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jeudi 25 septembre 2008

deux frères ?

Je trouve cette photo sur le net...
Des enfants dans mon bureau m'ont demandé de chercher
des photos d'oiseaux, des photos de maison, puis des photos du président
Je n'ai pas résisté à télécharger celle-ci,
qui me rappelle tant de souvenirs,
le souvenir de Thomas Sankara (bientôt 21 ans de l'assassinat)
mais aussi toute l'histoire récente de ce pays:

jeudi 4 septembre 2008

Ainsi passa le 4 août… 25 ans après. Anniversaire de la révolution burkinabè !


Ainsi passa le 4 août… 25 ans après.
Anniversaire de la révolution burkinabè !

Faut il avoir été là pour faire mémoire, pour se rappeler ?
Forcément, ce jour là, je me suis précipité sur les 3 quotidiens burkinabè.

Celui que la révolution a brûlé, l'Observateur paalga
Celui-là en a fait sa Une.

Celui qui pense librement, le Pays
Celui là avait un titre en Une

Celui qui court pour le pouvoir, Sidwaya
Celui là n’avait pas une ligne en sa Une !

Alors là, c’est trop fort
Qu’on ait aimé ou haï la révolution,
C’est absolument incompréhensible de vouloir la gommer de notre histoire
C’est nier une part de notre être et de notre pays
C’est nier 4 années – si douloureuses soient elles –
où les regards du monde étaient tournés vers nous.

Cette année là, le 4 août 1983, j’étais en retraite à Koumi,
Non jamais, je n’oublierai. Non, jamais.

(En France, j’ai entendu des gens parler de la « gueuse » en parlant de la révolution de 89 parce qu’ils la haïssaient et la combattaient. Mais ils en parlaient.
Refuser et nier, refuser d’en parler, c’est la pire des attitudes : le refoulement n’engendre que des fruits de violence.)

Jacques Lacour


mardi, 12 août 2008

mercredi 3 septembre 2008

Une occasion manquée de réconciliation


Message de la Commission Justice et Paix du Burkina
à l'occasion du 15 octobre

15 octobre 2007 : la Réconciliation Nationale était à portée de main.

1. Le 15 octobre 2007, le peuple burkinabé a été amené à vivre dans la division deux évènements qu’on aurait pu commémorer séparément au nom de la recherche de la réconciliation nationale et de l’unité du Burkina Faso conformément aux attentes de la journée nationale du pardon qui a été célébrée le 30 mars 2001.

2. Pendant que certains commémoraient le 20ème anniversaire de la disparition du président Thomas SANKARA, d’autres commémoraient les 20 ans de renaissance démocratique avec le président Blaise COMPAORE. Pour un peuple qui a vu en Blaise et Thomas, l’image d’un couple d’amis et de frères, il est tout simplement insupportable et à la limite cruel de lui demander de s’aligner derrière l’un ou l’autre en cette date douloureuse du 15 octobre.

3. Depuis 20 ans, le peuple Burkinabé a coutume de vivre le 15 octobre dans le recueillement, la méditation et la prière, pour qu’à jamais ce qui s’est passé ce jour là ne se répète plus jamais. Cette année, plus d’un burkinabé a été surpris d’apprendre que le parti au pouvoir et ceux de la mouvance présidentielle ont décidé de commémorer en ce 15 0ctobre 2007, la renaissance démocratique. S’il est vrai que chacun en fonction de ses intérêts particuliers et politiques peut interpréter la date historique du 15 octobre à sa façon, au stade actuel de la marche du Burkina Faso, c’est l’intérêt général, la recherche de la réconciliation et de l’unité nationales qui devraient guider le parti au pouvoir et plus particulièrement le Président Blaise COMPAORE. En effet, après tous les événements douloureux (les crimes de sang) dont le peuple Burkinabé a souffert pendant la période d’exception et même sous le régime démocratique, il serait trop facile en ces moments où toutes les parties ne sont pas présentes, de culpabiliser certains responsables et de disculper d’autres.

4. Lorsque l’on sait qu’après le 15 octobre 1987, c’est par la volonté et sous la conduite du président Blaise COMPAORE que le Burkina Faso a renoué avec la démocratie par l’organisation du référendum le 2 juin 1991, il était tout a fait indiqué de commémorer à cette date ou à celle du 11 juin, les 20 ans de renaissance démocratique avec le Président Blaise COMPAORE. Car, cette date a l’avantage de capitaliser en elle :

- la volonté politique et démocratique d’un homme : Blaise COMPAORE ;

- la volonté du peuple Burkinabé tout entier pour avoir voté « oui » à la constitution ;

- la valeur historique de la date qui est celle du referendum constitutionnel après une longue période de régimes d’exception ;

- la valeur juridique et constitutionnelle et enfin ;

- la valeur d’un homme avec ses forces et ses faiblesses : Blaise COMPAORE.

Cette date du 2 juin aurait été retenue pour la commémoration de la renaissance démocratique, c’est à l’unisson que le peuple Burkinabé tout entier, comme un seul homme, se serait mobilisé derrière Blaise COMPAORE pour célébrer le retour à la démocratie comme une fête nationale qui réunit et réconcilie tous les burkinabé quels que soient leur bord politique.

5. Commémorer la renaissance démocratique le 15 octobre pourrait s’analyser comme une légitimation des coups d’états comme des moyens acceptables pour accéder au pouvoir. En outre, dans le cas particulier du Burkina et au regard des pertes en vies humaines qui ont été enregistrées ce jour, il est sage et souhaitable qu’à l’avenir on respecte la mémoire des victimes et la douleur de leurs familles. Par ailleurs, cela pourrait s’analyser également comme une banalisation de la vie humaine, un comportement qui commence à devenir très inquiétant au Burkina Faso.

