koudougou) le 11-12-2008
jacqueslacourbf@yahoo.fr

publié exceptionnellement le mercredi 17 décembre 2008 dans le journal "Le Pays", rubrique "Droit dans les yeux".

mercredi 3 septembre 2008

Une réponse à la crise alimentaire mondiale

Ce texte est long, il vous paraîtra peut être trop long; mais c' est un texte essentiel. Lisez le jusqu'au bout et si vous l'approuvez, signez le (il y a un lien en bas pour ça). Nous sommes à un tournant; les puissances de pouvoir et d'argent sont elle prêtes à écouter et mettre en œuvre cette vision ? L'avenir proche nous le dira!

Déclaration de la société civile concernant la crise alimentaire mondiale

Ne répétons pas les échecs habituels

La responsabilité de la crise incombe aux échecs historiques et systémiques des
gouvernements et des institutions internationales.
Les gouvernements nationaux qui se réuniront à Rome à l’occasion du Sommet de la FAO sur la crise alimentaire doivent commencer par assumer leurs responsabilités en ce qui concerne la crise actuelle.



Lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996, alors qu'on estimait à 830 millions les personnes souffrant de la faim dans le monde, les gouvernements se sont engagés à réduire ce chiffre de moitié d’ici 2015. D’aucuns prédisent actuellement que ce nombre va au contraire s’accroître de 50%, atteignant 1,2 milliard, alors que planent les menaces du chaos climatique et des pressions sur les terres exercées par la production d’agrocarburants.

Alors que les ressources des producteurs et des pêcheurs s’amenuisent et que les prix de l’alimentation et des carburants s’envolent, de nouvelles politiques, pratiques et structures s’imposent afin de résoudre la crise alimentaire actuelle et d'empêcher d’autres tragédies plus graves encore. Les gouvernements, y compris ceux du Sud, ainsi que les organisations intergouvernementales, doivent à présent reconnaître le rôle qu’ils ont joué dans la mise en œuvre des décisions qui ont miné la productivité agricole et détruit la sécurité alimentaire nationale.

C'est en raison de ces échecs que les populations ont perdu confiance en leurs dirigeants. Elles ne croient plus que les gouvernements peuvent réellement résoudre la crise alimentaire actuelle; qu’ils peuvent garantir aux populations l'accès à une alimentation suffisante et aux moyens de subsistance; ainsi que relever les défis que posent les changements climatiques.

La crise trouve aujourd’hui ses fondements dans la crise alimentaire des années 70, lorsque certains gouvernements opportunistes de l’OCDE, menant des politiques néolibérales, ont démantelé l’architecture institutionnelle internationale de l’alimentation et l’agriculture. Cette crise alimentaire est le résultat du refus tenace des gouvernements et des organisations intergouvernementales de respecter, protéger et mettre en oeuvre le Droit à l’Alimentation et de la totale impunité des violations systématiques de ce droit. Les dirigeants ont adoptés des stratégies politiques à court terme négligeant l’alimentation et l’agriculture, ce qui a mené à la crise alimentaire actuelle.

Cela a eu pour conséquence que les agences et les programmes des Nations Unies et d’autres institutions internationales, dominées par un petit groupe d’importants pays donateurs, sont mal gouvernés, souvent inefficaces, qu'ils fonctionnent sur un mode compétitif et non coopératif et qu'ils se révèlent incapables de remplir leurs mandats (contradictoires). Les mesures d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale et le FMI, l’Accord de l’OMC sur l’agriculture ainsi que le paradigme du libre-échange ont miné les économies locales et nationales, érodé l’environnement et endommagé les systèmes alimentaires locaux, menant à la crise alimentaire que l’on connaît actuellement. Cette situation a facilité le développement d’oligopoles d’entreprises et une concentration considérable d’entreprises tout le long de la chaîne alimentaire ainsi que la spéculation financière déloyale et l’aventurisme du marché financier. Cela a en outre donné la possibilité aux institutions financières internationales et aux programmes d’aide internationale de dévaster les modes de production alimentaire durables et les emplois.

En tant que mouvements sociaux et autres organisations de la société civile, nous travaillons de manière solidaire afin de déterminer une nouvelle approche du système alimentaire mondial. Nous développons le plan d’action mondial ci-dessous pour l’alimentation et l’agriculture et nous avons l'intention d'en discuter avec les gouvernements et les organisations intergouvernementales qui assisteront au sommet alimentaire de Rome, intitulée « Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale : les défis du changement climatique et des bioénergies ».

