Affichage des articles dont le libellé est vie chère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vie chère. Afficher tous les articles

jeudi 4 septembre 2008

Les révoltes de la faim

Les révoltes de la faim, conséquences naturelles de la mondialisation

Par A. Bernier

Dès le XVIIIe et le début du XIXe siècle, les économistes Adam Smith et David Ricardo avaient décrit un phénomène d'une logique imparable : la baisse du prix des denrées alimentaires permet d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés sans avoir à augmenter leurs salaires. Par voie de conséquence, cette baisse est vivement souhaitable pour les propriétaires des grands moyens de production. Règle numéro un du parfait libéral : la nourriture doit être bon marché.

Dans ses travaux, le même Ricardo élabore la théorie des avantages comparatifs, qui conclut à l'intérêt qu'aurait chaque pays à se spécialiser dans les types de production pour lesquels il se montre le plus performant. Peu importe que cette spécialisation rende dépendants d'autres pays producteurs, le libre-échange permet aux marchandises de circuler et aux peuples de satisfaire leurs besoins. Règle numéro deux : il faut renoncer à la souveraineté alimentaire et industrielle pour se convertir au libre-échange.

La stratégie de mondialisation permise par le développement fulgurant des réseaux de transport et de communication n'est jamais que la mise en œuvre à marche forcée de ces principes par les puissances économiques. Tous les moyens auront été bons pour y parvenir. Le GATT puis l'OMC i propageront le libre-échange un peu partout sur la planète, y compris dans le domaine agricole. Lorsque les négociations patinent à l'OMC, comme c'est le cas depuis quelques années, des accords régionaux ou bilatéraux prennent le relais et appliquent les mêmes recettes. Sans oublier les Plans d'ajustement structurels imposés aux pays emprunteurs du Fonds monétaire international (FMI), qui déclinent encore la doctrine néolibérale. En bout de course, les vrais bénéficiaires de ce libre-échangisme débridé sont les grandes entreprises, qui peuvent profiter des conditions sociales, fiscales et environnementales les plus avantageuses et niveler par le bas les législations grâce à l'argument massue de la concurrence internationale.

De plus, la financiarisation croissante de l'économie démultiplie les conséquences de cette réorganisation. Le pouvoir exorbitant des marchés généralise la spéculation, y compris sur les produits alimentaires. Le « marché mondial » fixe les prix, fonction de l'offre et de la demande... mais aussi (et de plus en plus) des perspectives de rendement financier. Pour s'en convaincre, on peut admirer la transparence de la banque belge KBC qui, pendant les révoltes de la faim, vante les performances d'un produit financier investi dans les matières premières agricoles ii.

Ainsi, on comprend mieux comment cette mondialisation qu'on nous prédisait heureuse a pu conduire à la situation de pénurie alimentaire vécue en ce moment même par de nombreux pays. Spéculation provoquant une hausse brutale des prix, répartition totalement inéquitable des richesses, dépendance des pays du Sud vis-à-vis du Nord... Voilà les ingrédients de la crise. On peut bien sûr ajouter un choix technologique désastreux comme celui des agro-carburants, qui confirme l'hérésie du système économique mondial en détruisant des aliments pour produire de l'énergie.

Face à la révolte de populations qui ne parviennent plus à payer leur nourriture, les institutions sont dans l'embarras. Elles accusent la hausse de la population, la croissance de la Chine et de l'Inde ou le changement climatique, et préconisent d'augmenter l'aide alimentaire. Les plus téméraires reconnaissent tout juste des effets pervers dans la stratégie internationale et se souviennent que les subventions des pays riches à leur agriculture provoquent un dumping terrible dont sont victimes les pays en développement. Egale à elle-même, la Banque mondiale s'oppose à l'arrêt des exportations de produits alimentaires par les Etats les plus touchés par la famine au motif... que cette mesure provoquerait une nouvelle augmentation des cours sur les marchés ! En d'autres termes, pour sortir de la crise, laissons mourir les pauvres.

On applaudira enfin la commissaire européenne à l'agriculture, Mme Mariann Fischer Boel, qui estime que les prix élevés sont « une bonne chose pour les producteurs »iii et qu'un développement plus rapide des organismes génétiquement modifiés (OGM) limiterait la crise. Toutes les démonstrations ont pourtant été faites et maintes fois répétées pour tordre le cou à ce dernier argument. Protégés par brevets et conçus pour une agriculture intensive basée sur la chimie, les OGM sont un désastre de plus pour les pays en développement. Environ 80 % des surfaces cultivées dans le monde avec ces variétés sont d'ailleurs destinées à la nourriture du bétail consommé dans les pays riches. Et, à supposer que certains OGM apportent une amélioration en termes de rendement (ce qui reste à prouver), les faits démontrent que les causes de la malnutrition sont bien politiques, et qu'augmenter la production ne modifiera en rien la situation.