6. Indescriptible et immense aurait été la joie du peuple Burkinabé, si le président Blaise COMPAORE et son gouvernement avaient été accueillir Mariam SANKARA, la veuve du Président Thomas SANKARA son ami et frère, à l’aéroport international de Ouagadougou le jour de son arrivée. Dans le silence de leur cœur, la majorité du peuple burkinabé espère et attend ce jour. Il viendra. Tôt ou tard, il viendra. Il viendra ce jour où la réconciliation entre les familles COMPAORE et SANKARA scellera la réconciliation et l’unité du peuple burkinabé. Toutefois, cela nécessite de part et d’autre un temps de préparation, de dialogue et la réunion de plusieurs conditions dont : l’humilité et la vérité. Dans cette perspective on attend beaucoup du président du Faso, le président de tous les burkinabé, le garant de l’intérêt général et du Bien commun..

7.La paix au Burkina a besoin d’être traduite à travers les actes quotidiens de chaque burkinabé et non à travers des discours et des forum. Beaucoup de gens au Burkina Faso parlent tout le temps de paix alors que les actes qu’ils posent quotidiennement sont contraires à la paix. La paix n’est rien d’autre que le fruit de la justice et du respect des droits humains. Il est donc important et urgent que tous les burkinabé, à quelques postes de responsabilités où ils se trouvent développent en eux les vertus de la vérité, de la justice et de l’honnêteté en vue de bâtir notre paix sur du roc et non sur du sable. Car la paix collective et sociale est la somme des paix individuelles. Le Burkina Faso a besoin de tous ses fils et filles pour son développement harmonieux. Et personne ne saurait en être exclu.

Dieu sauve le Burkina.

Le Secrétaire National.



mercredi, 24 octobre 2007

A l'approche du 20° anniversaire de son assassinat

Sankara plus connu et apprécié à l’extérieur qu’au Faso



Oui, pourquoi Sankara est-il plus aimé à l’extérieur qu’à l’intérieur ?

Quatre années de révolution, de régime d’exception… et le rayonnement de son action a fait le tour de l’Afrique, le tour du monde.

Il est de ceux qui ont voulu rendre à l’Afrique et à ce pays sa dignité, sa liberté, sa fierté et son indépendance. Ses armes furent :
- la demande d’annulation de la dette,
- la prise en charge du développement des peuples par eux-mêmes,
- la mise en valeur des productions locales, seules capables de créer un marché intérieur solvable,
- la suppression de l’impôt perçu souvent de façon injuste en contrepartie de la contribution directe aux projets d’intérêt local,
- la relativisation des pouvoirs coutumiers abusifs,
- la lutte contre la corruption,
- la volonté de donner à la femme sa juste place,
- la mise au travail des fonctionnaires…

Voilà quelques motifs (mais il y en aurait bien d’autres) qui font de Sankara une figure audacieuse et fascinante.

Mais au quotidien, son régime s’est aliéné le peuple qu’il voulait persuader et conquérir :

- La "voyoucratie" des CDR (était-il nécessaire de frapper des gens ou d’abuser des filles ?)
- Le racket sur les loyers (Que sont devenues les sommes colossales ainsi collectées ?)
- Le non-respect des rythmes paysans (le temps des semailles ne convient pas pour construire les cités…)
- Les assassinats des soi- disant insurgés ou putschistes (ce fut un tournant !)
- Les contrôles routiers abusifs (14 arrêts entre Ouaga et Kaya, au pire de ce temps !)
- La "force" plus que la conviction
- L’idéologie extrémiste des Bamouni et Compagnie…

A la fin, les gens étaient "fatigués" du régime, même si beaucoup avaient conscience de la droiture de Sankara lui-même.

Quand il fut assassiné, un "ouf " de soulagement se mêlait à un regret de chantiers non terminés et qui furent abandonnés par le régime suivant :

- L’autorité abusive des chefs coutumiers sur les terres et sur les filles fut (et c’est grave) restaurée !
- L’unification des poids et mesures fut abandonnée au profit des commerçants véreux
- La lutte contre la mendicité des enfants ne fut plus à l’ordre du jour, et reste une honte !
- La lutte contre la corruption tombe dans les oubliettes, et devient même une arme du régime ; on dit même que la corruption est « une vague montante » dans notre société.
- Les fonctionnaires ont à nouveau perdu le sens de l’heure et de l’assiduité au travail.

Pendant 20 ans, tout a été fait au pays pour oublier ce temps qui a fait naître tant d’espérances en Afrique et chez les peuples opprimés dans le monde.

Depuis 20 ans, tout est fait pour éliminer toute trace de la révolution et de son fondateur qui ont fait si peur aux puissances néo coloniales et aux ordres établis.

Depuis 20 ans, tout est fait pour restaurer un ordre injuste qu’il a voulu combattre : trop d’asservissement, trop de pauvreté, trop de corruption, trop de passivité, trop de dépendance…

Voilà pourquoi sans doute, Sankara est plus apprécié au dehors qu’au-dedans !

Mais ceci n’est qu’une toute petite contribution par quelqu’un qui a vécu ce temps de la révolution dans le Burkina profond…

Puisse chacun apporter sa pierre au bilan de cette période qui appartient à notre histoire et que l’on n’a pas le droit d’effacer !

Père Jacques Lacour
jacqueslacourbf@yahoo.fr
(publié par le journal Le Pays dans la rubrique Droit dans les yeux)





jeudi, 27 septembre 2007 -