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lundi 22 juin 2009

A propos des obsèques d'Omar Bongo et de celles de Leopold Senghor

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Voici quelques remarques très pertinentes que m'envoie un copain:

A propos des obsèques d'Omar Bongo.

J'ai écouté à France Inter qu'assistaient à ces obsèques l'actuel président de la République Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet, les anciens ministres Michel Roussin, Jean-Louis Debré et Jacques Godfrain.

Ainsi, pour ce "parrain" africain corrompu et corrupteur, ancien agent secret, dictateur, mouillé jusqu'au cou dans la Françafrique, manipulé (par Jacques Foccart) et manipulateur, la France n'a pas dépêché moins de deux chefs d'Etat, deux ministres - dont un de premier rang - et trois anciens ministres.

Le 30 décembre 2001, pour les obsèques de Léopold Sedar Senghor, ancien condisciple de Georges Pompidou, prédécesseur de Jacques Chirac à la même fonction et soutenu par le même parti, agrégé de grammaire, député français, ministre de la République française, membre de l'Académie française, écrivain français de réputation internationale... ni le président de la République Jacques Chirac ni le premier ministre Lionel Jospin n'avaient daigné se déplacer. Le "plus ancien dans le grade le plus élevé" (comme on dit) à représenter la France était Raymond Forni, président de l'Assemblée national (au 4e rang dans l'ordre des préséances pour les cérémonies publiques...).


Pour un pays de 1,5 millions d'habitants, dont le président était un dictateur notoire, la France a déplacé trois personnalités de premier rang. Pour un pays de 13 millions d'habitants, dont le président avait été aux tout premiers rangs de la France dans l'ordre de l'esprit et dans l'ordre de la politique, la France a offert des pièces jaunes.

On ne saurait mieux dire dans quel terreau s'enracine le discours de Sarkozy à Dakar, en juillet 2007, et quels jours heureux la Françafrique a encore devant elle. Aux obsèques d'Omar Bongo, le 16 juin 2009, la France, pour la deuxième fois, a enterré Léopold Sedar Senghor...

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jeudi 2 avril 2009

Avec Sarko, la solidarité est un délit

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http://www.delinquants-solidaires.org/

Alors, si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour délit !*


Si le Gouvernement a largement communiqué sur les objectifs de reconduites à la frontière, les chiffres concernant les interpellations d’aidants sont restés quant à eux dans l’ombre des annexes aux Projets de lois de finances. Pourtant ils existent : ils sont de 5000 pour 2009
et 5 500 pour 2011.
Ces chiffres sont téléchargeables à cette adresse :
http://www.performance-publique.gouv.fr/farandole/2009/exercice2009_immigration.htm
Télécharger PLF2009_BG_IMMIGRATION.pdf


Nous sommes tous concernés par ces objectifs chiffrés, parce qu’ avant d’être «sans-papiers», ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain.

Mercredi 8 avril 2009, à 13h00,

à Paris, Lille, Marseille, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rennes et dans des dizaines d'autres villes en France, nous serons 5 500 au moins à nous présenter comme prisonniers volontaires, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans-papiers en difficulté. Nous serons 5 500 citoyens décidés à rester des « aidants » !

MOBILISEZ-VOUS !

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De nombreuses organisations ont rejoint la mobilisation au fil des jours. En voici la liste complète :

Emmaüs France / Association Emmaüs / La Cimade / Gisti / Comede / Fédération entraide protestante / UNIOPSS / RESF/ FASTI / Secours Catholique / FNARS / Syndicat des avocats de France / SOS Racisme / Dom’Asile / Ligue des Droits de l’Homme / MRAP / Association Toits du monde – Orléans / SALAM Nord/Pas-de-Calais / ACASEA / Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme / France Terre d’asile / Fédération Sud Education / Médecins du Monde / ATD Quart Monde / Réseau Chrétien immigrés / Sud Education / Migration santé Alsace / ADDE (Avocats pour la Défense Des Droits des Etrangers) / CLARA (Comité national de coordination des associations d'accompagnement des migrants) / MPEF ( Mission Populaire Évangélique de France) / Osiris / ADN (Association pour la démocratie à Nice) / Terre d'errance / Fédération Syndicale Unitaire / Fédération Jeunes errants / les amoureux au ban public / Les petits Frères des pauvres / ATTAC France / Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope / Centre Social Aires 10 / Migrations Santé Alsace / AIDES


......


lundi 9 mars 2009

Supprimer le juge d’instruction ? Le « coup de gueule » d’Eva JOLY

Monsieur le président,


Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.


Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.


Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques. Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites."


Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner. Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous.

Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens.

Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.


LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ


A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès. Elle ne l'a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité.

Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir.


Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun. Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ?

Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières.

Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire.


Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'œuf. Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix. Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine. En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité.


Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet..


Eva Joly,

Etat de droite, soir de colère… par Anne-Marie Garat

Etat de droite, soir de colère…

En 1933, depuis près de trois ans, le Reichstag avalise sans broncher ; les décisions se prennent sans débats ni votes. Von Hindenburg gouverne un coude sur l’épaule des SPD, tétanisés, un coude sur celle des nazis, bons bougres. Hitler n’a plus qu’à sauter sur l’estrade, grand clown des atrocités, impayable dans son frac tout neuf.


Qui prétend encore que c’est arrivé du frais matin ?
Le sommeil a bon dos, où naissent les songes, et les cauchemars. Mais on ne se réveille pas dans le pire, stupeur, au saut du lit : le pire s’est installé, insidieux, dans le paysage, banalisé par l'apathie ou l’incrédulité des uns, la bénédiction des autres.


Des gendarmes brutaux, grossiers, débarquent impunément avec leurs chiens dans les classes d’un collège du Gers, pour une fouille musclée; le proviseur entérine, bonasse. Et le ministre de l’Education, qu’en dit-il ? Que dit-il de l’enlèvement d’enfants dans une école de Grenoble, d’eux et de leur famille expulsés en vingt-quatre heures, après combien d’autres ? Qui tient la comptabilité de ces exactions ordinaires ?


Un journaliste est interpellé chez lui, insulté, menotté, fouillé au corps, pour une suspicion de diffamation, qui reste encore à démontrer en justice… Qu’en dit la Garde des Sceaux ? Elle approuve (mutine bague Cartier au doigt, n’en déplaise au Figaro).
Nos enfants, nos journalistes, ce sont encore catégories sensibles à l’opinion.
Celle-ci s’émeut-elle ? Mollement. Elle somnole.


Mais les réfugiés de Sangatte, chassés comme bêtes, affamés dans les bois ; les miséreux du bois de Vincennes menacés de « ratissage », les gueux de nos trottoirs au vent d’hiver ? Les sans papiers raflés, entassés dans des lieux de non droit, décharges d’une société, qui détourne le regard ignoble de son indifférence ? Et la masse des anonymes, traités mêmement comme rebut par une administration servile ? Au secours, Hugo !


Il y a de jeunes marginaux qualifiés par la ministre de l’Intérieur d’ « ultra gauche » - spectre opportun des bonnes vieilles terreurs - jusqu’ici, pure pétition communicationnelle… Sa police veille, arme à la hanche, elle arpente, virile, les couloirs du métro, des gares. Sommes-nous en Etat de siège ? A quand l’armée en ville ?


