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mercredi 3 septembre 2008

Dix questions pour les parlementaires européens

Droit dans les yeux :

Dix questions pour les parlementaires et membres de la Commission Européenne

Bonjour Père Jacques!

Je… vais rencontrer quelques parlementaires et des membres de la Commission Européenne (Développement- Gestion durable des ressources naturelles) les 7 et 8 mai prochains. Vous avez peut-être des questions ou interpellations que nous pourrions apporter dans ces entretiens : au sujet de l’agriculture, de l’eau ou des minerais, des agrocarburants, du marché du carbone, du transfert de technologie. Que pensez-vous du soutien de l’UE aux projets de ‘développement’ en Afrique de l’ouest ? Est-ce que les choix de l’UE répondent aux priorités des habitants ? Quelles sont les urgences des prochaines années, au Burkina, et dans les autres pays d’Afrique de l’ouest ?



Si vous avez des exemples concrets pour illustrer vos propos, ils sont bienvenus.



Mes questions sont volontairement un peu vastes pour ouvrir le champ des réflexions. Vos questions peuvent être pointues/précises.

Merci pour votre contribution. Je sais que votre charge est importante. Je sais aussi que ces entretiens sont importants car ils peuvent être les premiers d’une série si nous réussissons un bon contact ; et qu’à terme, cela pourra porter du fruit pour le quotidien des africains. C’est l’objectif.
A bientôt

(Les noms ont été supprimés)

Question 1 : l’aide détournée

Comment, quelles procédures envisagez vous pour qu’une aide arrive à celles et ceux à qui elle est destinée ?
Qu’elle ne se transforme pas en 4x4, séminaires avec per diem, bâtiments inutiles, fonctionnaires désoeuvrés, détournements par les autorités et administrations (déguisés ou pas) ?
En particulier l’aide destinée aux paysans et agriculteurs.
(Au Burkina, même les tracteurs donnés par l’Inde sont détournés au profit des barons du régime, puis le dossier est confié à la justice et enterré.)

Question 2 : l’agriculture familiale

Pourquoi avez-vous si longtemps méprisé l’agriculture familiale – avec la complicité des dirigeants africains --
Qui pourtant seule peut freiner l’exode rural, le grossissement des villes sous-équipées et l’émigration vers l’Europe
Qui seule peut permettre la souveraineté alimentaire (et l’auto suffisance alimentaire) ?
Qui seule peut permettre un réel décollage économique (transformation, distribution, mécanisation progressive, etc…)
Dans la crise alimentaire qui se prépare, renforcée par la spéculation – partie intégrante du système économique que vous prônez – que comptez vous faire pour l’aider à se développer ?

Question 3 : les produits africains d’exportation

Pourquoi avez-vous toujours encouragé de la part de l’Afrique les seules exportations de produits bruts sans valeur ajoutée, sans lui donner aucune chance réelle pour des produits transformés (sauf quand ils passent par les multinationales du Nord) ?

Question 4 : la libéralisation des services (et les privatisations)

Pourquoi, dans le cadre des APE, vouliez vous libéraliser les services ? Quels intérêts l’Europe défend elle dans ce contexte : le seul enrichissement des multinationales du Nord avec asservissement des services de l’eau, de l’énergie…, ou bien le « développement durable » de l’Afrique (qui puisse enfin décoller) ?

Question 5 : La « politique africaine » de l’Europe

L’Europe a-t-elle une préférence pour les « dirigeants durables et enrichis » ou pour les peuples d’Afrique ? La Françafrique et les réseaux (Bolloré, Roussin, Total, Bongo…) quels rôles jouent ils (leur capacité de lobbying et de corruption) pour déterminer les politiques européennes en matière de développement ?