Nous sommes prêts à collaborer avec des gouvernements et organisations des Nations Unies engagés qui partagent nos inquiétudes et qui tendent à mettre un terme à la faim dans le monde et à développer la souveraineté alimentaire.
Nous déclarons un Etat d’urgence pour la crise alimentaire en cours.

Dans un Etat d’urgence, les personnes et les gouvernements peuvent suspendre toute mesure législative ou réglementaire qui mettrait en péril le Droit à l’Alimentation et ils peuvent également abolir tous les arrangements privés considérés comme nuisibles à la souveraineté alimentaire. Toutes les mesures publiques ou privées pouvant restreindre la capacité des paysans, des paysannes ou des petits producteurs à alimenter les marchés locaux peuvent être supprimées. Une annulation de la dette s’impose d’urgence si les pays du Sud veulent s’attaquer au problème immédiat et actuel qu’est la crise alimentaire. Nous pensons que la crise alimentaire actuelle et la menace des changements climatiques sont des éléments suffisants pour proclamer l’Etat d’urgence.

· Nous demandons au Conseil des Droits de l’Homme et la Cour Internationale de Justice d’examiner la responsabilité de l’agro-industrie, y compris des sociétés semencières et des spéculateurs de matières premières dans les violations du Droit à l’Alimentation et la crise alimentaire actuelle.

Dans la crise alimentaire actuelle, les coûts élevés des intrants agricoles et de la nourriture sont dus, dans une certaine mesure, aux bénéfices historiques de certaines entreprises de l'agro-industrie et aux agissements des spéculateurs de matières premières. Les oligopoles et les spéculateurs, qui opèrent tout au long de la chaîne alimentaire, doivent être examinés et ceux étant suspectés d’actes criminels doivent être traînés devant la justice. Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies doit mener les enquêtes nécessaires. Les gouvernements nationaux ne devraient pas hésiter, partout où d’autres gouvernements ont échoué dans leurs obligations internationales, à porter ces abus devant la Cour Internationale de Justice. Au niveau national, les lois anticartels et anti monopoles devraient être plus strictes.

· Nous demandons un arrêt immédiat du développement de la production d’agrocarburants industriels pour voitures, avions et pour la production d’énergie dans les centrales, y compris ce qu’on appelle la biomasse des « déchets ».

La croissance soudaine et massive de la production d’agrocarburants menace la sécurité alimentaire locale et mondiale, détruit les moyens d’existence, nuit à l’environnement et représente un facteur essentiel de la rapide augmentation des prix alimentaires. Ce nouveau mouvement de conversion de terres arables, de pâture et de forêts en terres pour la production de carburants doit être rejeté. Le sommet sur l’alimentation de Rome devrait appuyer la proposition du rapporteur spécial des Nations Unies sur le Droit à l’Alimentation d’établir un moratoire de cinq ans sur l’expansion de la production à large échelle de la production industrielle d’agrocarburants afin de réduire la concurrence avec la production alimentaire, de réglementer la production d’agrocarburants et d’évaluer les technologies d’agrocarburants proposées actuellement sur le marché.

· Nous demandons une nouvelle initiative mondiale inscrite sous le signe de la
collaboration et dans laquelle nous participons pleinement au processus de changement de politique et de correction institutionnelle.

Nous ne resterons pas les bras croisés à observer comment les riches et les incompétents détruisent nos vies et nos terres. Nous lutterons pour la souveraineté alimentaire, mais également pour le Droit à l’Alimentation, la production alimentaire durable et un environnent biologiquement diversifié et sain. Pour y parvenir :


1. Nous demandons la création d’une Commission des NU sur la production alimentaire, la consommation et le commerce. Cette Commission doit inclure de manière significative et substantielle des producteurs alimentaires à petite échelle et de consommateurs marginalisés.

La Task Force récemment réunie par le Secrétaire général est un signal clair et opportun que la crise alimentaire dépasse les institutions individuelles et requiert une action concertée à l’échelle mondiale. Cependant, la Task Force est dominée par des institutions qui ont échoués et dont la négligence et les politiques néolibérales sont à l’origine de la crise.
Ceux et celles qui ont subi des dommages en raison des systèmes gouvernementaux et intergouvernementaux (ceux que nous devons nourrir et ceux qui doivent nous nourrir) sont une nouvelle fois exclus. La Task Force devrait achever son travail à la fin du sommet alimentaire de Rome sur la crise alimentaire et la nouvelle Commission globale devrait ensuite se mettre immédiatement à la tâche.