Une diversion aussi ridicule n'a visiblement qu'un objectif : celui d'occuper le terrain médiatique. Car, pour les tenants de l'ordre économique international, le risque que les citoyens tirent les véritables conclusions de cette situation est grand. Et ces conclusions sont sans appel. Le libre-échange est un désastre au Sud comme au Nord. Reconstruire la souveraineté alimentaire et industrielle des Etats est la seule voie possible pour sortir d'une logique de concurrence et s'engager dans une logique de coopération et de solidarité. Pour cela, il faut fermer la bourse, contrôler les importations et les investissements, taxer les profits... bref, remettre l'économie sous contrôle politique. Si elle était analysée pour ce qu'elle est, cette crise alimentaire devrait signifier la mort clinique de l'idéologie néolibérale.

Aurélien BERNIER
http://abernier.vefblog.net

i GATT : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, signé le 30 octobre 1947 pour harmoniser les politiques douanières des parties signataires. Cet accord multilatéral de libre-échange entra en vigueur en janvier 1948 et aboutira en 1994 à la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

ii Courrier international, 7 mai 2008, http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=85449

iii « Hausse des prix agricoles : bonne chose pour les producteurs », AFP, 18 avril 2008.



jeudi, 3 juillet 2008 -

Et si on augmentait les petits salaires tout de suite ?

Quotidien le Pays n°4140 du 17/06/2008

Droit dans les yeux

Et si on augmentait les petits salaires tout de suite ?

Une commission parlementaire a travaillé. Le gouvernement réfléchit Les ministres et les députés continuent de circuler en 4x4 sur le goudron (et quand ils doivent sortir vers les villages, on refait la route pour eux).
Les séminaires, ateliers, symposiums, tables rondes et autres discutent de la vie chère et font des "plans sur la comète" pour des politiques fumeuses qui ne se réalisent pas…
Les syndicats réclament 25% d’augmentation des salaires, mais rien ne se passe.


En attendant, les plus pauvres, ceux qui doivent gérer un budget de 30 000 F ou 40 000 F ou 50 000 F CFA pour toute la famille n’y arrivent plus. "Les catégories sociales les plus vulnérables", les plus pauvres, souffrent terriblement de l’inflation et de l’augmentation des prix des denrées de base. Tout le monde semble oublier les plus pauvres qui depuis 6 mois maintenant n’en peuvent plus. Le lait a disparu de leur menu, l’huile a diminué de moitié, le morceau de pain du dimanche a rétréci ! Seule la bière semble n’avoir pas augmenté ; mais ils n’en boivent pas !

Alors je suggère que tout de suite, on augmente de 10 000 F CFA par mois tous les salaires compris entre le SMIG (30 000) et 50 000 F. Pour que ceux qui sont le plus dans le besoin, les plus pauvres, puissent faire face à leurs obligations alimentaires par rapport à leurs familles.
Il faut donner un signal fort en direction des salariés les plus pauvres afin qu’ils ne s’endettent pas indéfiniment pour la survie de leurs familles. Il faut une augmentation incompressible de 10 000 F par mois pour tous les bas salaires.

Evidemment, les syndicats vont se fâcher contre moi, eux qui demandent une augmentation générale de 25% des salaires. Mais savent-ils qu’une telle augmentation va creuser encore plus l’écart entre les riches et les pauvres dans notre pays ? Est-ce cela que nous voulons ?
Le 30 000 F gagnerait 37 500 ; mais le 100 000 F recevrait 125 000 ; l’écart passerait de 70 000 à 87 500. L’écart entre riches et pauvres continuerait de se creuser, et l’inflation rattraperait très vite tout le monde.

Evidemment, les employeurs vont se fâcher contre moi, eux qui cherchent souvent à payer le moins possible leurs employés. Et qui redoutent toute augmentation légale des salaires qui diminue leurs marges, accroît leurs charges et, surtout, diminue leurs bénéfices.

Evidemment le gouvernement va se fâcher contre moi. Et ses objections ne manquent pas. Ses bailleurs de fonds, qui fournissent l’"aide budgétaire" ne veulent pas voir augmenter la masse salariale des agents de l’Etat. Et que faire face aux conseils musclés du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui veulent voir les Etats s’effacer au profit du seul secteur privé ? D’ailleurs, de multiples objections administratives seront opposées à ma proposition et on me dira que ce n’est pas faisable. Et pourtant, une prime de "vie chère" de 10 000 F CFA pour les salaires de moins de 50 000 F, ça peut s’inventer, non ? Mais c’est sûr que pour les plus pauvres, on manque terriblement d’imagination dans le milieu des décideurs qui eux n’en manquent pas pour "s’augmenter" allègrement.

