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samedi 22 novembre 2008

Synthèse des travaux de la troisième semaine sociale du Burkina


J'ai eu beaucoup de bonheur à être le rapporteur général de ce temps fort de la vie de l'église du Burkina.Un formidable espace d'expression et si tout ne peut figurer dans ces quelques lignes, elles disent un peu quelque chose de cette rencontre.


Synthèse des travaux
De la troisième semaine sociale du Burkina


Au terme de cette rencontre de quatre jours, les 170 personnes venues participer à la 3° semaine sociale du Burkina rendent grâces à Dieu pour le nouvel élan que cette rencontre va leur donner.

Les participants représentaient les 13 diocèses du Burkina, de nombreuses congrégations et institutions religieuses ainsi que d’autres confessions religieuses et de nombreux services d’Etat. Deux évêques du Niger nous ont honorés de leur présence.

Musulmans et Evangéliques ont participé aux travaux et ont apporté leurs contributions à ce thème qui réunit tous les croyants : Lutter contre la corruption. Lutter contre la pauvreté.
« Ne cédez pas à la corruption sur la terre ; Dieu n’accueille pas l’illicite… » nous a dit notre frère musulman.
« Vous êtes le sel de la terre… », la réception de l’Evangile transforme les cœurs. Nous a témoigné notre frère évangélique.

Ce temps fort a permis en effet à tous les participants d’étudier, de travailler et de faire des propositions sur le thème de :
« Corruption et lutte contre la pauvreté au Burkina Faso
Contribution de l’Eglise Catholique ».

La corruption est un phénomène généralisé qui participe à l’appauvrissement économique et moral de nombreuses nations dans le monde, le Burkina n’est pas épargné et il était important d’en faire l’état des lieux et de proposer des pistes d’action pour ce sujet délicat, mais pas tabou.

Tous les pays du monde sont aux prises avec la pauvreté, d’une manière ou d’une autre et à des degrés divers, mais le Burkina l’est de façon toute spéciale et son récent classement 176°/177 par le PNUD interpelle fortement.

Sept conférences, deux panels et trois ateliers ont permis à tous les participants de mieux comprendre ces deux phénomènes, de poser les questions qui les préoccupent, de proposer des pistes de travail et de formuler des recommandations.
La visite d’un chantier de concassage de cailloux par des femmes à Pissy leur a révélé la précarité sanitaire et la dureté de ce métier qui rapporte peu. Les travailleurs pauvres sont légion au pays et mériteraient une réglementation protectrice.

A la séance d’ouverture, Monseigneur Thomas KABORE les a invités à « se laisser guider dans leurs travaux par l’Evangile… Ce monde de justice et de Paix que nous appelons de tous nos vœux, c’est un don de Dieu à demander, et pour lequel il nous faut aussi nous engager »




La corruption :

Les définitions de la corruption n’ont pas manqué, mais on retiendra ici surtout ses effets dévastateurs :

Elle crée des problèmes économiques et financiers, détruit le tissu social et solidaire, pervertit le système éducatif, discrédite l’autorité publique, sape les fondements de la société et peut mener jusqu’aux guerres civiles,
Elle engendre partout le soupçon,
Elle nie les droits de l’Homme et écrase les plus faibles
Elle affaiblit les institutions et fragilise la démocratie, elle confond bien public et bien privé
Elle fait croire que le succès vient des pots de vin et du favoritisme plus que de l’effort et du travail, elle décourage les meilleurs, elle inverse l’échelle des valeurs
Elle invente les paradis fiscaux, la fraude en tous genres. Elle recycle l’argent du crime.
Elle fait perdre 148 milliards de dollars à l’Afrique chaque année.

Dans une société qui exacerbe les désirs à des fins mercantiles,
Où la recherche de l’argent devient la seule valeur et le seul but
Dans une civilisation du clinquant et des apparences

Au Burkina, elle atteint tous les domaines : santé, éducation, transports et circulation routière, marchés publics, domaine foncier, justice, pièces administratives, douanes, impôts, détournements des moyens et matériels de l’Etat… On la trouve partout, même dans l’église…

Les témoignages d’un petit commerçant affronté à un contrôle fiscal disproportionné, d’un entrepreneur à qui on tarde à remettre son avis de réception des travaux, d’un religieux donnant une ramette de papier dans un bureau, d’un marché perdu pour refus de fausses factures, les sollicitations à un avocat… Tous ces témoignages ont interpellés très fort.