Question 6 : A propos des APE

Dans le cadre des APE, les dirigeants européens eux-mêmes reconnaissent que les précédents accords (Lomé, Cotonou) ont failli ; des accords commerciaux asymétriques et la dimension développement en faisaient pourtant partie… Qu’en sera-t-il d’accords réciproques et sans définition d’une quelconque dimension développement ?
Souhaitez vous vraiment une catastrophe pour l’Afrique ?

Question 7 : à propos des OMD

Les OMD deviennent chaque jour de plus en plus un phantasme, une illusion, un effet d’annonce. Que comptez vous faire pour que la santé (prévention… paludisme, tuberculose et autres…) l’éducation (scolarisation massive…pour définitivement faire reculer l’ignorance) l’accès à l’eau et à la nourriture, les droits économiques et sociaux soient réellement mis en œuvre (sachant que ces questions n’intéressent les dirigeants locaux que dans la mesure où leur pouvoir s’en trouve menacé) ?

Question 8 : les agrocarburants

L’Europe voulait développer les agrocarburants et visait des terres en Afrique par l’intermédiaire de sociétés pas toujours « claires ». Où en est elle a présent ? Mesure t elle l’enjeu des conséquences de cette politique ?

Question 9 : les OGM

De grandes sociétés multinationales ont convaincu (comment ?) les dirigeants du Burkina d’hypothéquer le pays par le coton Bt (OGM). Etes vous prêts à faire le même effort pour nous aider à développer le « coton bio » ?

Question 10 : politique l’eau pour la « bande sahélienne »

Pour « sauver le Sahel », il s’agit d’abord d’y sauver les bas-fonds par de multiples retenues d’eau ? (fixer les populations, cultures de contre saison et promotion de l’élevage) Etes vous prêts à faire un effort en ce sens ?

Question subsidiaire (pas d’obligation d’y répondre) : motivations politiques

Aimez vous assez l’Afrique pour vouloir son développement propre ; ou est ce la peur de l’arrivée de la Chine et des US qui vous motive éventuellement aujourd’hui ?

Demande de pardon : Il m’a toujours été dit que j’aurais pu faire à peu près tous les métiers sauf diplomate ! Merci de pardonner mon langage trop direct mais d’y lire les questions de fond que j’essaie de soulever.

Koudougou, le 25-4-2008
Père Jacques LACOUR
jacqueslacourbf@yahoo.fr

article paru le 13 mai 2008
dans le Journal "Le Pays" (édition papier)
rubrique: droit dans les yeux
et repris sur lefaso.net, le même jour




mardi, 13 mai 2008

Les paysans africains cultiveront ils le carburant ?


Droit dans les yeux :

Les paysans africains cultiveront ils le carburant ?

Venus de 35 pays, ils étaient 370 experts, savants, investisseurs, grandes entreprises, décideurs, politiques, ONG… à se poser cette question. Réunis dans la grande salle de Ouaga 2000 du 27 au 29 novembre 2007, ils avaient tout prévu, sauf l’essentiel : inviter les paysans qui, forcément, seront les premiers concernés par ces nouvelles cultures.

Bien sûr, ont-ils dit, il ne faut pas que l’Afrique manque le rendez vous des « bio carburants », on devrait plutôt dire des « agro carburants » puisque c’est l’agriculture qui va les produire. Et d’ailleurs, de nombreuses expériences sont déjà en route depuis que le prix du pétrole a monté, depuis que l’on a compris qu’un jour, le pétrole va finir, surtout à la vitesse qu’on le consomme et qu’on le gaspille dans les pays riches… Et si l’Inde et la Chine s’y mettent, alors, ça va durer encore moins longtemps !

Le Burkina Faso pense déjà sérieusement à transformer les graines de coton en huile-carburant ou en éthanol pour ajouter à l’essence. Cela allègerait la facture pétrolière et éviterait d’exporter des graines brutes, sans plus value.

De petits projets (Boni, Kombissiri) s’intéressent au Jatropha (la pourghère) qui fournit, par pressage, une huile qu’on peut mettre (presque) directement dans les moteurs diesel anciens… et ça marche !