Il y a le malade mental incriminé à vie par anticipation ; l’étranger criminalisé de l’être ; le jeune de banlieue stigmatisé pour dissidence du salut au drapeau : danger public; le prisonnier encagé dans des taudis surpeuplés – à 12 ans, bientôt ; le sans travail accusé d’être un profiteur, le pauvre d’être pauvre et de coûter cher aux riches ; le militant associatif qui le défend condamné, lourdement, pour entrave à la voie publique. Il y a le fonctionnaire taxé de fainéantise (vieille antienne) ; l’élu réduit au godillot ; le juge sous menace de rétorsion ; le parlementariste assimilé au petit pois ; la télé publique bradée aux bons amis du Président, qui fixent le tarif ; son PDG berlusconisé et des pubs d’Etat pour nous informer – à quand un ministre de la Propagande ? On en a bien un de l’Identité nationale. Et le bon ami de Corse, l’escroc notoire, amuseurs sinistres, protégés par décret du prince…


Criminalisation systématique de qui s’insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages - quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassage accidentel -, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l’affairisme et du sensationnel saignant, bienvenu au JT : touristes égarés, intempéries, embouteillages du soir… Carla et Tapie en vedettes.
Ces faits sont-ils vraiment divers, ou bien signent-ils un état de fait ? En réalité, un état de droite. Extrême. Dire que Le Pen nous faisait peur…


Cela rampe, s’insinue et s’impose, cela s’installe : ma foi, jour après jour, cela devient tout naturel. Normal : c’est, d’ores et déjà, le lot quotidien d’une France défigurée, demain matin effarée de sa nudité, livrée aux menées d’une dictature qui ne dit pas son nom. Ah ! le gros mot ! N’exagérons pas, s’offusquent les mal réveillés. Tout va bien : M. Hortefeux est, paraît-il, bon bougre dans sa vie privée.


« Tout est possible », avait pourtant promis le candidat. Entendons-le bien. Entendons ce qu’il y a de totalitaire dans cette promesse cynique qui, d’avance, annonce le pire.


Sous son agitation pathologique, un instant comique – au secours, Chaplin ! - , sous ses discours de tréteaux, ses déclarations à tous vents, contradictoires, paradoxales, sous son improvisation politique (oripeau du pragmatisme), sous sa face de tic et toc s’avance le mufle des suicideurs de république, des assassins de la morale publique. La tête grossit, elle fixe et sidère.
Continuerons-nous à dormir ? Ou à piquer la marionnette de banderilles de Noël ?



Anne-Marie Garat (17/12/2008)

son site est magnifique... les chroniques... et l'album photo qui m'a beaucoup ému.

jeudi 25 décembre 2008

Sarkozy a encore menti

(...) Rappelons ce que disait le candidat Sarkozy le 8 juin 2006 : "Si un jour je devais avoir des responsabilités, une des premières choses que je ferais, c’est de supprimer le droit de grâce et l’amnistie." Sarkozy a supprimé l'amnistie, système sans doute trop démocratique et il a décidé de conserver le droit de grâce pour en faire un usage aristocratique, pour les "méritants".

En avril 2008, Nicolas Sarkozy avait encore quelques scrupules ou du moins jouait à en avoir : "On me demande de rayer d’un trait de plume ce que la justice vient de décider, ce n’est pas rien”, avait-il déclaré à propos d'une éventuelle grâce de Marchiani. Eh bien, ses scrupules sont bien loin à présent. Le parquet de Paris a confirmé une information que LCI avait donnée mardi 23 décembre : une grâce présidentielle a été accordée à Marchiani, équivalant à 6 mois de remise de peine sur les trois ans de prison ferme auxquels il a été condamné. (...)

lu sur agoravox le 24-12-2008

vendredi 28 novembre 2008

SDF: Nicolas Sarkozy deux ans avant...

Lu sur "le Post", écrit par "Birenbaum", le 28 nov. 2008


Un politique, quel qu'il soit, ne devrait jamais faire des promesses de ce genre...

"Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid..."

Pourquoi faut-il que nos campagnes électorales soient toujours des moments pendant lesquels tous nos politiques échangent des arguments et des propositions au minimum démagogiques, au pire mensongères ?

Que vaut encore la parole politique lorsque l'on constate six mois, un an, deux ans après... que ce qui a été promisjurécrachécroixdeboiscroixdefersijemensjevaisenenfer n'était qu'un "coup", lancé pour avoir les caméras braquées sur soi, le temps d'un meeting ?

À l'ère d'internet, des sites de partage de vidéos et des blogs, il va devenir de plus en plus difficile d'effacer d'un coup de gomme magique ce que l'on a promisjurécrachécroixdeboiscroixdefersijemensjevaisenenfer...

Tous les politiques devraient en prendre conscience.

Et notamment l'auteur, compositeur et interprète du fameux "Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas" (ici pour mémoire...).

Le futur simple ? Un temps qui vieillit très mal...

jeudi 4 septembre 2008

En France, l'"identité nationale" engendre un état policier



Mes chers compatriotes,

Il n'y a pas que la traque des sans-papiers.
Il y a aussi celle des Français aux papiers douteux.
Ceux qui sont nés à l'étranger.
Ou bien dont les parents sont nés à l'étranger.
Fussent-ils, ces parents-là, eux-mêmes Français.

Depuis six mois environ (c'est ce qu'on nous a dit à la préfecture) des consignes sévères ont été données.
C'est la fin du laxisme, à l'identité (nationale).
On vérifie tout.
A Lyon (où j'habite), les fonctionnaires sont débordés.
Ils n'arrivent plus à traiter les dossiers de ceux qui, venus faire renouveler leur carte d'identité ou établir un passeport, posent problème.
Il y en a trop.
Il y en a de plus en plus.

En conséquence, des mesures drastiques ont été prises.
Le service n'est plus ouvert que le matin.
Quatre jours par semaine seulement.
De neuf à douze (mais il ne reçoit que jusqu'à onze heures).
C'est pour contenir l'afflux des demandes.
Ceux qui arrivent après neuf heures arrivent trop tard : il y a deux heures de file d'attente.
L'après-midi, le service traite les dossiers de ces Français suspects.
Qui avaient autrefois des papiers.
Mais à qui on n'en fournit plus.
Qui reviennent cent fois avec des justificatifs de nationalité.
Mais ça ne suffit jamais.
Car maintenant il faut tout vérifier.
Y compris les justificatifs des justificatifs.
Et ainsi de suite.


J'imagine que chaque cas est un peu particulier, mais je vais vous raconter celui de mon fils Jouan; ça vous aidera à voir de quoi il est question.

Jouan a 25 ans.
Il est né à Montpellier (Hérault), d'un père Français (moi), mais d'une mère Belge.
Il est programmeur chez Arkane, une boite de Lyon qui fabrique des jeux vidéo, et travaille souvent (par visio-conférence) avec d'autres gars établis à Austin (Texas), où Arkane a également un studio.
Il s'est donc dit, l'année dernière, qu'il ferait bien d'avoir un passeport, dès fois qu'on l'envoie à Austin, par exemple.

Il s'est pointé à la Préfecture de Lyon, muni de tous ses papiers (extrait d'acte de naissance, carte d'identité, d'électeur, livret de famille, que sais-je encore).
Il croyait que ça serait facile, à part la file d'attente.

