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dimanche 15 février 2009

Gaza ou la mémoire juive bafouée

07-02-2009

Trouvé dans le journal Le Monde (Article paru dans l'édition du 29.01.09).
envoyé par un confrère

Lettre ouverte de Jean-Moïse Braitberg


"Monsieur le Président, je vous demande de retirer le nom de mon grand-père, gazé en 1943 à Treblinka, du mémorial Yad Vashem dédié aux victimes juives du nazisme" : c'est par ces mots très forts que l'écrivain juif Jean-Moïse Braitberg s'est adressé en fin de semaine dernière au chef de l'Etat d'Israël Shimon Peres dans une lettre ouverte publiée par "Le Monde".

Jean-Moïse Braitberg est révolté par les conséquences de l'offensive israélienne sur Gaza, qui a fait 1.330 victimes palestiniennes dont 400 enfants, et plus généralement par le sort réservé aux populations arabes de Palestine depuis 60 ans. Il dénie à Israël le droit d'être "le centre de la mémoire du mal fait aux Juifs et donc à l'humanité toute entière". Un texte bouleversant qui brise un tabou et suscite évidemment des réactions dans le monde entier.
Le mémorial de Yad Vashem est un mémorial israélien à Jérusalem, en mémoire des victimes juives de la Shoah perpétrée par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il a été établi en 1953 par la Loi du mémorial votée par le parlement israélien, la Knesset.

Monsieur le Président de l'Etat d'Israël, je vous écris pour que vous interveniez auprès de qui de droit afin que l'on retire du Mémorial de Yad Vashem dédié à la mémoire des victimes juives du nazisme, le nom de mon grand-père, Moshe Brajtberg, gazé à Treblinka en 1943, ainsi que ceux des autres membres de ma famille morts en déportation dans différents camps nazis durant la seconde guerre mondiale. Je vous demande d'accéder à ma demande, monsieur le président, parce que ce qui s'est passé à Gaza, et plus généralement, le sort fait au peuple arabe de Palestine depuis soixante ans, disqualifie à mes yeux Israël comme centre de la mémoire du mal fait aux juifs, et donc à l'humanité tout entière.

Voyez-vous, depuis mon enfance, j'ai vécu dans l'entourage de survivants des camps de la mort. J'ai vu les numéros tatoués sur les bras, j'ai entendu le récit des tortures; j'ai su les deuils impossibles et j'ai partagé leurs cauchemars.

Il fallait, m'a-t-on appris, que ces crimes plus jamais ne recommencent ; que plus jamais un homme, fort de son appartenance à une ethnie ou à une religion n'en méprise un autre, ne le bafoue dans ses droits les plus élémentaires qui sont une vie digne dans la sûreté, l'absence d'entraves, et la lumière, si lointaine soit-elle, d'un avenir de sérénité et de prospérité.

Or, monsieur le président, j'observe que malgré plusieurs dizaines de résolutions prises par la communauté internationale, malgré l'évidence criante de l'injustice faite au peuple palestinien depuis 1948, malgré les espoirs nés à Oslo et malgré la reconnaissance du droit des juifs israéliens à vivre dans la paix et la sécurité, maintes fois réaffirmés par l'Autorité palestinienne, les seules réponses apportées par les gouvernements successifs de votre pays ont été la violence, le sang versé, l'enfermement, les contrôles incessants, la colonisation, les spoliations.

Vous me direz, monsieur le président, qu'il est légitime, pour votre pays, de se défendre contre ceux qui lancent des roquettes sur Israël, ou contre les kamikazes qui emportent avec eux de nombreuses vies israéliennes innocentes. Ce à quoi je vous répondrai que mon sentiment d'humanité ne varie pas selon la citoyenneté des victimes.