Le Sénégal pense à remplacer la culture de l’arachide par celle du tournesol, dont l’huile est très bonne pour faire tourner les moteurs.

Beaucoup de pays ont ainsi beaucoup de projets, poussés en cela par des investisseurs extérieurs qui espèrent faire de grands profits sur cette production nouvelle.

Mais voilà, il ne faudrait pas que ces projets viennent détruire nos agricultures et menacer notre souveraineté alimentaire.

Il pourrait être dangereux de se lancer dans l’aventure de produire le carburant des riches en oubliant de produire la nourriture des pauvres.

Surtout que les terres ne sont pas « élastiques ». Depuis 30 ans, à cause de l’augmentation de la population, les terres mises en cultures pour la nourriture ont été multipliées par 2,5, d’après une étude faite au Mali. D’ici 10-15 ans, il faudra encore les multiplier par 2, si toutefois les agricultures africaines n’arrivent pas à augmenter les rendements.

Alors « restons vigilants » !

Il faudrait bien veiller aussi à ce que, pour cette production, les terres restent la propriété des paysans, même si ce sont de grandes sociétés qui viennent avec leurs projets, un peu comme on fait aujourd’hui avec le coton au Burkina. La Sofitex ne possède pas les terres et ne peut les saisir… Ce système évite de voler les terres des paysans, évite l’exode rural massif, évite les conflits sociaux.

Il faut veiller aussi à ce que cette production nouvelle profite d’abord à ceux qui produisent et ne soit pas destinée à l’exportation. Qu’elle permette d’alléger la facture du pétrole à nos états, qu’elle permette l’accès pour tous à l’énergie. En particulier par des projets de plateformes multifonctionnelles alimentées par des groupes électrogènes tournant avec de l’huile produite sur place comme cela se fait déjà au Mali avec un certain succès… mais pas sans problèmes.

Et les problèmes sont quand même assez nombreux dans cette filière nouvelle de production d’agrocarburants. Certains disent : « C’est en faisant qu’on apprendra », mais il faut faire attention de ne pas faire porter les risques aux seuls paysans... Pour le Jatropha, par exemple, les termites peuvent le terrasser facilement…on sait comment il pousse en haies, mais pas comment il se comporte en plantation… quelle presse faut il utiliser pour avoir un bon rendement… etc.

Sur le continent africain, le soleil est généreux et la terre produit abondamment plantes, herbes et arbres : tout cela pourra produire un jour du carburant ; souhaitons que ce don du ciel puisse être mis en valeur, et le plus vite possible… D’abord avec les plantes qui donnent de l’huile, carburant direct des moteurs, puis avec les plantes qui donnent du sucre, pour fabriquer de l’éthanol qu’on ajoute à l’essence, enfin avec tout le reste qui, un jour, sera transformé en énergie. Et tout cela pourra se faire, si et seulement si, en plus de tous les acteurs présents à la conférence internationale, les paysans sont vraiment mis dans le coup et qu’ils y trouvent un intérêt légitime…et si cela ne les empêche pas de produire d’abord de quoi manger !

Père Jacques Lacour

jacqueslacourbf@yahoo.fr

Rédigé à Koudougou, le 4 décembre 2007

Publié par « Le Pays » (Droit dans les yeux) le 22 janvier 2007



mardi, 22 janvier 2008

« Enjeux et perspectives des biocarburants pour l’Afrique »


Les paysans,

grands absents de la conférence de Ouaga sur les agrocarburants.

370 personnes venues de 35 pays différents se sont réunies du 27 au 29 novembre 2007 dans la grande salle de conférences de Ouaga 2000 pour une grande conférence internationale organisée par le CIRAD et Ei2R, sous le patronage des autorités burkinabè : « enjeux et perspectives des biocarburants pour l’Afrique ».