A la préfecture de Lyon, on a d'abord tiqué sur sa mère Belge.
Car les accords bilatéraux entre la France et la Belgique ne permettent pas que l'on soit Français si l'on est Belge.
Parait-il.
On a donc demandé à Jouan de fournir un certificat de renonciation à la nationalité belge.
Et pourquoi pas? me direz-vous.

Jouan s'est adressé au consulat de Belgique pour obtenir ce certificat.
Malheureusement, la Belgique pratique un strict droit du sol.
Les enfants de Belge nés hors de Belgique ne deviennent Belges que s'ils en font la demande expresse.
A l'age de 18 ans.
Après c'est trop tard.
Tu n'es pas Belge.
Tu n'as jamais été Belge.
Tu ne seras jamais Belge.
Le consulat a donc gentiment expliqué à Jouan qu'il ne pouvait lui faire un acte de renonciation à la nationalité belge.
Puisqu'il n'était pas Belge.

A la préfecture, ils n'ont pas beaucoup aimé que Jouan ne fournisse pas le papier demandé.
Mais ils ont passé l'éponge.
Ils ont préféré s'intéresser à son père (moi).
Français né de mère française et de père français.
Mais au Maroc.
(Du temps des colonies.
A l'époque où le drapeau tricolore flottait sur ce pays.)

Ici, une petite explication s'impose.
Il y avait autrefois toutes sortes de colonies.
Il y en avait qui étaient des départements français, comme l'Algérie.
Et c'était la France.
Il y en avait qui étaient des protectorats, comme la Tunisie ou le Maroc.
Et c'était l'étranger.

La préfecture a voulu vérifier si le père de Jouan (fonctionnaire de l'Education nationale, par ailleurs) était réellement Français.
Puisqu'en définitive, il était né à l'étranger.
J'ai fourni à Jouan tous les papiers requis, j'y ai même ajouté un vieux certificat de nationalité, établi par un juge d'Alès en 1970 pour je sais plus quoi, et que j'avais retrouvé par hasard.
Autant vous le dire tout de suite : cette débauche de paperasses n'a impressionné personne en préfecture.

C'est plutôt le cas de ma mère (la grand-mère de Jouan) qu'ils ont trouvé curieux.
Elle se prénomme Marie de Fatima.
Ses parents (les bisaïeuls de Jouan, donc) étaient Portugais.
Elle-même est née à Casablanca (à l'étranger, donc).
Et n'a acquis la nationalité française qu'en se mariant avec mon père.
(il y a pile soixante ans cette année, en 1948).

C'est logiquement sur mon père (le grand-père de Jouan) que s'est reportée l'attention de la police.
Puisque dans le fond, s'il n'avait jamais été français, ma mère n'aurait eu aucune raison de devenir française.

Mon père (donnons lui son nom, Louis, pour la clarté du débat) est mort depuis longtemps.
Il était né à Casablanca.
(Je sais, ça n'arrange rien).
D'un père Français.
(C'est reparti pour un tour!)

Je n'ai pas connu mon grand-père, qui est mort en 1939, bien avant ma naissance.
Il avait fait Verdun.
Mais je vous arrête de suite : ça ne prouve rien.
Louis aussi a fait la guerre, dans la Première Division Française Libre (Campagne d'Italie) et la Première Armée Française Libre (débarquement en Provence, blessure en Allemagne).
(Vous pensez bien qu'on l'a essayé, le coup du livret militaire.)
Ce n'est pas une preuve de nationalité, nous a-t-on dit.

Donc ce grand-père?
(le bisaïeul de Jouan, pour ceux qui suivent)
Celui qui a fait Verdun (ce qui ne prouve rien)?
Il se prénommait Blas.
Blas José.
(Je sais, c'est pas normal).
Il était né à Oran, au XIXème siècle.
C'est-à-dire en France, dans un département français.
(Ouf! Sauvés!)

La préfecture était presque d'accord pour que Jouan ait son passeport.
Elle préfèra toutefois être mieux renseignée sur ce Blas José, aux prénoms exotiques.
Elle a demandé à mon fils de s'adresser non plus à Nantes, où sont conservés les dossiers des Français nés à l'étranger.
Mais à Aix-en-Provence, aux Archives, où sont les morts.
Pour voir un peu si ses ancêtres avaient le droit d'être Français lorsque l'Etat les considérait comme tels, de leur vivant.

Et là, je sens que ça va se gâter.
En 1962, au moment de l'indépendance de l'Algérie, l'OAS a beaucoup plastiqué.
Elle ne voulait rien laisser aux Arabes.
Elle faisait sauter les bâtiments publics.
A Oran, l'Etat Civil a brûlé.
Il n'en est rien resté.
Que sont devenues les traces du bisaïeul de Jouan?
J'aime mieux ne pas y penser.
Quand à son trisaïeul, inutile d'insister.
Lui n'était pas Français.
Il était d'Almeria.
En face d'Oran.
En Espagne.

Combien sommes-nous dans ce cas, mauvais Français, à ne plus pouvoir obtenir nos papiers d'identité?
A Lyon, c'est certain, plusieurs centaines.
Peut-être des milliers.
Combien sommes-nous en France?
30 000, 300 000?
A ne plus avoir de papiers, ou à être menacés de ne plus en avoir.
Quand ceux que nous possédons seront périmés.
Pour Jouan, c'est dans deux ans (sa carte d'identité date de 2000).
Moi, c'est en 2014 (je l'ai faite renouveler il y a quatre ans).
Quelle sera notre situation administrative?
Sans-papiers.
Nous ne serons pas expulsables (vers quel pays? nous n'avons droit à aucune autre nationalité que française.)
Nous resterons probablement Français.
Ce serait trop compliqué de nous dénationaliser.
(Pour ne pas dire infaisable).
Mais des Français bizarres.
Qui ne pourront pas sortir de France, fût-ce dans l'espace de Schengen.
Qui dépendront du bon vouloir de la police sur le territoire national.
Dont les enfants n'auront pas droit aux bourses pour faire leurs études.
Des Français en Sarkozie comme il y eut des Juifs en Allemagne,
espérant qu'à la longue la situation s'arrange.

Mes chers compatriotes, je ne vous écris pas pour vous faire pleurer sur mon sort.
Je vous écris pour vous avertir qu'un régime policier est installé dans notre pays.
Cette fois-ci pour de vrai.
Pas un régime policier seulement pour les pauvres, les mal-blanchis et autres terroristes.
Un bon vieux régime policier pour tout le monde.
Avec de bonnes vieilles méthodes d'espionnage, d'écoutes, de cambriolages suspects, de délations, de camps de concentration, et de difficultés administratives sans fin.
Il ne se limite pas à persécuter les Africains, les Asiatiques ou les Ukrainiens.
Il s'attaque à tous.
Aujourd'hui nous.
Demain vous, je le crains.


samedi, 30 août 2008

mercredi 3 septembre 2008

"Sarkozy est hypocrite"


Quotidien Le Pays n° 4106 du 29/04/2008

DROIT DANS LES YEUX


OXFAM FRANCE: Sarkozy est "hypocrite"

D’un côté, Sarkozy parle de solidarité nécessaire et de souveraineté alimentaire. De l’autre, il vante la vocation exportatrice de l’agroalimentaire, qui, à coups de subventions à l’exportation ou d’accords de libre-échange, lamine les petits fermiers africains.