Bien sûr, les plus pauvres d’entre les pauvres, ceux qui ne font plus qu’un repas par jour de tô à la sauce baobab, dans le Burkina profond, ceux-là savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Depuis longtemps, ils ont appris qu’en dehors des périodes électorales où tout est joué d’avance, personne ne s’intéresse à eux. Et d’ailleurs, dans les solutions aujourd’hui proposées, qui pense à eux ? Personne ; on ne parle même pas d’eux ! Eux, ils attendent la pluie, celle qui va leur permettre de survivre encore une année, celle qui va leur permettre de semer, de travailler, de récolter peut-être.

A la fin de leur session parlementaire, les journaux nous ont montré les députés priant pour la pluie. Merci à Dieu de ne pas se dérober pour que leur pouvoir ne soit pas menacé !


Bonne nouvelle

Pendant que le gouvernement réfléchit, que les commissions étudient, les paysans de la vallée du Sourou se sont remis tout seuls à la culture du riz : c’est une évidence, avec un prix rémunérateur, forcément ils produiront : ils n’ont pas besoin d’autres politiques. Si des engrais viennent, si la route Niassan-Ouaga est goudronnée, ce serait mieux ; mais depuis le temps qu’ils attendent ! Oh, un ministre ira sans doute les voir pour faire croire au monde entier qu’il y est pour quelque chose…

Ah oui, il faudrait seulement que ceux qui gèrent le barrage du Sourou (personne ne sait vraiment qui ils sont, évidemment) ne laissent pas l’eau s’en aller avant la fin de la campagne pour tout faire perdre aux paysans comme cela est déjà arrivé.

Et que les importateurs-exportateurs de riz, trop proches des politiques, ne reviennent pas l’an prochain ou dans deux ans avec du riz subventionné pour casser à nouveau la filière.






mardi, 17 juin 2008

La pauvreté et la faim ne sont pas une fatalité

Message des Evêques du Burkina Faso : La pauvreté et la faim ne sont pas une fatalité

lundi 16 juin 2008.

Du 2 au 6 juin 2008 s’est tenue au Centre National Cardinal Paul Zoungrana (CNCPZ), la troisième Assemblée Plénière de l’année pastorale 2007-2008 de la Conférence Episcopale du Burkina-Niger. A cette occasion les Evêques du Burkina Faso, après avoir examiné la situation nationale, ont tenu à livrer le message suivant aux fils et filles de l’Eglise-Famille de Dieu et aux hommes de bonne volonté au Burkina Faso.

1. Depuis le début de l’année 2008, le peuple Burkinabè vit des moments difficiles du fait de la hausse généralisée des prix des produits de grande consommation. Ce phénomène appelé « vie chère » a provoqué dans notre pays, des manifestations de protestations, des marches et des grèves qui ont quelquefois dégénéré en destruction de biens publics et privés. Tout en comprenant la légitime colère et le désarroi des populations qui souffrent de la faim, les évêques désapprouvent tous les actes de violences et de destruction de biens publics et privés qui ne font que saper les efforts individuels et collectifs pour construire ce Bien Commun qui nous est cher à tous.

2. S’agissant de la vie chère ou de la crise alimentaire, nous constatons que le phénomène touche tous les pays du monde, mais avec beaucoup plus d’acuité les pays en développement du fait du déséquilibre dans les règles du commerce international, de la flambée des prix des produits pétroliers, de la spéculation sur le marché international des céréales, de la dégradation de l’environnement sans occulter les limites des politiques agricoles à l’échelon national et international.

3. S’il est vrai que les populations des pays en développement dont le Burkina souffrent de cette crise économique et alimentaire, il faut reconnaître que beaucoup de facteurs qui en sont à la base, échappent à la maîtrise des gouvernants et exigent de tous un changement radical de mentalité et de comportement. Autrement il est à craindre que cet état de choses ne perdure et n’aboutisse à une situation encore plus catastrophique. Dans le contexte actuel de notre pays, nous ne pouvons pas invoquer seulement les aléas climatiques et la rudesse de la nature pour justifier notre pauvreté et l’insécurité alimentaire qui nous frappent. Nous pensons que certains facteurs humains contribuent à aggraver cette situation. Nous sommes tous interpellés par :
la corruption qui gagne du terrain ;
le manque de conscience professionnelle ;
la mainmise d’une minorité sur les richesses nationales ;
l’intérêt individuel ou de groupe au détriment du Bien Commun
.