Par contre, monsieur le président, vous dirigez les destinées d'un pays qui prétend, non seulement représenter les juifs dans leur ensemble, mais aussi la mémoire de ceux qui furent victimes du nazisme. C'est cela qui me concerne et m'est insupportable. En conservant au Mémorial de Yad Vashem, au cœur de l'Etat juif, le nom de mes proches, votre Etat retient prisonnière ma mémoire familiale derrière les barbelés du sionisme pour en faire l'otage d'une soi-disant autorité morale qui commet chaque jour l'abomination qu'est le déni de justice.

Alors, s'il vous plaît, retirez le nom de mon grand-père du sanctuaire dédié à la cruauté faite aux juifs afin qu'il ne justifie plus celle faite aux Palestiniens. Veuillez agréer, monsieur le président, l'assurance de ma respectueuse considération.

Jean-Moïse Braitberg

vendredi 30 janvier 2009

Retour de Gaza

Francis WURTZ

http://www.francis-wurtz.eu/releases.htm#270109

RETOUR DE GAZA

Compte-rendu sommaire de mon séjour à Gaza les 22 et 23 janvier 2009

J'ai pu, grâce à une association franco-palestinienne avec laquelle je coopère de longue date (l'association des Villes jumelées avec des camps de réfugiés palestiniens), et grâce à diverses interventions diplomatiques, entrer dans Gaza, le jeudi 22 janvier dernier, après une attente de 24 heures à Rafah (frontière égyptienne).

Les interlocuteurs habituels de cette association -sans lien avec les autorités actuelles de la bande de Gaza- nous ont accompagnés à travers tout le territoire. Hormis des journalistes et des acteurs humanitaires, nous avons ainsi été parmi les tous premiers à découvrir "de visu" les horreurs de la guerre, du sud jusqu'au nord. Nous avons pu être au contact direct de la population, sur le terrain et chez les habitants, logeant dans des familles, partageant des collations avec des Palestiniens des camps de réfugiés les plus touchés, discutant de longues heures durant, dans l'obscurité d'une nuit sans électricité, avec des victimes qui ressentaient manifestement le besoin de se libérer en témoignant.

Nos principales étapes furent Rafah, Khan Younès, la ville de Gaza, Zeitoun, Jabalyia, Al Attatra. C'est au nord et à l'est de Gaza - ville que l'on découvre les pires dévastations et que l'on recueille les témoignages les plus accablants pour l'armée israélienne. En y allant, on comprend pourquoi les journalistes avaient été tenus à l'écart de l'offensive militaire!

Mais les traces de la terreur infligée pendant 22 jours et nuits à la population de Gaza sont visibles dès la première localité au sud du territoire: Rafah, une agglomération de 180 000 habitants dont 85% sont des familles de réfugiés. Nul besoin de guide. Les gens vous hèlent. Ils ont besoin de montrer au monde les destructions subies, de raconter le calvaire enduré, d'exprimer - au demeurant avec beaucoup de retenue et de dignité - les souffrances durables. Une nuée d'enfants vous suit où que vous alliez. "What is your name? How are you?" lancent-ils en riant. Ils s'amusent, demandent qu'on les prenne en photo, mais quand on les interroge sur la guerre, un petit gamin lâche: "on tremblait!"

Au centre de Rafah, la foule est dense autour d'un petit marché - on nous dit que les produits qui y sont vendus à des prix prohibitifs ont été introduits en contrebande par les fameux tunnels... C'est la rançon du blocus. Autour de nous, des maisons en ruines, des toits arrachés, des familles entières assises dans leur ancienne maison éventrée. Ils nous racontent: une seule frappe de F16 a suffi pour provoquer toutes ces destructions - en tout 80 impacts! C'était la nuit du 31 décembre...