Membres: La Commission devrait s'ouvrir au format établi il y a 20 ans par la Commission Brundtland, qui a ouvert la voie aux sommets environnementaux qui suivirent. En constituant la Commission, le Secrétaire général devrait garder à l’esprit les conclusions de « l’International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development » (IAASTD) dont le rapport récemment terminé a été approuvé par près de 60 gouvernements tout comme les résultats de la conférence de la FAO sur la réforme agraire et le développement rural(ICARRD).

Mandat : Le mandat de la nouvelle commission doit inclure toutes les formes de (et les contraintes à) la production alimentaire : tous les aspects de (et les barrières à) une alimentation sûre, adéquate, abordable et culturellement adaptée ; et une analyse complète de l'ensemble de la chaîne alimentaire tout en prenant en compte les conditions climatiques changeantes. La Commission devrait remettre un rapport intermédiaire à l’Assemblée générale des Nations Unies et aux organes dirigeants de la FAO, de FIDA et du PAM d’ici la fin 2008 et rédiger à l’intention de ces organisations un rapport final pour le dernier trimestre de 2009.


2. Nous devons restructurer fondamentalement les organisations multilatérales impliquées dans l’alimentation et l’agriculture.

Plusieurs institutions liées à l’alimentation ont fait l’objet de critiques quant à leur manière de gouverner et aux échecs de leurs programmes. Il est intéressant de noter que les Évaluations Externes Indépendantes (EEI) de la FAO et du FIDA ont présenté de sérieux manquements systémiques. C’est plus particulièrement l’EEI de la FAO qui démontre que ses dirigeants (tout en reconnaissant un besoin impératif de changement) ne croient pas que les gouvernements ou que l’institution soient capables d'effectuer les changements substantiels nécessaires. L’évaluation du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (GCRAI) est en cours et a mis à jour d’importants échecs attribués aux gouvernements et ne pouvant être résolus au sein du cadre du GCRAI. L’année dernière, la Banque mondiale a procédé à une évaluation interne de son travail agricole en Afrique et s'est montrée très critique envers elle-même, et à juste titre. C’est pour cette raison que la société civile est convaincue que la Task Force du Secrétaire général doit se muer en une Commission plus large (voir ci-dessus). Afin de faciliter le travail de la Commission, la société civile recommande trois décisions immédiates :

· Le sommet alimentaire de Rome devrait marquer son accord pour la mise en oeuvre d’une méta-évaluation des principales institutions liées à l'alimentation et l'agriculture (FAO,FIDA, PAM et GCRAI) d’ici la fin 2008.

· Selon cette méta-évaluation, le budget biennal que la FAO consacre aux conférences régionales devrait être ajusté afin de permettre l’organisation de conférences régionales sur l’alimentation et l’agriculture, impliquant de manière égale les principales institutions multilatérales, au cours de la première moitié de 2009. Ces réunions doivent garantir la participation complète et active des paysans, paysannes et petits producteurs pastoralistes et pêcheurs, hommes et femmes.

· En sa basant sur la méta-évaluation et les conférences régionales, la Commission devra, d’ici la fin 2009, soumettre son rapport incluant une nouvelle architecture pour le travail des Nations Unies dans les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture. Même si l’intégralité du processus que nous proposons ne voit pas le jour, nous sommes convaincus que la responsabilité des mesures et pratiques internationales liées à l’alimentation et l’agriculture doit relever d’une seule agence au sein des Nations Unies, où le principe « une nation – un vote » prédomine.


3. Nous demandons un déplacement du paradigme vers la souveraineté alimentaire tant au niveau local que mondial.

La production et la consommation alimentaires sont fondamentalement basées sur des considérations locales. Il ne sera possible de répondre aux crises alimentaires actuelles et futures que si le paradigme se déplace vers la souveraineté alimentaire. Les petits producteurs, les pastoralistes, les pêcheurs, les peuples indigènes,femmes et hommes, ont développé un système alimentaire basé sur le Droit humain à une alimentation adéquate et les mesures de production alimentaire qui accroissent la démocratie dans les systèmes alimentaires localisés et assurent la maximalisation de l’utilisation des ressources naturelles durables. La souveraineté alimentaire aborde tous les problèmes identifiés lors de la Conférence mondiale sur l’alimentation de 1974. Elle donne la priorité à l'alimentation des populations; elle valorise les producteur et productrices de nourriture ; elle localise les systèmes alimentaires; elle garantit le contrôle communautaire et collectif des terres, de l'eau et de la diversité génétique ; elle honore et construit les connaissances et compétences locales et travaille avec la nature. La souveraineté alimentaire est fondamentalement différente du commerce néolibéral existant et des mesures d’aide imposées selon l'idée de « sécurité alimentaire ». Ces mesures sont des mesures d’exclusion ; elles ne prennent pas en compte ceux et celles qui produisent la nourriture; gardent le silence sur l’endroit et la manière dont elle est cultivée ou consommée et a débouché sur une série d'échecs depuis les années 70. Les gouvernements et les institutions internationales doivent respecter et adopter la souveraineté alimentaire.