4. A la suite du Pape Benoît XVI dans son message au sommet de la FAO à Rome, le 3 juin 2008, nous affirmons que « la faim et la malnutrition ne sont pas une fatalité… » pour les populations du Burkina Faso. C’est pourquoi, nous saluons les mesures qui ont été prises par le gouvernement dans l’urgence pour atténuer la souffrance des populations, et les efforts de dialogue et de concertation déjà visibles entre les acteurs publics et privés afin de trouver des solutions durables à cette crise. Nous apprécions l’effort de l’Organisation Catholique pour le Développement et la Solidarité (OCADES Caritas Burkina) pour venir en aide aux plus démunis. Nous encourageons le Consortium CRS – OCADES CARITAS Burkina pour leur action concertée. Avec l’aide de partenaires (La Nonciature Apostolique au Burkina Faso, les Conférences Episcopales de pays amis, l’USAID, le PAM, l’UNICEF, etc….), ils ont pu contribuer un tant soit peu à secourir les populations les plus vulnérables. N’oublions pas les paroles du Seigneur : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

5. Nous, vos Evêques, réprouvons et condamnons tout comportement, individuel ou collectif, de commerçants, d’opérateurs économiques et de toute administration publique ou privée tendant à tirer partie de cette crise et à exploiter la misère des plus pauvres à des fins d’enrichissements illicites. Nous exprimons notre solidarité à l’égard de toutes les victimes de la faim et de la malnutrition et nous nous engageons à leur côté pour défendre le droit fondamental de toute personne humaine à une alimentation saine et suffisante, condition indispensable pour la reconnaissance de sa dignité.

6. Face aux Phénomènes de la vie chère, nous n’avons pas de solution miracle à proposer. Toutefois, le Burkina Faso étant essentiellement un pays agricole, nous invitons les pouvoirs publics à rester à l’écoute des organisations de producteurs et d’être attentifs à leurs préoccupations, en vue de prendre les mesures courageuses et appropriées pour l’atteinte de l’autosuffisance et de la souveraineté alimentaires. En outre, nous convions tous les fils et filles de l’Eglise-Famille de Dieu, d’une part à redoubler d’effort au travail et à faire prévaloir l’esprit de solidarité et d’entraide mutuelle en toutes circonstances et particulièrement dans ces moments difficiles, et d’autre part, à revoir leurs habitudes alimentaires afin d’accorder plus d’importance à la consommation de ce que nous produisons. Tous, nous sommes appelés à développer des comportements responsables face aux multiples sollicitations de la société de consommation. Le vrai développement d’une société ou d’un individu ne consiste pas à tout posséder, ni à consommer tout ce qu’on lui propose sur la place du marché. Chacun de nous devra développer davantage en ces moments difficiles, des comportements responsables d’économie et de retenue, et faire la promotion des systèmes sociaux justes et solidaires.

7. Enfin, en ce début de saison hivernale, les évêques saluent tous les paysans qui sont au champ et invoquent l’abondance des bénédictions divines sur eux, sur leur travail et sur la saison pluvieuse elle-même, afin que leur dur labeur porte beaucoup de fruits pour le bien de tous.

Fait à Ouagadougou, le 06 juin 2008

Vos pasteurs, les pères évêques de l’église-famille du Burkina Faso

(j’ai volontairement simplifié la signature; et c'est moi qui ai souligné certaines phrases du texte)


mardi, 17 juin 2008

mercredi 3 septembre 2008

Actualité brulante

Droit dans les yeux :

Actualité brûlante

Actualité brûlante pour les consommateurs des villes dont les revenus ne suffisent plus pour assurer la survie de leur famille : lait supprimé, huile rationnée, ne parlons plus du beurre… Ce sont des repas maintenant qu’on saute parce tout a trop augmenté, sauf les salaires. Des familles de plus en plus nombreuses ne savent pas le matin ce qu’elles vont manger le soir.

La révolte et le désespoir les guettent, mais la violence n’est pas une solution.

Actualité brûlante pour les commerçants mis sur la sellette, coincés entre des consommateurs exigeants qui n’arrivent plus à payer, une administration fiscale plus rigoureuse et dont ils ne comprennent pas les changements actuels (à quoi sert il de payer des taxes si elles sont détournées ?) et des importateurs exportateurs tout puissants qui répercutent à leur guise sur le marché local les prix en hausse sur le « marché mondial », des hausses parfois vertigineuses !

Actualité brûlante pour le gouvernement : a-t-il augmenté les taxes ? ou cherche t il seulement à faire rentrer les 150.000.000.000 qui manquent à l’appel, ces taxes qui devraient « normalement » être acquittées ? Trop d’exonérations, de passe-droits, de transactions illégales au détriment du trésor public ont marqué ces 20 dernières années pour qu’on puisse les résoudre en un jour sans de solides explications. Trop de fonctionnaires des impôts et de la douane, trop de commerçants, trop d’intermédiaires, trop de politiciens affairistes ont de trop gros intérêts dans le système semi mafieux mis en place jusqu’à aujourd’hui. Ils vont résister à Tertius et si le président lui-même ne le soutient pas, ne s’implique pas en commençant par faire le ménage dans son entourage, Tertius ne réussira pas.

En renonçant pour trois mois aux taxes douanières, le gouvernement ne réussira pas non plus à faire baisser les prix durablement et de manière significative, parce ces taxes sont déjà très peu élevées (nous sommes une des zones « les plus libéralisées » du monde, c’est à dire les moins protégées par les taxes douanières), mais surtout aussi parce ces taxes jusqu’à présent n’étaient pas perçues sur la totalité des importations.