On nous a dit, sans qu'il nous ait été possible de vérifier l'information, que la femme pilote de ce bombardier venait d'être condamnée en Israël à deux ans de prison pour avoir refusé de "finir le travail" par un second passage. Un viel habitant nous fait visiter sa "maison" - un taudis à ciel ouvert depuis le bombardement. "Il n'y a jamais eu d'arme ici, Monsieur!" répète-t-il. "L'avion n'avait pas de cible. Il nous a tous bombardés!". Malgré tout, le quartier grouille de monde. Chacun vaque à ses occupations quotidiennes. L'essence étant devenue inaccessible pour le plus grand nombre, la carriole tirée par un âne remplace souvent la camionnette. On se débrouille comme on peut. La vie est plus forte que les F16.

Une discussion s'engage avec le leader du camp de réfugiés de Rafah. C'est un homme mesuré et courageux. Il a déjà passé cinq ans de sa vie dans les prisons israéliennes et une autre période en résidence surveillée. Membre du Fatah, il connait de nouvelles difficultés depuis la prise de pouvoir du Hamas. Mais aujourd'hui, il ne veut parler que de la guerre "qui frappe l'ensemble du peuple de Gaza". Et pour lui, "Gaza, c'est l'âme de la cause palestinienne. Le revendication nationale est partie d'ici."

Près de Khan Younès, nouvelle illustration de la punition collective indistinctement infligée à la population. Ici, un vignoble entièrement ravagé. Là, une ... station d'épuration d'eau, servant tout le secteur, écrasée sous les obus des chars. Autour, toutes les maisons sont détruites, sauf un immeuble dont il ne reste que la carcasse. Nous y découvrons sur un mur un croquis sommaire des cibles voisines - dont la station d'épuration - annoté en hébreu... Sur place, toutes les personnes insistent: "il n'y a pas de combattants parmi nous. Pourquoi ils détruisent tout? Pourquoi ils tuent nos enfants?" L'exaspération est à son comble. En ville, nous nous arrêtons près d'une mosquée bondée: la prière du vendredi s'y est transformée en meeting politique contre ...Mahmoud Abbas et "tous les baratineurs. La foi et la persévérance sont notre force - y entend-t-on. Avec l'aide de Dieu, nous irons jusqu'à la victoire." A méditer par les partisans de la guerre pour "en finir avec le Hamas"...

Nous arrivons dans la ville de Gaza. Arrêt à l'une des écoles de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens: gravement endomagée par les bombes. Des voisins nous montrent sur leur portable les images insoutenables du déluge de feu qui s'est abattu sur la ville! Autre cible "militaire": le siège ...du Croissant rouge palestinien attenant à l'hôpital Qods! Il n'en reste, là encore, qu'une carcasse calcinée: les bombes au phosphore ont fait leur œuvre. Un peu plus loin, un énorme stock de médicaments a été détruit par les bombes. Bombardé aussi l'immeuble du service d'Etat civil. Ailleurs, c'est une fabrique de limonade qui a été détruite: on en retirera 27 cadavres. Là, c'est un jardin d'enfants: détruit. Puis le parc Barcelona - construit par l'Espagne: détruit. Près de là, un immeuble de 11 étages: détruit. Un peu plus loin, ... un cimetière: détruit!

Nous croyions avoir atteint les limites de l'horreur. C'était sans compter avec ce qui nous attendait à Zeitoun, à l'Est de la ville de Gaza. Devant nous, à perte de vue, un immense champ de ruines. Tout y est dévasté: maisons, fermes, usines. Il ne reste rien. L'odeur y est, plus de deux semaines après le drame, insoutenable. Les témoignages recueillis sur place nous glacent d'effroi. La presse, entretemps, en a relaté la substance. C'est là que la famille Samouni a perdu 33 de ses membres, dans un immeuble où les soldats israéliens, abondamment présents sur place, les avaient parqués depuis plus d'une journée sans nourriture et sans eau! Avant de les écraser sous les obus! Les récits des survivants vous laissent sans voix. Il s'agit de toute évidence d'un massacre délibéré de populations civiles. Avec, de surcroit, des actes d'une infinie cruauté. Les faits remontent au 5 janvier.