4. Nous estimons que le Droit à l’Alimentation doit l’emporter sur les accords commerciaux et autres politiques internationales. Devant la crise alimentaire actuelle, les négociations commerciales liées à l’alimentation et à l’agriculture doivent prendre fin et il faut s’atteler à un nouveau dialogue commercial sous les auspices des NU.

Les mesures d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale et le FMI, l’Accord de l’OMC sur l’agriculture et le paradigme du libre-échange ont miné les économies locales et nationales, érodé l’environnement et endommagé les systèmes alimentaires locaux, menant à la crise alimentaire que l’on connaît actuellement. Les mesures politiques néolibérales ont également renforcé le pouvoir des multinationales de l'agro-industrie et ont généré des bénéfices exceptionnels. Le dumping alimentaire et les exportations alimentaires à des prix artificiellement bas ont également détruit les systèmes locaux et doivent prendre fin. Les institutions financières internationales et l’OMC ont forcé les pays du Sud à démanteler les mécanismes de stabilisation et de régulation des marchés et les systèmes de prix garantis pour les producteurs d'aliments. Les gouvernements ont été obligés d’abolir les réserves alimentaires et d’éliminer les contrôles à l'importation. Cependant, une intervention de l'Etat sur le marché s'impose pour faire respecter le Droit à l'Alimentation, sécuriser la production alimentaire et l'économie des producteurs et productrices à petite échelle. Par conséquent, les négociations d’ALE, les APE et l’OMC relatives à l’Accord sur l’agriculture doivent prendre fin.

Ces négociations sont néfastes pour la grande majorité des producteurs et productrices alimentaires. Une nouvelle approche du commerce alimentaire et agricole international s’impose. Cette approche doit se baser sur le droit qu’ont les pays de décider de leur niveau d'autosuffisance et de soutenir une production alimentaire durable pour la production nationale.

Les discussions découlant sur un nouveau régime commercial basé sur les différents besoins des populations et des collectivités et la préservation de l'environnement devraient trouver leur place au sein du système des NU.

5. Nous insistons pour que soit rétabli le droit des gouvernements d'intervenir et de réguler les marchés pour atteindre la souveraineté alimentaire.

Les gouvernements nationaux doivent prendre leurs responsabilités, contrôler et repousser les élites et faire de la production pour la consommation nationale leur priorité. Les pays doivent accroître tant que possible leur niveau d’autosuffisance alimentaire et pour l’atteindre, les mesures suivantes doivent être prises :

· Respecter, protéger et mettre en oeuvre le droit à une alimentation adéquate, parmi d’autres droits ;

· Augmenter les budgets destinés à soutenir la production paysanne ;

· Mettre en oeuvre une véritable réforme agraire afin que les paysans et paysannes sans terres et d'autres groupes vulnérables aient accès aux ressources productives ;

· Garantir l’accès aux crédits aux paysans et autres petits producteurs et productrices. ;

· Abolir toutes les barrières empêchant les paysans et les productrices de l'agriculture familiale de conserver et d'échanger leurs semences entre communautés, pays et
continents;

· Renforcer la recherche menée par les paysans et les paysannes et soutenir la formation et l'autonomie;

· Améliorer l'infrastructure de sorte que les petits producteurs aient accès aux marchés
locaux ;

· Développer des stratégies avec les paysannes et autres organisations adéquates afin de
gérer des dangers spécifiques et les crises.

· Garantir aux consommateurs et consommatrices marginalisé(e)s un accès à la nourriture
nationale et, en son absence, à la nourriture importée de régions adjacentes excédentaires.

6. Nous rejetons le modèle de la Révolution Verte. Les solutions techniques et

technocratiques ne sont pas une réponse à la production alimentaire durable et au développement rural.