Actualité brûlante aussi pour les populations des quinze provinces qui n’ont pas assez récolté cette année. Pourquoi les commerçants iraient ils y livrer les quelques excédents de la récolte passée puisque ces populations qui manquent de nourriture n’ont pas non plus d’argent.

Et quand l’administration vend un sac de mil à 9.000 F, sait elle que souvent, les plus pauvres qui vivent au jour le jour n’arrivent jamais à réunir cette somme « du coup »…. Qu’un commerçant prête cet argent et une fois le sac retiré laisse – au mieux – une tine gratuite à la famille défavorisée : Et personne ne dénoncera ce système parce qu’une tine gratuite tout de suite pour le pauvre, cela vaut mieux qu’un sac à 9.000 F mais inaccessible !

Et les stocks « sociaux » du gouvernement ne pourront faire face à la pénurie de céréales et aux hausses de prix qui s’annoncent encore.

Actualité brûlante pour le monde : Ne sommes nous pas tous aujourd’hui mis à contribution pour payer les dettes de la faillite du système financier américain et pour payer – à travers la dévaluation du dollar – la dette colossale que les USA ont contractée en notre nom à tous pour financer la guerre en Irak.

Le monde est un village et les plus pauvres paieront jusqu’au dernier franc les dettes énormes contractées par les puissants de la terre.

Qui dans ce contexte ne souhaiterait pas un autre monde, d’autres règles, d’autres valeurs, un monde guidé par d’autres lois que celles du seul profit et des intérêts des puissants ?

Presque tous les dirigeants politiques du monde ont été embarqués – bon gré, mal gré – dans ce système où ils trouvent souvent leurs intérêts particuliers en oubliant ceux de leurs peuples.

Un peu partout dans le monde aussi, des citoyens réagissent, cherchent à comprendre ce qui se passe, se rencontrent et proposent des alternatives à ces politiques qui les étouffent.

Une de ces rencontres, le forum social du Burkina, aura lieu à Ouahigouya les 27,28 et 29 mars prochain. Nous y invitons tous ceux qui pensent qu’un autre monde est possible

Père Jacques Lacour (BP 332 Koudougou)

jacqueslacourbf@yahoo.fr


mardi, 11 mars 2008

Article du 02 mars 2008: Lutte contre la vie chère et dépendance alimentaire


Lutte contre la vie chère et dépendance alimentaire

Cela coûte cher d’être pauvre ! Il est plus facile de lutter contre la vie chère quand on est riche que lorsque l’on est pauvre. Cela vaut pour les individus comme pour les gouvernements. Le gouvernement burkinabè en fait aujourd’hui la triste expérience. Mais gouverner, c’est prévoir !

Dans le quotidien burkinabè Sidwaya du vendredi 29 février, nous pouvons lire : « Le gouvernement burkinabè, en son conseil des ministres du mercredi 27 février 2008, a décidé à titre exceptionnel d’exempter des droits de douane, pour une période de trois mois à compter de ce jour, les produits de grande consommation suivants : le riz, le sel, les pâtes alimentaires, le lait concentré sucré, le lait en poudre et les laits infantiles. »

Examinons ici l’impact que peut avoir l’une ou l’autre de ces mesures.

Ainsi le riz importé va entrer au Burkina Faso sans droits de douane. Mais ceux-ci ne s’élèvent qu’à 10 %. Or, le gouvernement le reconnaît lui-même :« Nous avons informé les opérateurs économiques que la fraude s’exprime de plus en plus au Burkina Faso par les sous-déclarations. » Certains estiment que seulement 30 % des marchandises importées sont déclarées. Sur cette base, à supposer que les commerçants importateurs répercutent entièrement ce « cadeau fiscal », la suppression de la taxe douanière sur le riz risque d’avoir un impact très faible sur les prix à la consommation : de l’ordre de 3 %, soit une baisse de 500 F sur un sac de 50 kg vendu à 15 000 F. Or au même moment le ministre de l’Economie et des Finances, Jean-Baptiste Compaoré, nous dit que « le riz thaïlandais est passé de 200 000 à 500 000 F CFA la tonne. » Soit une augmentation de 150 % ! Encore faudrait-il préciser : « De quel riz s’agit-il ? » Du bon riz thaïlandais vendu de 600 F à 700 F le kilo dans les boutiques d’alimentation générale, ou du vieux riz de mauvaise qualité qui envahit même les boutiques des villages ?

Si nous jetons un coup d’oeil sur les importations de lait en poudre, que pouvons-nous dire ? S’il s’agit des sacs industriels de 25 kg de lait (mais souvent revendus au détail dans des sachets en plastique sans étiquette), ils ne sont taxés qu’à hauteur de 5 % dans tout l’UEMOA ! Ici encore, nous pouvons estimer que 30 % seulement des importations sont déclarées. Pour les importateurs, la suppression de la taxe douanière ne représente donc qu’une économie de 1,5 % ! Elle a peu de chance d’être répercutée au niveau du consommateur.