Deux jours après, c'est à l'est de Jabalyia, à, Ezbet Abed Rabbo, qu'a été perpétré, selon les dires de témoins, un autre épouvantable crime de guerre. Entre 13 heures et 14 heures, nous précise Khaled, trois chars ont approché de sa maison. Un haut-parleur leur intime l'ordre de sortir. Toute la famille s'exécute en arborant un chiffon blanc. Devant eux, deux jeunes tankistes mangent nonchalamment des barres de chocolat et des chips, sans leur adresser la parole. Soudain, un troisième soldat sort du char, tire, tuant deux petites filles de la famille et blessant la troisième. Pendant plus de deux heures, ils leur ont interdit de bouger avant de lancer au père des deux fillettes: "tu peux partir"!

Après un silence, Khaled poursuit: un voisin tente d'aider les survivants en approchant son ambulance. Les soldats lui font quitter le véhicule avant d'écraser l'ambulance avec un char. (Chacun peut, en effet, voir ce qu'il en reste.) Un peu plus loin, un autre voisin leur vient en aide, avec sa carriole tirée par un âne. L'homme et l'animal sont, à leur tour, abattus, affirme Khaled en nous donnant le nom de cette personne.

Ces allégations sont tellement graves qu'elles demandent naturellement à être vérifiées. La vision d'horreur à perte de vue accrédite en tout cas l'hypothèse d'un acharnement d'une violence et d'une cruauté à peine imaginables de la part de l'armée israélienne.

Nous arrivons à Jabalyia, grand centre urbain au nord. Le seul camp de réfugiés y compte plus de 100 000 habitants. C'est là qu'une (autre) école des Nations Unies a été bombardée: on retirera 47 corps des décombres. Le père de l'une des victimes, 24 ans, répète, désespéré: "on nous avait conduits ici pour être en sécurité. Nous n'avons plus d'endroit où nous mettre à l'abri." C'est la répétition de ces bombardements prenant pour cible des sièges des Nations Unies qui a conduit le Secrétaire général de l'ONU à se rendre sur place, peu de temps avant notre arrivée, et à y tenir des propos légitimement durs.
Autre quartier, autre champ de ruines, nouveau témoignage accablant: "ils sont rentrés chez nous", raconte d'une voix lasse et monocorde un vieux monsieur assis devant sa maison intacte. Il nous relate le drame vécu par sa famille: "ils les ont plaqués contre le mur, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Ils ont emmené mon fils de 42 ans au premier étage et ont tiré. Puis, en redescendant, ils ont dit à mon autre fils: "ton frère est mort. Tu peux appeler des secours." Mais quand il est sorti en levant les bras, ils lui ont coupé les doigts d'une rafale. Puis ils sont restés, empêchant l'ambulance d'approcher. Ils ont tiré aussi sur une voiture de l'UNRWA (ONU) venu pour aider ma famille, car mon fils y était employé depuis 20 ans. Un député arabe de la Knesset a pu être joint. Il a contacté Ehud Barak, le ministre de la défense, pour qu'il intervienne. Celui-ci a refusé, soulignant que "là où l'armée est présente, c'est elle qui décide". Quand ma famille a enfin pu voir mon fils, on s'est rendu compte qu'il n'était pas mort sur le coup. Ils l'ont laissé agoniser et perdre son sang! Il laisse huit orphelins. Cinq d'entre eux étaient présents quand ils ont tiré." Le vieil homme, prostré, s'est arrêté de parler.

Les témoignages sont également bouleversants dans un gymnase, une bibliothèque et une salle des fêtes du camp de réfugiés de la ville, transformés en centre d'hébergement pour 575 sinistrés du quartier, dont la plupart sont des femmes et des enfants. Les locaux sont bien entretenus mais la promiscuité y est insupportable. "Nous avons tout perdu" revient comme un leitmotiv. Une dame remercie une ONG d'avoir livré deux lits de camp. Une autre réclame "une vraie solution: pouvoir vivre en famille et que les enfants puissent aller à l'école." Quand nous nous retirons, une voix nous lance: "Ne nous oubliez pas! On compte sur vous! Dites-leur!" Nous ne les avons pas oubliés.