Le premier instrument de la lutte contre la pauvreté, l’aide publique au développement (APD), est en chute libre depuis son arrivée au pouvoir. Pour la première fois depuis 2001, l’aide française a baissé en 2007, de 15 %, soit 0,39 % du revenu national brut, rompant avec les promesses de Chirac. Et quand on soustrait les 2,3 milliards de dollars (1,4 milliard d’euros) alloués aux frais de scolarité des étudiants étrangers, à l’Outre-mer, et à "l’accueil" des réfugiés, que reste-t-il pour l’aide réelle ? "Pas grand-chose, reconnaît un diplomate. On dépense près de dix fois plus en aide pour le changement climatique dans les pays émergents que sur l’aide à la petite agriculture des plus pauvres."


Nicolas Sarkozy peut jurer que la France y consacre "750 millions de dollars", il oublie qu’il s’agit de prêts. Comme les 100 millions de dollars à l’Afrique du Sud pour une ferme éolienne. Des prêts qui ne font qu’augmenter une dette déjà insupportable.

Les appels récents de Sarkozy à «une stratégie ambitieuse d’aide à l’agriculture" envers les plus démunis, se heurtent chez lui à d’énormes contradictions. Reste le "ministère de la parole". "Ceux qui me diraient que cela ne nous concerne pas, je me poserais des questions sur leur conscience", a dit le chef de l’Etat. Appelant à un «partenariat mondial pour l’alimentation et l’agriculture".

"Y a-t-il un seul parmi nous qui peut rester indifférent à la révolte de ceux qui, au Sud, ne peuvent plus manger à leur faim ?" s’interroge le chef de l’Etat français. Salutaire prise de conscience ? Il reste de la marge. Car «la France n’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire, un gros donateur d’aide alimentaire, confie à Libération Christiane Berthiaume, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM). Elle arrive au 18e rang des contributeurs en 2008, avec 5,5 millions de dollars reçus au 13 avril 2008." Une paille alors que, vendredi, le PAM a revu à la hausse (de 500 à 750 millions de dollars) ses besoins pour faire face aux «émeutes de la faim».

"La France double son aide alimentaire aux pays pauvres" titre le Figaro du 18 avril 2008.
"Il est urgent d'agir pour renforcer la sécurité alimentaire à un moment où 37 pays connaissent une crise alimentaire très grave." déclare le chef de l’Etat
De 30 millions d'euros on passe à 60 ! Pour mémoire le budget de fonctionnement de l’Elysée est de 100 millions d'euros. Ce que coûtent les députés français 120 millions d’euros.
Et c’est, pour le moment, seulement "une promesse de don", donc affaire à suivre…

Dans le monde, les quelques centaines de nantis totalisent des revenus supérieurs à ceux du milliard de démunis. La différence qui s'accroît résulte d'un processus qui inexorablement enrichit les uns en appauvrissant les autres. La terre produit, grâce au travail des hommes, assez de nourriture pour satisfaire les besoins de tous. Le problème à résoudre n'est pas technique mais politique.

Quand le gouvernement de la France aux ordres d'un seul, pratique une politique de cadeaux envers les plus riches et ne cesse de s'attaquer aux plus faibles (sans-papiers, étrangers, chômeurs, précaires, malades...) quand ce gouvernement consacre des sommes énormes à l'armement (22% de son budget pour l’Armée), tout en continuant à asphyxier les pays pauvres par ses créances, quand il consacre les vieilles politiques de la Françafrique en préférant les "dirigeants durables et enrichis" à leurs peuples malgré ses promesses, quand il met en oeuvre cette politique, ce gouvernement, malgré tout ce qu’il peut nous raconter, continue de participer à l’assassinat économique de l’Afrique.

"Ceux qui me diraient que cela ne nous concerne pas, je me poserais des questions sur leur conscience",
Oui, Monsieur Sarkozy, ou bien votre conscience est anesthésiée depuis longtemps, ou bien vous dormez mal depuis longtemps !

Père Jacques Lacour
(BP 332 Koudougou)
jacqueslacourbf@yahoo.fr

mardi, 29 avril 2008

Superbe réponse au "devoir de mémoire" instrumentalisé par Sarkozy

Magnifique texte de Claire Malbos


Voilà que, non satisfait de la glissade morale effectuée sur la peau de banane Guy Môquet qu’il s’était à lui-même étendue comme carpette, Mr Sarkozy prétend « faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».

Ma fille sera en CM2 en 2013. Elle porte en elle de par la grâce de ses parents la mémoire de ces milliers d’enfants, français et non français, qui au long de l’histoire humaine furent déportés, séparés des leurs, rendus orphelins, esclaves, choses sexuelles, assassinés…sur les 5 continents.

Et qui le sont encore.

Elle porte en elle la mémoire future de ces enfants violemment séparés de leurs parents ou familles, ici, maintenant, en France devant ses yeux de fillette de 4 ans.

Elle porte en elle en tant que future femme, citoyenne, lionne au combat, la mémoire de tous ces enfants qu’elle aura vus déportés de son supposé pays de cocagne vers des univers où ils disparaissent, de tous ces enfants qui n’ont pas d’enfance, en Palestine, au Liban,... de tous ces enfants marchandés cyniquement, au nom de l’enfance, au Tchad, ailleurs…

Ma fille porte en elle tout ceci parce qu’elle est vivante. Parce qu’elle a un papa et une maman vivants auprès d'elle. Qui animent son âme autant qu’ils le peuvent de toute l’actualité de leurs combats, à sa mesure de petite fille, en lui apprenant qu’il n’y a pas de différence, entre un enfant blanc et un noir, entre un enfant juif, catholique, sikh, musulman, bouddhiste, que tout enfant a droit au bonheur d’être enfant, dans la douceur de sa famille, les câlins, le jeu, les apprentissages.

Ma fille porte en elle tout cela, et elle ne se verra pas confiée par l'école la mémoire de l’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah.
Ce travail, qui m’est dévolu en tant que parent, et qu’il n’appartient pas à mon sens au Président de la République de choisir de faire à ma place, je l’élabore dans le respect de mon enfant, et de ce qu’est notre famille.

Il n’y a pas que la Shoah, Mr. le Président. Maints massacres furent perpétrés, maintes mémoires furent et sont encore blessées qu’il vous semble vain d’honorer, maints enfants furent déportés et assassinés, dont vous semblez faire si peu de cas, en d’autres temps tout aussi atroces que celui de la Shoah.

Quel est ce besoin que vous nous démontrez donc là, un besoin de repentance ? Ce mot que vous refusez à tout crin à ceux qui ne vous le demandent même pas, mais qui voudraient juste prononcer le mot de mémoire sans se faire éconduire ?

Qu’allez-vous donc faire dans cette galère ? Quel besoin de s’aplatir dans le vent d’une seule direction, sous les tapis du souvenir d’une seule victime ? Vous nous avez suffisamment dit lorsque cela vous arrangeait que les enfants n'étaient pas comptables des fautes de leurs pères.

Ma fille ne se verra confier par vous la mémoire d’aucun enfant d’une seule confession, d’une seule déportation, d’un seul esclavage, d’un seul massacre.

Ma fille ne sera jamais l'objet de votre manipulation de l'histoire, de l'émotion, du drame humain au service de vos seuls biens et besoins personnels, politiques ou autres.