Aussi, plutôt que de répondre dans la précipitation aux manifestations contre la vie chère, il me semble qu’il faudrait profiter de ces évènements pour se poser les bonnes questions, et ensuite prendre les bonnes décisions.

Un pays - comme le Burkina Faso dont la population est composée à 80 % d’agriculteurs et d’éleveurs - peut-il accepter de dépendre de l’extérieur pour se nourrir ? Le Burkina peut-il se dispenser d’avoir une véritable politique agricole et alimentaire ? Le Burkina, qui possède un cheptel de 7 millions de bovins, peut-il se permettre d’importer chaque année pour 9 milliards de produits laitiers ? Le Burkina, qui a investi des milliards de francs pour développer des plaines rizicoles bien irriguées, peut-il se désintéresser du sort des producteurs de riz en laissant rentrer massivement du riz de mauvaise qualité à prix cassés ?

Gouverner, c’est prévoir. Aujourd’hui, le gouvernement agit dans la précipitation. Peut-il faire autrement ? Il y a quelques années, il était possible de taxer le lait en poudre et de développer la filière lait au Burkina et plus largement en Afrique de l’Ouest. Le Kenya l’a fait, et aujourd’hui il est presque autosuffisant en lait. Au Burkina, le lait local manque cruellement. Et la situation ne va pas en s’améliorant. Cette année, le Burkina produit moins de lait que l’an passé, car les aliments pour bétail manquent cruellement.

Tout se passe, ici, comme si les éleveurs et responsables politiques ne savent pas qu’il existe autre chose que le tourteau de coton pour offrir un complément alimentaire au bétail. Pourtant, dans le reste du monde, c’est le soja qui est recherché. Et le Burkina peut en produire autant qu’il en a besoin. Allez dans les zones cotonnières et demandez aux paysans ce qu’ils préfèrent : produire du coton au prix garanti de 150 F le kilo, où produire du soja pour le même prix ?

Dans les années 70, j’ai demandé à un candidat à la députation nationale quel était le programme de son parti par rapport aux paysans. Il m’a répondu : « Oh, les paysans, on ne les craint pas ! » Il me semble qu’aujourd’hui la situation n’a guère changé. Faute de prévoyance, le gouvernement agit sous la pression de la rue. Peut-être n’a-t-il pas le choix ? Mais il sait très bien que fondamentalement les mesures qu’il vient de prendre auront un impact très limité.

Pour être crédible, le gouvernement devrait proposer des mesures qui permettront, dans les prochaines années, de réduire la dépendance alimentaire. Il pourrait déclarer : aujourd’hui, nous supprimons les taxes douanières sur le lait en poudre et le riz. Mais nous voulons en même temps envoyer un signal fort vers les producteurs. Nous nous engageons à soutenir la filière lait et la filière riz. Nous voulons garantir les investissements dans ces deux filières. Si jamais le prix du lait en poudre venait à s’effondrer, non seulement nous rétablirons les taxes, mais nous pourrons même les augmenter si nécessaire. Nous ne permettrons plus qu’avec 200 F CFA de poudre de lait importé on puisse reconstituer un litre de lait entier. Nous ne permettrons plus que le vieux riz thaïlandais casse le prix du riz local. Nous pensons qu’il est légitime qu’un producteur de riz reçoive au moins 125 F pour un kilo de riz paddy. Le cours mondial actuel le permet. Si la Thaïlande (ou tout autre pays) voulait à nouveau nous inonder en déversant chez nous de vieux stocks de riz à prix cassés, nous prendrons les mesures nécessaires pour maintenir le prix du riz local à un niveau raisonnable.

Dernière remarque.

Il y a quelques jours, j’étais au Sourou, dans les grandes plaines irriguées. Les producteurs de riz étaient catastrophés. Il n’y avait plus d’eau. D’après les dire des paysans, il y a deux mois, il y avait beaucoup d’eau. S’il n’y a plus d’eau aujourd’hui, c’est le fait de l’AMVS (Autorité de Mise en Valeur de la Vallée du Sourou) qui seule a autorité pour gérer l’eau, et donc pour ouvrir ou fermer les vannes du barrage de Léry. Il y aurait eu trop d’eau ! L’AMVS aurait donné l’ordre d’ouvrir les vannes pour récupérer une parcelle inondée (jusque là rien à dire !), mais elle aurait oublié de fermer les vannes. Toujours est-il que les producteurs sont obligés de réduire leur production de 50 %. Quand, sur place, on approche l’un ou l’autre responsable de l’AMVS, nous n’avons que des réponses évasives. La Direction Générale, elle, est à Ouagadougou. Peut-on espérer qu’une enquête soit menée et les responsables sanctionnés ?