Le soir, nous nous retrouvons dans la cour d'un immeuble du camp de réfugiés. Les voisins affluent. Surtout des jeunes. Nous sommes vite une quarantaine, assis autour d'une simple lampe-torche. Pas d'électricité ni de gaz. On répare. Quelqu'un est allé chercher le gynécologue dont les cris de douleur en direct à la télévision israélienne ont fait le tour du monde. C'est un voisin. Il était ce matin sur la tombe de ses deux petites filles tuées par une bombe alors qu'il répondait par téléphone à un journaliste israélien. Nous ne le verrons pas ce soir. Il est à Tel Aviv où il a repris son travail au grand hôpital...

On nous sert thé et café, puis la parole se libère... Vous imaginez. Vers minuit, une heure, nous prenons congé, en promettant de révéler ce que nous avons vu et entendu et d'agir en conséquence: pour l'aide d'urgence, la levée du blocus et l'ouverture des accès à Gaza; pour l'envoi d'une force internationale de protection des populations; pour la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale afin que toute la vérité soit établie et tous les responsables punis; pour une politique beaucoup plus offensive de l'Union européenne en faveur d'une paix juste et durable au Proche Orient .

Cela suppose avant tout plus de courage et d'indépendance politique, pour ne pas laisser passer des opportunités historiques comme l'Initiative de paix arabe de 2002 et 2005 - qui permettait la normalisation des relations de tout le monde arabe avec Israël en contrepartie du retour aux frontières de 1967! - ou le gouvernement d'unité nationale palestinien de 2007 constitué sur les mêmes bases entre Mahmoud Abbas et le Hamas. Cela suppose plus généralement une relation avec Israël reposant, non plus sur la complaisance et l'impunité, mais sur le strict respect du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies.

Vérité, justice, paix... Après tout, nous ne demandons qu'à voir traduites en actes les "valeurs européennes"...

Bruxelles, le 27 janvier 2009

dimanche 25 janvier 2009

A propos de Gaza

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Que dire ? que faire devant l'horreur?
des amis qui préparent une déclaration me demandent quelques éléments,
voici ce que je leur ai envoyé:

= les raisons invoquées pour entrer à Gaza sont fausses:
Les roquettes sont dérisoires.
Israël sait parfaitement qu'il ne peut faire tomber le Hamas de cette façon.
Et si ce n'était que pour des raisons électorales immédiates, alors, ce serait ignoble...
mais cette agression était planifiée depuis longtemps...
peut-être depuis la découverte de gisements de gaz au large de Gaza...

= je suis révolté et scandalisé
de cette agression violente et disproportionnée contre un peuple chassé de sa terre, confiné dans un véritable camp de concentration, coupé de tout, dépendant uniquement de l'aide internationale et ainsi condamné au désespoir et à la violence. (ce confinement me fait penser parfois au ghetto de Varsovie)

L'armée de Tsahal est entrée dans ce territoire pour tuer et pour terroriser une population qu'elle espère voir fuir à plus ou moins long terme pour prendre les territoires (et les éventuels gisements de gaz). Israel ne veut pas d'une paix dans les frontières de 1967: nous en sommes tous maintenant témoins.



= je suis révolté et scandalisé
de l'utilisation d'armes nouvelles et expérimentales contre les populations civiles: uranium appauvri, DIME, bombes au phosphore. C'est une barbarie calculée et inacceptable.



= je suis révolté et scandalisé
parce que les bâtiments de l'ONU ont été bombardés: non respect de la communauté internationale dont Israel se moque des décisions et des règles. alors que c'est d'elle seule qu'elle tient sa légitimité actuelle.
parce qu'un hôpital au moins a été bombardé: non respect des conventions internationales élémentaires
parce que des écoles ont été bombardées: mépris du droit à la vie de ces enfants dont 300 ont été massacrés dans cette tuerie.