Elle ne croulera pas sous le poids de votre culpabilité ou de vos obédiences. Elle grandit libre dans sa connaissance de l’autre, des ses bonheurs et malheurs, grands et petits, auxquels nous désirons l'éveiller pour qu'elle puisse partager le poids, plus tard, avec ceux qui souffrent.

Mon enfant, nos enfants, grandissent à présent dans une France dont mes parents, humains généreux s'il en fut, auraient profondément honte. Si ma mère n'était pas morte, elle défilerait aujourd'hui du haut de ses 89 ans, pour vous faire savoir qu'il suffit.

Qu'il suffit de l'outrager.

Qu'il suffit de choisir dans les souffrances humaines celles qu'il vous agrée d'honorer et celles qu'il vous indiffère d'ignorer. Quand ce n'est pas celles qu'il vous arrange de rejeter dans de lointaines poubelles.

Qu'il suffit de gesticuler, justifiant toutes les exactions de la France dans l'Ailleurs en ne supportant pas que l'Ailleurs vienne vivre dans la France.

Qu'il suffit de faire la leçon à des enseignants sur ce qu'il convient de faire partager d'histoire à leurs élèves, alors qu'ils nous font tous les jours partager, à nous parents, la fin de l'histoire d'une éducation nationale que vous rendez exangue.

Qu'il suffit de tuer les familles, je pèse mes mots, en envoyant vos sbires arracher les portes, arracher les affaires personnelles, arracher les êtres de leur travail, arracher les hommes de leur famille, arracher les mères de leurs enfants, ce que vous faites tous les jours, ici, en France.

Quand vous offrirez de la France un autre spectacle aux yeux de nos enfants.

Quand vous cesserez de nous mettre en deuil chaque matin de l'une des qualités d'accueil, de soin, de solidarité, d'éducation, de liberté, d'égalité, de fraternité... qui devraient être la nature, l'essence, la colonne vertébrale de notre pays.

Quand vous vous préoccuperez, aussi, de ce qui se passe dans une salle de classe lorsque les maîtresse malades ne sont pas remplacées, au collège lorsque les adultes si dévoués soient-ils à leur mission, n'y sont pas assez nombreux.

Quand vous proposerez à nos enfants la prise en considération de toutes les souffrances des humains à travers l'histoire, sans quantification, sans classification.

Quand vous nous aiderez véritablement à les construire dans le respect de l'autre sous les yeux d'une République exemplaire.

Quand vous tiendrez vos promesses de protéger tous les opprimés, toutes les femmes opprimées, tous les déshérités, tous les enfants déshérités...

Quand vous ferez véritablement preuve d'un courage révolutionnaire et visible en cessant les exactions, en ramenant vos chiens.

Quand vous serez capable de ne plus fabriquer visiblement et incessamment un pathos bien ciblé, d'héroïsme ou de pitié, c'est tout comme, pour dissimuler la déconstruction de l'humain et de l'espoir que vous vous acharnez à promouvoir.

Quand vous serez ce que vous n'êtes pas, quand vous ne serez plus ce que vous êtes.

Je cesserai d'être en deuil de mon pays idéal.

Je cesserai de ne pouvoir plus lire les journaux et de pleurer chaque jour à la découverte des nouveaux nuages.

Un grand mal est toujours suivi d'un grand bien.

La citoyenneté profondément humaine, sincère, dévouée, invisible, muette pour l'instant, s'amplifie chaque jour qui passe avec son lot d'expulsés amis, de justes condamnés, ...

La réponse à votre action est dans cette résistance contre laquelle vous ne pouvez strictement rien.

La pensée et le coeur sont irréductibles.

Ma fille se construit, comme bien d'autres enfants, par la grâce d'adultes conscients de leur devoir d'"êtres au monde" parmi d'autres "êtres au monde".

Ces enfants seront des adultes, nombreux et imperturbables, des lions, auxquels il incombera de développer à une échelle jamais vue les valeurs de beauté et de bonté de la vie, pêchées dans le meilleur de chacune de leurs origines, passées au tamis du métissage, cimentées entre elles par la liberté et l'empathie réunies.

Vous ne sauriez apprendre à mon enfant cela que je choisis de lui apprendre.

Son espoir et sa force sont entre les mains de son père et de sa mère.

Claire Malbos, le 14 février 2008

http://claire.aymes.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=140&Ite...
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dimanche, 17 février 2008

Ce que m'inspire l'actualité française vue du Burkina

C’est la faute aux salariés s’ils ne gagnent pas assez
Qu’ils travaillent plus pour gagner plus
De toute façon, les caisses sont vides

C’est la faute aux malades s’ils sont malades
Qu’ils s’acquittent des franchises médicales
Ils coûtent trop cher à la Sécu (qu’on va privatiser)

C’est la faute aux pauvres s’ils sont pauvres
Sans travailleurs pauvres, pas de fortunes possibles.
Pas de chance, il fallait naître à Neuilly

C’est la faute aux chômeurs s’ils sont sans travail
Ils sont fainéants et profitent du social
Il faut les remettre à n’importe quel travail !

C’est la faute aux vieux d’avoir vieilli
Ils sont une charge, mais votent bien
Faisons leur des promesses… ils n'y verront rien !

Récompenser les plus riches
Par un cadeau fiscal :
Ils n’avaient rien demandé, c’est normal

Mais limiter l’épargne populaire
4%, c’était inimaginablement trop
Le petit peuple ne saurait d’ailleurs qu’en faire

Promesse d’augmenter les petites retraites de 25%,
Ce sera 1,9%
Le reste attendra

Pour le pouvoir d’achat,
Ce sera moi à 170%... et plus, et plus, et plus !
Et moi tout seul, et mes copains !

Et malgré ça, je dois emprunter sa barque à Bolloré
Et son avion privé.
Il faudra encore réajuster

Expulser 25.000 étrangers par an,
une goutte d’eau dans l’océan,
-surtout les gens sans histoires,
qui vont à l’école et travaillent--
Il faudrait environ 30 ans pour finir ce travail…
qui coûte très très cher et ne sert à rien :

Il en revient d’autres par milliers !
Et nous en avons vraiment beaucoup besoin
Il y a même de longues listes pour ça!

Mais c’est très efficace pour faire haïr la France…
Et rafler toutes les voix du Front National !
Il n’y a absolument aucune autre raison.

Réinjecter un peu de religion
Comme le cynique Napoléon
Pour transférer en espérance
Ce que ne peuvent les finances !

Jacques Lacour

samedi, 19 janvier 2008

Juste une photo


piquée à "Plume de presse", un blog que j'aime bien:
http://olivierbonnet.canalblog.com/

Notre président n'a jamais aimé les grèves,
et depuis longtemps!


dimanche, 25 novembre 2007

Juste pour rire...ou pleurer!


"Vous avez vu que Nicolas Sarkozy a augmenté de 140% Sarkozy Nicolas ? (...)