Ses causes sont nombreuses :
bas salaires, valeurs perdues (honnêteté, justice, tolérance, respect de la vie…), ignorance et « déficit d’éducation », disfonctionnements administratifs, impunité, coût social de l’intégrité, frustrations nées de l’écart riches/pauvres, « âpreté au gain » et recherche du profit à tout prix, gros risques à « dénoncer », les modèles importés d’ailleurs, l’influence des mass médias …


Du côté de l’Etat burkinabè, une récente étude montre l’étendue de la corruption et formule des recommandations validées à Ouahigouya en février 2008.
De très nombreuses structures sont mises en place, dont la dernière est l’Autorité Supérieure du Contrôle de l’Etat. Elles suscitent espérance, indifférence ou scepticisme…
La justice semble immobile (trop liée aux instructions ministérielles, aux soucis de carrière et aux collusions avec le milieu d’affaires… trop politisée…trop inefficace…) Elle ne se saisit pas, elle ne fait pas d’enquêtes.

Pourtant une stratégie peut être mise en place pour combattre la corruption
que seul peut mener un « peuple debout »:
= Etre persuadé que la corruption n’est pas une « fatalité ». (D’autres – comme le RENLAC – sont depuis longtemps dans cette lutte) ;
= Mobiliser à tous les niveaux, se regrouper pour être forts et vaincre la peur ;
= Nommer des hommes intègres aux postes importants (pour la « bonne gouvernance ») ;
= Refuser les gestes de corruption les plus simples (« qui vole un œuf vole un bœuf ») ;
= Instaurer partout la transparence financière et la culture du compte rendu et du contrôle. La culture du « secret » est à convertir ;
= Faire toute leur place aux femmes (« Il est internationalement reconnu que les femmes sont moins corrompues et tolèrent moins la corruption que les hommes ») ;
= Initier à l’éthique économique et politique ;
= Retrouver les valeurs africaines : partage, joie, solidarité…la solidarité n’est pas corruptible ;
= Promouvoir les « valeurs citoyennes ». Redevenir fiers d’être honnêtes ;
= Former des êtres spirituels, habités de convictions fortes, capables de ce combat ;
= Donner une formation morale et civique, l’apprentissage du service gratuit,… (Ecole, Familles, Paroisses) ;


La pauvreté

Comment la définir ?
Longtemps perçue comme le seul manque d’argent, on comprend mieux aujourd’hui la fragilité et la précarité du pauvre dans tous les domaines : accès à l’éducation, à la santé, à la justice ; incapacité à agir sur les conditions qui les écrasent, exclusion et ségrégation sociale de fait par l’argent (quartiers bourgeois)…
Le pauvre vit au jour le jour, il lui est impossible de se relever sans l’aide d’autrui.
Pour lutter contre la pauvreté, c’est tout cela qu’il faut « guérir ».

Dans un monde dominé par le libéralisme, la concurrence, la bagarre pour les choses devenues rares, l’appropriation, l’accumulation et l’augmentation des profits, il n’y a pas de place pour le pauvre.
La domination de l’argent dans les relations fait naître les violences.

Au Burkina, en 2003, 46% de la population vit avec moins de 80.000 Fcfa par an.
Mais le pauvre n’a pas perdu sa dignité dans les communautés villageoises ou urbaines.
Rechercher avec lui le bien être humain plus que l’accumulation seule des biens

Attention à ne pas considérer que toute activité contribue à la « lutte contre la pauvreté »,
comme on l’entend dire si souvent aujourd’hui.