Des gens venus de partout donc, représentant des organismes de recherche, des sociétés privées (même TOTAL), des structures étatiques, des ONG, des Projets de toutes tailles plus ou moins avancés, plus ou moins virtuels, publics, privés…

Une fois encore, les représentants des organisations paysannes n’ont pas été invités, une fois encore, les paysans n’ont pas été invités, eux qui sont les premiers concernés par ce qu’on devrait normalement appeler les agrocarburants, plutôt que les biocarburants parce que c’est l’agriculture qui les produit.

Avec un baril de pétrole qui a frisé les 100 $ il y a peu de temps, avec ce qu’on nous dit du pic de production pétrolière qui se rapprocherait, tous les regards se tournent aujourd’hui vers une nouvelle source d’énergie renouvelable : les « agro carburants ». Et avant même que toutes les dispositions légales et réglementaires aient été prises, des initiatives se multiplient partout en Afrique.

La lettre d’abcburkina n°252 vous parlait d’une initiative à Boni… C’est de deux initiatives qu’il s’agit, attirées par l’actif maire de Boni. L’une est appuyée par l’ONG française ICDES (de Grenoble) pour installer une plateforme multifonctionnelle qui sera gérée par la mairie ; l’autre animée par Agritec Faso (une société pas encore bien connue) pour multiplier les semences de Jatropha et créer des pépinières pour implanter cette culture sur l’ensemble du Burkina… Des « projets Jatropha » démarrent : après la mairie de Boni, c’est la paroisse de Kombissiri…Il y en a sans doute d’autres.

Plus importante est l’étude que l’Etat Burkinabè a demandée à la SN Citec (DAGRIS) pour le traitement et la transformation des graines de coton en agrocarburant avec, à la clé, une usine de triturage et de distillation pour la fabrication de bioéthanol. La capacité de production du Burkina pourrait atteindre jusqu’à 60.000 tonnes d’huile à usage de carburant… si toutes les conditions de production et d’investissement pouvaient être remplies, ce qui est encore loin d’être le cas.

Ainsi, cette conférence internationale a permis d’abord de multiples rencontres et échanges d’informations sur toutes les initiatives qui se multiplient… Mali, Niger, Benin, Burkina, personne n’est en reste… et la liste n’est pas close !

Mais voilà, les problèmes sont très nombreux autour de cette nouvelle filière et cette conférence internationale sera un peu pour la sous-région « une première rencontre fondatrice » impliquant presque tous les acteurs (sauf les paysans, hélas !)

Que retenir ?

Des productions industrielles d’agrocarburants en Afrique ont paru possibles aux participants et des investisseurs nombreux se pressent déjà aux portes du continent :

= sous réserve que la gestion des terres reste aux mains des communautés locales à l’image de la gestion foncière de la filière coton au Burkina : Société cotonnière, UNPCB, groupements. Donc pas d’aliénation des terres au profit de multinationales qui ne ferait qu’accélérer l’exode rural et la montée des conflits sociaux.

= sous réserve que cette production bénéficie d’abord au pays qui produit, comme agrocarburant et comme source d’énergie (production d’électricité) ; dans un premier temps, cette production ne serait pas destinée à l’exportation, mais plutôt à économiser sur la facture énergétique et rééquilibrer la balance des paiements plombée aujourd’hui par la facture pétrolière.

= sous réserve que ces cultures n’empiètent pas sur les espaces réservés à la production alimentaire (qu’en aucun cas ces cultures ne remettent en cause la souveraineté alimentaire).

Une intervention particulièrement bien documentée, à partir de l’exemple malien, peut nous faire douter de la disponibilité de terres nouvelles « libres pour cette nouvelle filière »… Une grande prudence est de mise pour que les agrocarburants ne deviennent pas par ce biais des « nécrocarburants », des instruments de mort. (ce mot n’a pourtant jamais été employé durant la conférence internationale). Il ne faudrait pas que les pays les plus pauvres produisent le plein de carburant des plus riches au détriment de leur propre production alimentaire. « Restons vigilants »

= sous réserve que cette production permette à tous (gens des villes et gens des campagnes, surtout aux plus défavorisés des campagnes) un accès réel à l’énergie.