Quand il avait dit qu'il allait se battre pour améliorer le pouvoir d'achat,
on n'a pas compris qu'il parlait du sien !
"

Anne Roumanoff


mercredi, 14 novembre 2007

"Non, non, non rien n’a changé"

« Non, non, non rien n’a changé
Tout, tout, tout a continué ! »

Les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent…
Mais là encore, les peuples africains sont trompés
« dans les grandes largeurs » !
Le « démocrateur » Bongo qui, après 40 ans de pouvoir,
a accumulé une fortune personnelle colossale et ruiné son pays,
reste l’ami de Sarkozy…

Son pays très riche en matières premières
n’a même pas un service de soins réellement fonctionnel !
Que vont devenir les peuples africains
avec une telle convergence d’intérêts mafieux
couverts et bénis par la franc maçonnerie !



samedi, 13 octobre 2007

Réaction au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar


Réaction au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar

Et voilà le président Nicolas Sarkozy qui vient donner la leçon aux étudiants... Il parle de Dakar, ex-capitale de l’AOF, comme les gouverneurs d’autrefois...

"L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur". Est-ce pour minimiser, celle, ignoble, de ceux qui ont fait l’esclavage, la colonisation, la néo-colonisation et qui continuent l’exploitation du continent (comme continuent de le faire "ses amis") ?

"L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur". Est-ce pour nier que la misère - celle des hommes et celle des peuples - est instaurée et entretenue par un système économique et politique profondément injuste dont il tient aujourd’hui les commandes et tire les profits ?

"L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur". Est-ce pour enfoncer encore un peu plus cette humiliation où l’on fait croire à celui qui est en situation d’échec que c’est de sa faute ?

Pour guérir une famille du malheur et de la misère, l’abbé Pierre nous disait qu’il faut 3 générations. Combien en faudra-t-il à des peuples humiliés pour qu’ils se réapproprient leur histoire, puissent se débarrasser des "démocratures" qui les étouffent, et des élites modelées par le colon et ses perversités ? Et réapprendre à vivre malgré le poids écrasant et aliénant du commerce international d’aujourd’hui qui n’a de "valeurs" que le profit et d’"objectifs" que la marchandisation de la planète.

Pour guérir tous les malheurs et les séquelles de la colonisation - et de la néo colonisation en cours - qu’il refuse d’assumer dans une longue litanie, il faudrait réellement "la main tendue de l’amitié", une main qui cesse de "prendre" et d’"accaparer", une main tendue "désarmée", un esprit ouvert qui soit capable de voir et d’accompagner l’immense travail actuel des paysans d’aujourd’hui qui ne refusent pas de cultiver d’autres cultures, d’accueillir d’autres techniques, de vivre à d’autres rythmes, si toutefois le fruit de leur travail n’est pas spolié. Et qui veulent non pas seulement l’autosuffisance alimentaire, mais la "souveraineté alimentaire".

Vivre en harmonie avec l’univers à la manière africaine nous ferait-il rester dans l’éternel présent ? Mais dominer l’univers à la manière du Blanc jusqu’à le piller et le détruire, quel avenir cela nous prépare-t-il ?

Que faut-il choisir ?

A quoi sert-il de "comprendre" si l’on n’a pas de convictions, si l’on ne croit à rien, et que se perd la boussole du sens ?

A quoi sert-il de "raisonner" si l’on est incapable d’aimer et de partager ?

A quoi sert-il d’"être en conquête", si l’on ne peut plus connaître la vraie paix ?

A quoi sert-il de gagner le monde si l’on y perd sa vie ?

L’unité de l’Afrique ? Tout a été fait pour l’empêcher et le tracé des frontières n’a été imaginé que par les colons !

La réalité de l’Afrique ? C’est un continent asservi par des intérêts économiques autres que les siens, des politiques imposées de l’extérieur et vouées à l’échec, une aide qui va rarement là où il faut, des élites trop corrompues héritées du modèle colonial et aujourd’hui à l’image du modèle ultralibéral.

La jeunesse africaine vit en phase avec le monde. Elle a envie d’apprendre, d’agir, d’aimer, de construire... de vivre décemment.

Mais la simple décision des jeunes n’y suffira pas et nous savons pourquoi.

Et "ce que la France veut faire avec l’Afrique", si ce ne sont que des mots (comme bien souvent), cela n’y suffira pas non plus !

Père Jacques LACOUR (jacqueslacourbf@yahoo.fr)

(publié le mardi 4 sept 07 dans la chronique "Droit dans les yeux du quotidien "le pays")



jeudi, 27 septembre 2007

Nicolas SARKOZY m'a écrit, je lui réponds


Bien cher Nicolas,

Je suis évidemment assez époustouflé que tu aies pu m’adresser une lettre comme candidat à la présidentielle ; en effet, il y a quelques mois, je t’avais écrit – une lettre ouverte, il est vrai – mais tu n’y avais pas répondu.

Puisque tu m’interpelles dans une lettre personnelle, il faut bien que je te réponde pour t’expliquer pourquoi il me sera absolument impossible de voter pour toi !

Concernant l’immigration d’abord, question qui nécessite une réflexion plus grande que l’agitation fébrile que tu manifestes… Tes prises de position, tes déclarations et ton zèle policier risquent seulement de faire haïr un peu plus la France ; et je suis bien obligé ici, pour éviter le naufrage, de dissocier la France, celle que le monde aimait, de ses dirigeants qui bafouent ses traditions de compassion, d’accueil et d’ouverture … Arrêter les sans papiers à la sortie des écoles ou des restaurants du cœur, quelle noblesse ! D’ailleurs tes policiers n’en sont pas fiers et prédisent l’explosion des banlieues le 6 mai à 20h si par malheur tu venais à être élu.

A ce propos, je te considère directement responsable de l’assassinat de Elanchelvan Rajendram que tu as renvoyé au Sri Lanka et qui y a été assassiné par l’armée sous les yeux de sa femme… et de tous les autres qui sont en prison, torturés ou assassinés parce que tu les as renvoyés chez eux dans des conditions épouvantables… J’ai l’impression que tu ne comprends pas grand’chose aux détresses du monde, aux malheurs des peuples que frappent la guerre, la famine ou la dictature ! Peut-être n’as-tu pas assez voyagé ?

Mais pourquoi donc tous ces pauvres assiègent-ils notre bastion de richesse ? Comme moi, tu appartiens à une génération où l’on a appris à haïr les murs construits par les dictatures, et tout particulièrement ceux qui ont maintenu dans l’enfermement tant de pays qui ont rejoint aujourd’hui notre maison commune de l’Europe. Alors pourquoi veux-tu en construire de nouveaux, à l’image de ce qui se fait entre les Etats-Unis et le Mexique ?

Aux Français partis aux quatre coins du monde, tu veux, dis-tu, donner l’envie de revenir… Aux quatre coins du monde présents en France, tu veux donner l’envie de partir (et tu y travailles activement)… Quelle ouverture, quelle magnanimité ! Vivent le métissage, les rencontres, les voyages, les échanges… sauf pour toi ! Chacun chez soi, n’est-ce pas ?

Dans ta lettre, tu me parles de ma sécurité… Tu fais réellement une fixation ! Un peu paranoïaque. Rassures-toi, nous essayons d’être prudents…

Je crois bien que si insécurité il y a, elle ne tient, ici comme en France, qu’à l’immense décalage entre les riches et les pauvres et ce décalage ne pourra durer toujours surtout maintenant que les images inondent la planète.

D’ailleurs je m’approche assez peu de nos consulats, trop souvent lieu d’attente interminable et d’humiliation pour les populations avec qui je vis … (Il faut dire que je n'y suis pas beaucoup invité!)