Eradiquer la pauvreté exige :
= Un développement endogène.
= Le développement des activités génératrices de revenus.
= Des emplois pour les jeunes.
= La bonne gouvernance. Une volonté et un engagement de l’Etat. (Que l’Etat cesse de se désengager de tout).
= La lutte contre la corruption.
= Une école de qualité pour tous, pour chasser l’ignorance (éviter de « faire du chiffre » avec des maîtres mal formés et peu motivés)
= Des politiques agricoles qui assurent aux paysans un revenu digne et des productions qui assurent au pays la souveraineté alimentaire.
= L’implication des pauvres dans les programmes à eux destinés.
= Une plus grande ardeur au travail, une plus grande créativité et moins de parasitisme
= d’éviter les aides qui rendent dépendants.
= des revenus décents, une éducation à la bonne gestion et l’apprentissage de la prévoyance.


Conclusion

Toute cette semaine a été pour tous les participants une interpellation, un engagement citoyen, un engagement de foi. Ils ont cherché ensemble le regard du Christ sur les réalités du monde et particulièrement du Burkina d’aujourd’hui.



Ils ont reçu pour mission d’annoncer une vision du monde, de dénoncer les mécanismes injustes, de rappeler sans cesse la dimension spirituelle de l’Homme, d’évangéliser l’économie et la politique, de féconder la société par la solidarité.

Il s’agit aussi de proposer des alternatives :
Quitter la seule accumulation des richesses pour « être plus »,
Résister à la seule valeur de l’argent qui s’impose partout,
Combattre les structures oppressives,
Donner place à Dieu au cœur de nos actions humaines.

En retournant dans leurs milieux, dans toutes les structures où ils vont travailler,
ils construiront un réseau de gens qui pourront projeter la lumière sur toutes les formes de corruption.
Dans les paroisses et les familles, à travers la pastorale familiale, ils enseigneront, vivront et feront vivre les valeurs chrétiennes.
Dans l’enseignement, ils éduqueront au civisme.

Chacun, habité par l’Esprit de l’Evangile s’engagera là où il est par une multitude de petits actes quotidiens à construire un monde de droiture, d’honnêteté et de confiance.

Et, comme nous y invitait au début de cette session le mot reçu du pape :
« Corruption et pauvreté sont des drames dans le contexte actuel des crises alimentaires et économiques. Travaillons pour une société plus juste et plus solidaire où chacun pourra vivre dans la dignité »

merci

Ouagadougou, le 20-11-2008
Les participants à la Semaine Sociale du Burkina



Et n’oubliez pas que : (paroles du Père Maugenest, sj.)

« Nous baignons tous dans la corruption » ;
Un progrès moral est il possible ? Peut on faire disparaître la corruption ? Non.
Etre des semeurs de bon grain plus que des arracheurs d’ivraie.
Essayer de penser spirituellement la corruption
Plutôt que lutter moralement contre la corruption.
Nous sommes précaires, corruptibles, voués à la mort.
Mais habités du désir d’incorruptibilité.
Ce qui est voué à la mort disparaîtra.
Vivre alors plus fort la quête de l’Esprit qui fait vivre
Qui conduira le vivant à l’incorruptibilité.
Il s’agit d’un combat spirituel, pas seulement un combat moral.
Nous sommes capables d’incorruptibilité : c’est l’œuvre de Dieu en nous.
Qui passe par la Croix.

La vie sociale est risquée ; chacun sera jugé sur ses actes.
Que chacun y fasse sa vie selon l’Esprit (conversion), selon l’appel de Dieu.
Qu’est ce que l’Esprit m’inspire de faire aujourd’hui ? ou d’éviter ?


.

mardi 2 septembre 2008

Deuxième semaine sociale


La Justice sociale et la Paix au Burkina Faso :

Quelle contribution de l’Eglise Catholique ?

Je viens de participer à la 2° semaine sociale de l’Eglise famille de Dieu au Burkina Faso. Une très belle expérience et un grand travail fourni autour de ce thème.

Nous étions 150 personnes à travailler pendant 4 jours (Un peu plus de 200 à l’ouverture et à la clôture…)

Deux jours pour écouter, un jour pour échanger, réfléchir, parler et partager, un jour pour tirer les conclusions.