= je suis révolté et scandalisé
parce que les Etats Unis ont soutenu cette agression et ont fourni ces armes "expérimentales"
parce que l'Union Européenne se tait devant ce massacre et laisse faire.
parce que les dirigeants des pays arabes divisés n'ont rien fait pour leurs frères.

Avec le secrétaire général des Nations Unies, horrifié par le spectacle de sa récente visite,
je réclame une enquête et des sanctions.



Tous aujourd'hui savent que l'armée de Tsahal a commis des crimes de guerre à Gaza. Cela se confirme par la décision du gouvernement israelien de mettre en place des mesures pour couvrir les criminels et il en charge la "justice":

"Le ministre de la Justice d'Israël, Daniel Friedman, est désigné par le Premier ministre israélien Ehoud Olmert pour diriger une équipe interministérielle qui coordonnera la défense juridique de responsables civils et militaires israéliens contre des demandes de poursuites pour "crimes de guerre", notamment auprès d'instances internationales. Par ailleurs, la censure militaire a déjà pris les devants en interdisant la publication de l'identité des chefs d'unités engagées dans l'offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas, de crainte qu'ils ne soient poursuivis pour crime de guerre."





Pourquoi j'ai écrit ces mots ?
Ces quelques lignes ne sont qu'un brouillon -- et je souhaite encore le corriger --, mais devant de tels faits, il est bien difficile de réfléchir sereinement et nous devons pourtant nous entrainer à trouver les mots pour dire ce dont nous venons d'être les témoins, impuissants et horrifiés pour la plupart d'entre nous. Me taire me semblerait participer à ce crime.




Dans la tradition judéo-chrétienne qui m'a baignée, je ne peux m'empêcher de penser à ce peuple bien aimé, choisi avant tout autre peuple pour faire le premier l'expérience de la tendresse et de la fidélité de Dieu; pour être le premier arraché à la barbarie: N’écrase pas l’autre ; meurtre pour meurtre, œil pour œil, dent pour dent, surtout ne dépasse pas !... « De quoi Israël est il devenu le nom aujourd’hui ? » Qu'a t il donc fait de cette loi qui devait être signe pour l'humanité entière ?

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jeudi 15 janvier 2009

nouvelles de Gaza

e : Patrick Girard patrickgirard3@hotmail.com
Envoyé le : Jeudi, 15 Janvier 2009, 12h17mn 09s
Objet : FW: Tr : Tr : le Blocus puis la guerre !

rien ne vaut les témoignages en direct...
A l'heure où j'écris, Régis Garrigue (que vous avez peut-être vu hier soir au 20h de France2 et qui opère à l'hôpital Al Quds) vient d'appeler : 2 bombes au phospore viennent de tomber sur l'hôpital, le toit est en feu et 60 malades et opérés en paralysie respiratoire. Bombardés également ce matin le QG de l'UNRWA, l'immeuble du Croissant rouge (sur le toit duquel j'avais pris les photos que j'ai envoyées à certains d'entre vous), la mairie de Gaza-ville, le CICR (Croix Rouge).
Et les Israéliens pinaillent pour le dédouanement de notre 1er avion d'aide humanitaire qui s'est posé hier soir. Il veulent la traduction en anglais des 150 pages de médicaments que contiennent les cantines de 1e urgence, refusent l'importation du chlore pour potabilisation de l'eau et des groupes électrogènes. Demain midi commence Shabbat, il est fort à parier que rien n'aura quitté Ben Gourion avant dimanche... Et il faudra ensuite faire rentrer le matériel dans Gaza...
Je n'ose pas penser à l'arrivée du 2e avion, prévue incessamment sous peu, et qui contient des tonnes de viande en boite hallal et estampillées de leurs donateurs : Mosquée de Paris et Croissant Islamique....
Je retourne à mes trads...
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