Si tu te trouvais du côté de la majorité des pauvres de notre planète, alors, sûr, j’allais voter pour toi, mais ça ne semble pas être le cas !

Tu es beaucoup trop l’homme des riches et des puissants, des multinationales gangrenées par la corruption, du mirage américain qui consacre l’avènement de quelques fortunes sur le destin malheureux de millions de travailleurs pauvres. (Travaillez plus, travaillez plus… sinon les riches ne pourront pas s’enrichir)

Tu veux bâtir un Etat policier, cette « France d’après », dont nous avons tous vu la photo sur le net (si…si… ça vient jusque Koudougou !). Je n’en veux pas.

Ton ambition personnelle maladive et ta soif de pouvoir me font peur !

« Nicolas est gentil, mais peut être brutal dans son expression… », dit Simone Veil et, pour certains sujets, elle dit même ne plus te comprendre !

Ta politique économique, c’est beaucoup de cadeaux aux plus riches… baisse des impôts (je ne suis pas concerné, trop pauvre pour en payer), droits de succession (je ne suis pas concerné. Une vie de travail transmise à une famille nombreuse n’est déjà pas taxable) et il en va de même pour tant d’autres mesures !

Tu parles de la mondialisation des échanges et de l’économie… Cet immense système néo-libéral que tu as mis en place depuis des années au seul profit des multinationales et des actionnaires et aux dépends des salariés et des Etats qui ne peuvent plus jouer le rôle moteur de la solidarité… Ce système qui marginalise des centaines de millions de pauvres dont tu ne sais plus que faire sinon construire des murs pour t’en défendre… Ce système dont tu nous dis qu’il n’en est pas d’autre… Ce système, je ne l’approuve pas !

Un jeune qui a fait une « c… » n’est pas une racaille et nul n’a le droit de l’enfermer dans un échec. (Mais les récidivistes que la police met en place comme indicateurs, oui, ceux là, tu peux les reprendre). Et le karcher, s’il sert à ravaler les façades en douceur, n’a jamais guéri les pierres de leurs maladies !

L’intérêt de la France et des Français te préoccupait bien peu quand tu as décrété que le nuage radioactif de Tchernobyl avait été stoppé par nos douaniers… La transparence ne t’étouffe pas quand tu oublies indéfiniment de publier ton patrimoine… Et que dire de tes revirements sur GDF ?

Mais ce qui m’a le plus blessé dans tes propos, c’est quand tu as dit que la France n’a pas besoin de l’Afrique… Quel mépris, quelle négation de l’histoire, quel reniement, quel mensonge. Ne sais-tu pas que notre minerai de fer vient de Mauritanie, notre cacao de Côte d’Ivoire, notre pétrole du Gabon (l’affaire Elf, ça te dit rien ?), notre uranium du Niger, et tant d’autres choses… du bois précieux aux diamants… et que les tiens y soutiennent des dictatures qui arrangent nos affairistes et nos entrepreneurs…

L’Afrique a besoin de la France
La France a besoin de l’Afrique
L’Europe a besoin de l’Afrique
L’Afrique a besoin de l’Europe
Nous avons besoin les uns des autres
(Apprends cela par cœur comme une table de multiplication à défaut d’y croire ; tu verras, ça te sera utile un jour.)

Tu me veux « sentinelle » de la France, de ta France policière.
Non, je ne suis pas assez militaire pour cela. Quel vocabulaire guerrier et stupide.
Je ne veux pas être ici le visage de cette France que tu prétends incarner et dont j’ai honte.

Ici, dans ce Burkina qui m’a accueilli pour la première fois il y a 35 ans, j’essaie d’être un veilleur, un éveilleur.

Et quand j’y dis que je suis Français, c’est de cette France des Droits de l’Homme que je veux témoigner, cette France généreuse et solidaire, européenne, celle qui pourra entraîner le monde vers le haut, ensemble, car toute l’humanité est liée aujourd’hui en un seul destin et ce n’est que tous ensemble que nous pourrons relever les défis de notre époque.

Non, Nicolas, je ne voterai pas pour toi

Avec mes plus profonds regrets

Jacques



mardi, 3 avril 2007

Non, Monsieur Sarkozy, pas l'euthanasie...

Voici une lettre de Marie de Hennezel reçue ce 21 février qu'on me demande de diffuser et dont je partage bien les idées:

Cher Nicolas Sarkozy,

En tant que chargée de mission auprès de Xavier Bertrand pour la diffusion de la culture palliative en France, je me permets de réagir à la déclaration que vous avez faite dimanche dernier en faveur d'une éventuelle loi sur l'euthanasie.

Que vous affirmiez "que l'on ne peut pas rester les bras ballants devant la souffrance d'un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine, tout simplement parce qu'il n'en peut plus", cela vous honore.

Mais que vous sembliez ignorer les progrès immenses qui ont été faits sur le plan médical et sur le plan légal, pour qu'aucune souffrance en fin de vie ne reste sans réponse, cela me semble incompréhensible.

Aujourd'hui, avec la loi Léonetti, toute personne qui veut mourir parce qu'elle n'en peut plus, doit être entendue et soulagée. On peut arrêter les traitements qui prolongent, on peut soulager même si ce soulagement écourte la vie, on peut endormir doucement quelqu'un dont la souffrance morale est trop vive. Voilà ce que sont les bonnes pratiques en fin de vie aujourd'hui.

Mais vous semblez l'ignorer. Vous faites croire aux Français que la seule manière de respecter le désir d'une personne qui n'en peut plus, c'est de lui donner la mort. Le mot "euthanasie" est un mot dangereux. Vous ne devriez pas l'utiliser pour désigner votre souci de prendre en compte la souffrance de ceux qui sont en fin de vie. Quel message faites vous passer à tous ceux qui souffrent parce qu'ils sont handicapés ou gravement malades? "Oui, demandez la mort, c'est tout ce que nous pouvons faire pour vous!"

Je vous écris au nom de tous ceux qui depuis des années se battent pour qu'on améliore les conditions du mourir dans notre pays. La loi Léonetti est une bonne loi, mais elle n'est pas encore appliquée partout. Quoiqu'en disent ses adversaires, elle peut résoudre toutes les situations dramatiques en fin de vie, mais cela demande de la compétence, de l'écoute et un engagement solidaire.

Ce que la loi ne résoud pas, c'est la situation de ceux qui ne sont pas en fin de vie et veulent qu'on les aide à se suicider. Avez-vous pensé aux conséquences d'une loi qui autoriserait les médecins à donner la mort? Que fera t'on lorsque les personnes handicapées, très âgées, ou gravement déprimées demanderont massivement la mort, parce qu'elles auront compris que notre société n'a pas d'autre réponse à leur offrir?

Votre déclaration de dimanche dernier nous fait faire un bond de plusieurs mois en arrière. Elle ne représente en aucun cas une avançée.

Si vous voulez vraiment vous engager aux côtés de ceux qui souffrent, pourquoi ne prendriez vous pas l'engagement de faire appliquer les lois qui existent? Pourquoi ne pas prendre l'engagement :

1°) de rendre obligatoire la formation aux soins palliatifs pour tous les médecins et infirmières de notre pays, afin que d'ici cinq ans il n'y ait pas un endroit en France où l'on meure sans recevoir les soins compétents.