Koudougou, le 1° mars 2008
Maurice Oudet
Président du SEDELAN


dimanche, 2 mars 2008

Article du 28 février 2008 nouvelles de Ouaga

Lutte contre la vie chère : Ouaga brûle par endroit

Quelques centaines de jeunes ont manifesté violemment dans cette matinée de jeudi 28 février 2008 à Ouagadougou. Ils ont brûlé des pneus, brisé des feux tricolores dans les quartiers de la Patte-d'oie, de Tampouy, Cité an III, Ouidi, de Dapoya, de Kolgho Naba, etc. Ils agissent en très petit groupe et disparaissent aussitôt leurs forfaits accomplis. Ils expriment leur colère contre la flambée des prix des produits de première nécessité. Cette journée ville morte prônée par Nana Thibaut a obligé de nombreux commerces et services à fermer. Toutefois un certain nombre était ouvert. Les écoles et autres lycées sont restés fermés également.

Presqu’aucune voiture d’Etat, fond rouge, n’a circulé. La ville de Ouagadougou dans la matinée était comme en était de siège. Les corps habillés étaient visibles dans tous les points stratégiques de la ville.

La mesure prise par le gouvernement en conseil de ministre dans la journée du mercredi 27 février renonçant aux taxes perçues sur certains produits de grande consommation n’a pas calmé les esprits.

Mais cet après midi, l’accalmie se faisait sentir. Les manifestants étaient de moins en moins présents sur les voies.

Ramata SORE


jeudi, 28 février 2008

Quotidien le Pays N°4060 du 21/02/2008: LUTTE CONTRE LA VIE CHERE



Saccage et incendie à Bobo

Les commerçants de Bobo Dioulasso ont manifesté violemment le 20 février dernier contre la vie chère dans le pays. Bilan : de nombreuses arrestations, des blessés, des monuments et services saccagés, des feux tricolores en panne, des rues impraticables, etc.

Bobo Dioulasso a vécu le 20 février dernier l’une des plus chaudes journées de son histoire. Les commerçants de la ville de Sya ont, en effet, violemment manifesté contre la vie chère. Fermant boutiques, magasins et autres lieux de commerce, ils ont, tôt dans la matinée, pris d’assaut la rue, brûlant pneus par-ci, saccageant feux tricolores, stations d’essence, services comme la direction régionale des douanes par-là. Outre son matériel informatique et bureautique qui est parti en fumée, la douane de l’Ouest a vu le véhicule de son directeur régional détruit. Des monuments de la ville comme ceux de Kadhafi et Blaise Compaoré, et de la Femme, dans l’arrondissement de Dafra, ont aussi essuyé la furie des manifestants. La mairie centrale était l’autre infrastructure de la ville à laquelle ils tenaient visiblement à s’attaquer, obligeant les Forces de défense et de sécurité (FDS) à une mobilisation générale. Aucune force publique de sécurité n’a été épargnée en cette chaude matinée du 20 février ; même les militaires ont été sollicités pour sécuriser des lieux tel la SONABEL. Quant aux policiers (municipaux comme nationaux), gendarmes et sapeurs-pompiers, ils ont assuré la défense de la mairie centrale.

Sous la pression des débrayeurs qui n’hésitaient pas à jeter des pierres et tout ce qui leur tombait sous la main, les établissements scolaires libèrent leurs élèves. Visiblement acculées, les forces de l’ordre finissent par faire usage de gaz lacrymogènes. C’est la débandade. L’on enregistre sur place des blessés chez les élèves. Parmi eux, certains souffrent d’asthme. Face à la contre-offensive des FDS, les manifestants cèdent du terrain mais ne renoncent pas. Entre-temps, une nouvelle circule : «On a tiré à balles réelles sur quelqu’un et il est mort.» Information fondée ou rumeur ? N’ayant pas été sur les lieux du supposé drame, nous n’avons pu vérifier la véracité de cette information. Mais toujours est-il que les manifestants, comme dopés par la nouvelle, repartent à la charge. « ça ne se passera pas comme ça. Il faut que nous aussi, on tue quelqu'un d’entre eux », lance un manifestant en colère. Pendant des heures, ce furent des attaques et des contre-attaques entre FDS et grévistes à travers la ville. Beaucoup de manifestants sont arrêtés. Lorsque vers 13 h les forces de l’ordre réussissent à prendre le dessus, c’était le chaos à Sya. Des artères comme le boulevard de la Révolution sont jonchées de cendres de pneus calcinés, de blocs de pierre, etc. Bobo avait des allures de ville morte. Rien ne fonctionnait. Pas de transport en commun, pas de cybercafé, bref, pas d’affaires. Les premiers cars en provenance de Ouagadougou ou des autres localités du pays ont été bloqués à quelques encablures de leur destination. Finalement, c’est avec l’aide des forces de sécurité qu’ils effectuent, aux environs de 14 h, leur entrée dans la ville. Pour beaucoup de Bobolais, c’est la première fois qu’ils assistent à une telle manifestation. Que c’était chaud !