Des productions locales sont d’abord hautement souhaitables

= à l’image de ce qui se fait déjà au Niger et au Mali, mais qui ont échoué à Madagascar…

Sans idéaliser les conditions de mise en œuvre pas toujours bien maîtrisées : il y a encore beaucoup de progrès à faire pour maîtriser réellement dans la pratique ces cultures nouvelles : le Jatropha, par exemple, est très vulnérable aux termites ; il peut se contenter de sols pauvres mais sans beaucoup de rendements ; il a été cultivé en haies, mais son comportement en vergers n’est pas bien connu, encore moins en plantations industrielles.

= sur des surfaces relativement réduites qui n’empiètent pas sur les cultures vivrières. Les résultats et les bénéfices sont encore aléatoires et s’il faut « learning by doing » (apprendre en faisant), il ne faudrait pas que les risques pour les paysans dépassent par trop le bénéfice escompté.

= dans le cadre de projets mis en œuvre et gérés par les communautés locales, de sorte qu’une réelle appropriation puisse se faire par les producteurs, utilisateurs et bénéficiaires, seul gage de réussite.

= pour leurs besoins locaux en énergie d’abord : accès à l’électricité par l’alimentation d’un groupe électrogène, mise en route d’un moulin ou d’une décortiqueuse, éclairage pour la maternité ou l’étude des enfants le soir, maintien de la chaîne du froid, ou autres besoins des communautés rurales.


Bien sûr, les problèmes ne manquent pas, et, parmi les participants, deux courants se dessinaient :

= l’un disait : « Ne soyons pas trop pressés », rien n’est vraiment prêt, poursuivons les tests, les études, les analyses ; mettons en place des centres de recherche.
Techniquement aussi, il y a encore tellement de choses qui ne sont pas au point, ne serait ce que les presses à utiliser pour l’extraction efficace des huiles. De plus les conséquences environnementales et culturelles de ces changements ne sont pas maîtrisées.
Juridiquement enfin, les cadres législatifs et réglementaires sont parfois inexistants.

Bien difficile de se lancer dans des projets de grande envergure dans des conditions pareilles.

= Attention, disaient ils aussi ; durant les 30 dernières années, les surfaces cultivées pour l’alimentation ont été augmentées de deux fois et demi (x 2,5) sous la pression démographique, sans que les rendements n’augmentent vraiment. Dans les 10-15 ans à venir, à rendement égal, il faudra encore doubler les surfaces destinées aux cultures vivrières. Quelles terres resteront disponibles pour les agrocarburants ? Ou bien, autre façon de poser la question, les agricultures africaines pourront elles relever le défi des rendements avec les moyens dont elles disposent ?

= D’autres disaient : « L’Afrique ne doit pas rater le train de cette nouvelle opportunité » qui lui permettra de retrouver, à travers son agriculture, une certaine indépendance énergétique. Il faut se lancer dès maintenant dans des projets déjà bien maitrisés, comme l’utilisation des graines de coton au Burkina, ou le remplacement de la culture de l’arachide par celle du tournesol au Sénégal. Et d’élaborer des stratégies à court, moyen et long terme…

Sur le continent, le soleil est si généreux, la biomasse si importante, si abondante que l’on ne peut que souhaiter qu’elle soit mise en valeur, et le plus vite possible… Elle peut l’être, si, en plus des acteurs présents à la conférence, les paysans sont vraiment mis dans le coup et qu’ils y trouvent un intérêt légitime…

Père Jacques Lacour (SEDELAN)
jacqueslacourbf@yahoo.fr
www.abcburkina.net

(Koudougou, le 4 décembre 2007)


samedi, 8 décembre 2007