Les participants représentaient tous les diocèses du Burkina Faso. Beaucoup de gens de terrain, prêtres, religieuses, laïcs engagés déjà à l’OCADES ou dans les commissions Justice et Paix, tous attentifs à la vie des populations du Burkina, tous venus là « sans per-diem », porteurs d’attentes fortes par rapport à ce thème, dans un souci de formation, d’engagement et de foi.

« La Paix et la Justice se reçoivent de Dieu » (Mgr Philippe), « La paix n’est jamais définitivement acquise, elle est à construire » (Message de l’abbé Mukasa), « Qui veut la Paix cultive la Justice. » (Paul VI

« Vouloir ensemble, au nom de notre foi, éveiller les consciences, renouveler l’ordre social, défendre les droits en privilégiant les plus pauvres avec comme référence l’Evangile » (Mgr Thomas) ; « La mondialisation exige une proclamation des devoirs humains, celui de la solidarité en particulier : Le monde s’enrichit, les pauvres augmentent, c’est le désastre de notre société »(Mgr Giampaolo, venu de Rome) « Il nous faut bâtir une civilisation de l’Amour : c’est cela le projet de la doctrine sociale de l’Eglise ».

Impossible ici de prétendre résumer les 13 interventions que nous avons écoutées à ce moment… et toutes les interpellations de l’assemblée aux conférenciers. Ecoute respectueuse, mais regard sans complaisance sur notre société. Etonnant spectacle de voir à la même tribune le ministre du travail (Gérôme Bougouma) et un grand syndicaliste Tole SAGNON , SG de la CGTB), un député CDP qui n’hésite pas à parler de conquête du pouvoir (Mahamat SAWADOGO) et le président du PAREN (opposition : Omar DJIGUIMDE). Plus tard, Mgr Anselme SANON (archevêque de Bobo) se retrouvera entre Achille TAPSOBA (député CDP) et maître Stanislas SANKARA (président du parti UNIR/MS – sankariste) « Nous sommes des adversaires, pas des ennemis ». Ont aussi « planché » l’abbé André Ouattara, le Professeur Augustin LOADA, Kassoum KAMBOU, Mme Monique Ilboudo (ministre de la promotion des droits humains), Raymond Goudjo du Bénin et Mgr Thomas KABORE, président de la commission Justice et Paix.

Que retenir de ce temps fort ?

Je vais mêler là ce que j’ai entendu des discours et de ma participation au premier groupe de travail.

D’abord une conscience très vive que dans notre pays, il y a une certaine paix mais elle reste fragile et menacée, sans cesse à construire et à consolider (la « révolte des casques » nous l’a montré).
Ne tient elle qu’à notre pauvreté ? Sans doute pas, mais nous sommes épargnés de l’appétit des grands prédateurs de matières premières et d’énergie…

Est elle construite sur la peur ? oui pour une part. Le non lieu dans l’affaire Zongo,

Une motion fut adoptée par l’assemblée pour dire l’immense trouble qu’a suscité ce non-lieu et demander une solution juste à ce dossier pour rendre à notre pays la paix sociale.

le difficile accès à la justice (félicitations pour le travail des para juristes à Nouna), l’exclusion des juges non corrompus par leur hiérarchie (un exemple particulièrement choquant a été cité au cours des débats), l’impunité (Un grand chef de service me disait un jour : « il faut faire attention, sinon c’est Sapouy et le non-lieu.»)

La paix au Burkina tient surtout à la richesse humaine de nos peuples qui la désirent, à la parenté à plaisanterie, aux mariages inter ethniques et à toutes les structures de réconciliation traditionnelle.

Mais cette paix sociale est menacée :

Par la corruption et les injustices.

« La corruption est une culture qui se généralise, une vague de fond qui monte… » disait le ministre du travail à la tribune. A quoi lui répondait en écho dans le travail de groupe : « On le sait en haut lieu, on ne fait rien, on ne poursuit pas, on étouffe… »

« Beaucoup de structures ont été créées ces dernières années, on a tous les instruments pour lutter contre la corruption » disait Mme Ilboudo. « Mais alors pourquoi les dossiers préparés par ces institutions n’aboutissent ils nulle part ? » disait on dans le groupe. Est-ce une manière d’étendre le pouvoir sur les populations (peur et racket) et de gouverner, chacun étant « tenu » par un dossier en instance à la justice ?