2°) de financer le congé d'accompagnement prévu dans la loi du 9 juin 99 afin que toutes les familles puissent accompagner un des leurs gravement malade ou mourant. Vous savez que si certaines personnes n'en peuvent plus, c'est qu'elles sentent qu'elles sont devenues un poids pour les leurs. Elles veulent les soulager en mourant. Devons nous aller dans leur sens?

Ces deux mesures, qui sont dans le rapport que j'avais remis en 2003 à Jean-François mattéi, changeraient radicalement la manière de répondre aux souffrances de nos compatriotes en fin de vie. Aucun ministre jusqu'à maintenant n'a eu le courage de les prendre.

Marie de Hennezel
chargée de mission



mercredi, 21 février 2007

mardi 2 septembre 2008

Un poème qui vous fera bien rire

.

ET VOICI UNE PAGE D’HUMOUR

Avec un chant pour Nicolas Sarkozy,

Ecrit par « Zêdess », un chanteur Burkinabè

Publié par le Quotidien Le Pays…


Il s’appelle Nicolas Sarkozy
Il a inventé l’immigration choisie
C’est l’histoire d’un fils d’Hongrois
Qui veut se faire couronner chez les Gaulois

Finie l’époque du négro musclé-belles-dents
Aujourd’hui, il veut du noir diplômé intelligent
C’est ça le critère du nouveau négrier
Qui a le culot d’aller en Afrique pour l’expliquer

Il s’appelle Nicolas Sarkozy
Il dit si t’aimes pas la France quitte la
Il dit aussi qu’il n’a rien contre les Africains
Seulement la France n’a plus assez de pain

Il s’appelle Nicolas Sarkozy
Descendant d’un immigré subi
Mais qui se vante d’être le roi du charter
Depuis qu’il est à l’intérieur du ministère

Il dit qu’il aime les Africains chez eux
Ils font trop d’enfants qui foutent le feu
Au kärcher ou par charter il nettoie la France
Attention la racaille, 2007 la edélivrance

C’est l’histoire de Nicolas Sarkozy
Descendant d’un immigré subi
Mais qui croit qu’il a un grand destin
Et que la France heureuse, c’est zéro clandestin

Il dit qu’il n’a rien contre les Africains
Mais c’est plus facile avec les roumains
En plus ils n’ont qu’une seule femme
Pendant que les noirs sont polygames

Il s’appelle Nicolas Sarkozy
Il a inventé l’immigration choisie
C’est l’histoire d’un fils d’Hongrois
Qui veut se faire couronner chez les Gaulois.


.

Ils arriveront quand même.. (Emigration... 6 avril 2006)

abcburkina 180

A Monsieur Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur,
A Messieurs les ministres de l'intérieur de l'Union Européenne,

Ils arriveront quand même...

L'une de vos préoccupations aujourd'hui semble être d'endiguer le flux ininterrompu des réfugiés économiques qui assiègent les frontières de l'Union Européenne, réfugiés qui, pour beaucoup, viennent d'Afrique noire.

Nous savions depuis longtemps que la pression était forte et des milliers de cadavres balisent déjà les routes du désert quand les vieux camions rendent l'âme, le détroit de Gibraltar quand coulent les frêles embarcations, ou les autoroutes d'Europe quand on oublie d'aérer citernes ou conteneurs où ils voyagent.

Qu'une route se ferme, une autre s'ouvre... et il va en être ainsi pour longtemps !

Vous pouvez bien affréter ces humiliants charters de « retour au pays » qui blessent profondément l'âme hospitalière africaine, elle qui garde mémoire d'avoir été convoquée pour défendre la mère patrie,
vous pouvez bien mettre une troisième rangée de grillage à Ceuta et Mellilla (Que faisons-nous encore là-bas ?) ou faire disparaître le camp de Sangate,
vous pouvez bien organiser des reconduites aux frontières sous les feux des caméras de télévision,
cela rassurera peut-être vos opinions publiques mal informées, mais cela n'arrêtera pas l'arrivée des réfugiés économiques.

Ils arriveront quand même parce que les gouvernements français et européens n'ont jamais vraiment souhaité que les paysans d'Afrique de l'Ouest (80% de la population) puissent vivre du travail de leur terre. Vous refusez d'acheter leurs produits à un prix rémunérateur qui leur donne la possibilité de rester chez eux. Vous refusez d'investir dans l'agriculture familiale qui seule peut fixer les populations chez elles. Vous avez toujours préféré distribuer de l'aide déstructurante quand il est trop tard et que les plus faibles sont déjà morts. Vous préférez apporter une aide tardive avec vos stocks d'invendus transportés à grands frais, plutôt que de créer un environnement qui permette aux paysans africains de développer leurs propres productions et leurs propres stocks. Vous déstabilisez leurs marchés avec les faux prix du pseudo marché mondial, que vous bricolez à votre guise (par des subventions ou du dumping). Et vous annoncez à tous cette nouvelle soit-disant vérité:

commerce ultra-libéral = développement

alors que nous voyons chaque jour que cette recette ne fait qu'enrichir les riches et appauvrir les pauvres...

Ils arriveront quand même parce que vos collègues chargés du développement l'ont trop souvent réduit à des aides budgétaires ou à des prêts ponctuels favorisant des régimes corrompus à la tête d'Etats où règnent le non-droit, la corruption et le racket permanent des plus faibles. Peu de chances alors de voir les plus jeunes se motiver dans un tel environnement. Ils veulent venir en Europe, et ils viendront.

Ils arriveront quand même parce que, quittant la campagne, ces jeunes ne trouvent dans les villes sous-équipées ni travail, ni considération, ni perspectives d'avenir. Les quelques emplois qui existent sont déjà aux mains d'une minorité qui se les réserve. Restent les seuls chemins de l'aventure que "TV5 monde" fait briller à leurs yeux. Ils rêvent de l'Europe.

Ils arriveront quand même parce que finalement vous en avez besoin

dans l'agriculture (légumes, fruits et primeurs) parce que la grande distribution, en écrasant les prix, ne permet pas de salarier normalement ceux qui produisent et récoltent,

dans le bâtiment, parce que les contrats de sous-traitance de nos grands groupes BTP, s'ils favorisent la création d'importants bénéfices, ne permettent pas non plus de rémunérer normalement la main-d'oeuvre de ce secteur,

et parce qu'il faudra bien remplacer l'importante génération du « baby-boom » qui commence à prendre sa retraite.

Quand la communauté européenne prendra conscience que le monde a besoin de toutes les agricultures du monde,
quand la communauté européenne décidera qu'il est juste et bon que l'Afrique protège ses filières de productions naissantes (agricoles et autres) pour parvenir à la souveraineté alimentaire,
quand la communauté européenne ouvrira vraiment ses marchés aux productions de l'Afrique sub-saharienne pour qu'elle devienne enfin solvable,
quand la communauté européenne renoncera à imposer ses Accords de Partenariat Economique (APE, qui sont en fait des accords de libre-échange) qui vont ruiner ce qu'il reste encore de production locale et appauvrir un peu plus les Etats africains,
quand la communauté européenne cessera de soutenir les " démocratures " africaines,

alors, Monsieur le ministre, Messieurs les ministres, alors seulement, peut-être, la pression sera moins forte à vos frontières.

Bon courage!

Jacques LACOUR,
Koudougou, le 6 avril 2006