L’agriculture et la pêche industrialisées ne sont pas durables.
L’ « International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for
Development » (IAASTD) démontre clairement la nécessité d’un changement majeur dans le modèle de recherche et de développement actuel. Ce rapport prouve que depuis la dernière crise alimentaire mondiale, les gouvernements (du Sud et du Nord) ont délibérément et tragiquement négligé l’agriculture et le développement rural, et plus particulièrement la production à petite échelle et les pêcheries artisanales. Cette attitude semble changer à mesure que la crise actuelle se déploie. Cependant, le nouvel intérêt porté à l’agriculture demeure fondamentalement déficient car des fondations privées nord-américaines, en partenariat avec les multinationale de l'agro-industrie font pression auprès des gouvernements locaux et des instituts de recherche internationaux pour qu’ils mènent une « révolution verte » en Afrique et ailleurs, se basant sur des solutions technologiques hâtives et des politiquescommerciales qui ont échoué par le passé plutôt que sur des politiques sociales. Les gouvernements, les instituts de recherche et d’autres donateurs doivent tirer les leçons de cette étude, changer de cap et soutenir la production agricole, l'élevage et la pêche à petite échelle, de manière durable et répondant aux besoins des communautés locales. Les programmes s’inspirant des productrices / pêcheurs mèneront à une autonomie locale et nationale. Plus particulièrement, les gouvernements participant au troisième forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au Ghana en septembre devraient rejeter les modèles philantro-capitalistes prônant une nouvelle révolution verte et devraient réaffirmer le rôle central qu’ont à jouer les hommes, les femmes et les gouvernements dans la mise en oeuvre de mesures et d'un cadre pratique pour le développement.

7. Nous sommes en faveur d’une stratégie globale pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité agricole donnant la priorité à la participation des petits producteurs, des pastoralistes et des pêcheurs.

La diversité biologique dans l’agriculture est une condition nécessaire à la protection des réserves alimentaires. La perte considérable de diversité, l’utilisation d’OGM et le brevetage des semences et des gènes rendent la production alimentaire vulnérable. Afin d’encadrer les producteurs de l'agriculture familiale qui développent des systèmes de production dynamiques basés sur la biodiversité, nous devons collaborer pour protéger des systèmes agricoles, des variétés et la diversité génétique pouvant s'adapter naturellement, dans les champs, aux menaces telles que les changements climatiques. Le sommet alimentaire de Rome devrait mettre les gouvernements, la FAO, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique et le Global Crop Diversity Trust au défi de fournir un soutien financier massif et immédiat à la conservation in situ et dans les exploitations agricoles grâce au travail de sélection, d'amélioration et de reproduction des plantes et du bétail effectué par les productrices elles-mêmes.

8. Nous participerons au développement d’une stratégie locale/mondiale afin de répondre aux changements climatiques.

Les changements climatiques sont déjà à l’origine de pertes considérables dans la production alimentaire et mettent en péril des millions de vies, y compris celle des migrants. Le futur est incertain mais la plupart des études affirment que les changements climatiques seront encore plus néfastes pour les habitants et les systèmes alimentaires des pays tropicaux et subtropicaux que ceux des zones tempérées. Il devient urgent de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et ce d'au moins 80% d'ici 2030. Cette réduction relève avant tout de la responsabilité des pays industrialisés. Le Sud doit également adopter différentes mesures et pratiques pour la production énergétique. Dans l’agriculture, le modèle industriel affichant une consommation élevée de carburants fossiles pour la production et le transport est la cause principale des émissions de CO2. Le développement d'une production alimentaire tenant compte des paysannes et des paysans et basée sur une production alimentaire durable reposant sur l’utilisation durable des ressources locales permettra la réduction de ces émissions. Cependant, les pays industrialisés polluants doivent également assumer leurs responsabilités en ce qui concerne la destruction de notre environnement et de nos systèmes alimentaires et doivent payer, à hauteur d'au moins 1% de leur PIB annuel, ce qui permettrait d'atténuer les dommages et de poursuivre le développement de systèmes alimentaires et énergétiques durables et adaptables.

Les mouvements sociaux et autres organisations de la société civile qui sont prêts à poursuivre activement le programme que nous avons décrit au niveau local, national et mondial sont invités à signer cette déclaration.

Pour d’avantage d’informations, et pour signer, veuillez visiter

www.nyeleni.eu/foodemergency

Cette déclaration a été prépare par des membres du CIP, le Comité International de Planification pour la souveraineté alimentaire. El CIP est un mécanisme facilitateur, dans lequel des mouvements sociaux internationaux et des organisations travaillent ensemble sur le sujet de la souveraineté alimentaire: entre autres: ROPPA, WFFP, WFF, La Via Campesina et plusieurs mouvements et ONG dans toutes les régions

(voir : www.foodsovereignty.org/new/focalpoints.php).

Le CIP coordonne le Forum parallèle au Sommet Alimentaire de la FAO à Rome.

lundi, 26 mai 2008