Une motion fut adoptée sur la corruption : travailler à la moralisation de la vie publique et à l’application des lois.

Par un déficit de justice

Tous les intervenants ont convenu que notre justice dysfonctionnait, victime de trop de pressions (politique, économique, parentèle) Tous l’ont dit à la tribune. Alors pourquoi ne fait on rien ?

Par des coutumes injustes venues de la tradition et lentes à évoluer

Mutilations sexuelles

Mariages forcés et violences faites aux femmes

Exclusion des vieilles qualifiées de « mangeuses d’âmes » (Il est évidemment plus facile d’accuser des gens sans défense de maux « invisibles » plutôt que les puissants de leurs maux bien « visibles ») Le jeudi soir, nous sommes allés leur rendre visite à Tangin où elles sont 400 !!! Sur la photo, vous me voyez en train de les saluer: les autres ne se sont pas précipités!

Une motion fut adoptée par l’assemblée pour demander que des moyens soient mis en œuvre pour que cessent ces pratiques d’exclusion, que des documents d’état civil soient donnés à ces femmes et que leurs accusateurs soient condamnés par la loi.

Par une politisation à outrance de tous les secteurs de la vie

Confusion entre le parti majoritaire et l’état, installation de cellules politiques dans les administrations, politisation de certains chefs coutumiers et de certaines autorités religieuses (avec perte de leur autorité morale), des privilèges exorbitants pour les adhérents au parti majoritaire (de l’attribution des marchés publics à l’exemption de poursuites en cas de délit)

A cause de la pauvreté endémique d’une grande partie de la population et de l’étalage choquant de leurs richesses par une minorité.

Les déséquilibres régionaux dans les plans de développement du pays.
Le monde rural qui se sent abandonné

L’accès aux services sociaux de base est encore impossible pour beaucoup

(Alors que s’élèvent à Ouagadougou de richissimes villas dites « de l’impunité »)

Une motion fut adoptée pour renforcer l’éducation à la culture de la paix et promouvoir de vraies politiques sociales qui nous conduiront à la paix

La paix est menacée aussi (et surtout peut être) parce que notre engagement pour la justice est trop limité, l’engagement de la société civile pour la justice est trop timide, l’engagement des citoyens tarde à se faire jour.

Civisme trop faible, peur latente, pesanteurs sociales…

Le silence des « braves gens » devant les injustices, la corruption, les inégalités, c’est grave !

C’est une invitation pour nous chrétiens, tout particulièrement, à nous réapproprier la dimension prophétique de notre baptême : agir et dénoncer, pour construire une société plus juste, pour bâtir la paix.

Une motion fut adoptée pour nous inviter au discernement, à l’action courageuse, à l’engagement en faveur de la justice et de la paix, sans jamais nous laisser instrumentaliser comme parfois, hélas, aujourd’hui. Il faut qu’à travers nos engagements, l’Eglise retrouve sa crédibilité.

Bien d’autres aspects furent abordés dans cette rencontre ; l’église, sa hiérarchie et ses structures ne furent pas épargnées ; en particulier sur l’école où, l’église n’ayant pas les moyens de ses choix, se retrouve elle-même dans une position délicate ; certains de ses pasteurs nous paraissent trop liés au régime, etc.…

Des suggestions nombreuses ont été faites pour le travail de la commission Justice et Paix et pour les sujets de nos prochaines semaines sociales… mais c’est un autre chapitre.

Pour terminer, je cite ces mots tout simples du responsable Afrique de Caritas internationalis qui était avec nous :

« Dieu nous aime…L’Afrique est belle et riche… Chacun naît pauvre et nu : que faisons nous de nos talents ? Restez unis, travaillez ensemble, vous serez forts pour faire ce que vous avez dit. Jésus a promis d’être toujours avec nous. »

Koudougou, le 16 novembre 2006.

Jacques Lacour

Assistant au SEDELAN

jacqueslacourbf@yahoo.fr