Par Grégoire Bazomboué BAZIE

Lu sur le liste "Burkina" dans yahoogroupes à 10h20 GMT ce jeudi 21/2/08:

Question:
Bonjour,
Pourrais-tu avoir des infos de ce qui s'est passé hier à Bobo Dioulasso et
à Ouahigouya par des personnes sur place, et des réactions dans la
capitale?

Réponse:
Bonjour, selon des bobolais joints hier soir au téléphone, grève générale en ville hier à
Bobo, les gens en colère ont fait flamber boutiques et stations service. On
parlait de 2 morts à 20h00. tout le monde restait chez soi hier soir...
Espérons que la situation se calme, même si on sait bien que la cause de la
colère est la chèrté du coût de la vie...

23/02/2008: Démenti des autorités publiques: il n'y aurait pas eu de morts, mais seulement des blessés graves. On attend des informations complémentaires


jeudi, 21 février 2008

Les prix de la nourriture augmentent!


Droit dans les yeux :

Si rien n’est fait,
les prix de la nourriture continueront à augmenter.


Il y a deux jours, dans le magasin CORAM de Koudougou, une dame m’a demandé : « Mais, mon père, comment est il possible que le litre d’huile ait pu augmenter de 800 à 1200 francs en quelques mois ? »

Voilà une bonne question ! La montée des prix agricoles (céréales, lait, huile,…) est vertigineuse et mondiale. En voici les trois raisons principales :

1.- Les intempéries dans certaines parties du monde ont amené de mauvaises récoltes.
2.- Des terres de plus en plus nombreuses sont consacrées à la production d’agrocarburants.
3.- La population mondiale continue d’augmenter. L’urbanisation rapide et l’élévation du niveau de vie en Inde et en Chine augmentent la demande d’une nourriture de qualité.

Devant cette situation, que font, par exemple, les dirigeants européens : Ils viennent de prendre en urgence trois mesures importantes :

1.- supprimer les quotas laitiers, c'est-à-dire supprimer les limites qui avaient été mises à la production de lait.
2.- supprimer les jachères, c'est-à-dire remettre toutes les terres agricoles en culture.
3.- baisser les droits de douane à l’importation pour les produits qui manquent.
Ces mesures vont limiter la montée des prix des denrées alimentaires en Europe.

Qu’en est-il ici ?

1.- Depuis que le gouvernement s’est désengagé du secteur agricole, nous continuons toujours plus à produire ce que nous ne consommons pas (le coton) et à consommer ce que nous ne produisons pas (le riz-poubelle de Thaïlande ou autre). Dans le contexte mondial actuel, ce choix de production et cette dépendance de l’extérieur pour la nourriture vont nous conduire à la ruine ! Réveillons nous !

2.- De plus, pour le coton Bt (OGM), nous devenons totalement dépendants d’une seule multinationale étrangère pour les semences et pour les intrants. Les difficiles négociations actuelles pour en fixer les prix nous montrent combien la firme américaine Monsanto est bien décidée à tirer le profit maximum de la culture du coton Bt au Burkina. Ainsi, avec le coton Bt, non seulement nous produisons ce que nous ne consommons pas, mais nous allons le produire à nos risques et pour le plus grand bénéfice d’une multinationale étrangère. Réveillons nous !

3.- Le ministre de l’agriculture vient de signer un contrat avec une société appelée AgroEd qui dit que « La société AgroEd bénéficiera du soutien du gouvernement pour l’acquisition de terres pour la production et pour l’implantation d’une unité industrielle » d’agrocarburants. Ces terres ne serviront donc plus à produire notre nourriture, mais tomberont aux mains de sociétés qui n’y cherchent que le profit… et cela avec, en plus, le cachet « lutte contre la pauvreté ». Réveillons nous !

Il nous faut de toute urgence demander à nos dirigeants de mettre en œuvre une vraie politique agricole volontariste. Il nous faut produire davantage de céréales (mil, maïs…) et de produits laitiers. Il nous faut développer des filières alternatives au coton… et les paysans y sont prêts : sésame, soja, fruits, produits maraîchers qui se vendent bien. Il faut assurer notre souveraineté alimentaire. Et pas seulement dans les discours de vœux ou dans les promesses électorales. C’est seulement à cette condition que nous traverserons moins douloureusement les tempêtes et les augmentations qui s’annoncent sur les marchés des produits alimentaires.

Parce que, comme je l’ai dit à la dame à CORAM, « si rien ne change, ça va augmenter encore et même beaucoup, parce quand la nourriture manque, elle n’a plus de prix. »

Père Jacques LACOUR
BP 332 Koudougou
( jacqueslacourbf@yahoo.fr )

publié dans la rubrique "Droit dans les yeux" du quotidien "Le Pays" le 29 janvier 2008


mardi, 29 janvier 2008 -