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vendredi 28 janvier 2011

Washington face à la colère du peuple tunisien

Un autre point de vue particulièrement intéressant

Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vraie Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.


Les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et contrecarrent leurs plans. Les événements qui ont fait vibrer la Tunisie depuis un mois n’échappent pas à cette règle, bien au contraire.

Il est donc pour le moins surprenant que les grands médias internationaux, suppôts indéfectibles du système de domination mondiale, s’enthousiasment soudainement pour la « Révolution du jasmin » et multiplient les enquêtes et reportages sur la fortune des Ben Ali qu’ils ignoraient jusque là malgré leur luxe tapageur. C’est que les Occidentaux courent après une situation qui leur a glissé des mains et qu’ils voudraient récupérer en la décrivant selon leurs souhaits.

Avant toute chose, il convient de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie.


lire la suite sur Voltairenet.org
http://www.voltairenet.org/article168223.html

jeudi 20 janvier 2011

L’Occident, un obstacle à la démocratisation

L’Occident, un obstacle à la démocratisation

L'Europe, France en tête, est complice des crimes des dictatures du monde arabe, accuse un journaliste marocain.

20.01.2011 | El-Houssine Majdoubi* | El País


Les habitants du monde arabe suivent avec grand intérêt et enthousiasme les événements historiques qui ont lieu en Tunisie. Ils s’interrogent sur l’avenir des gouvernements de la région, après le renversement du président Zine El-Abidine Ben Ali en raison de l’injustice politique et sociale qu’il a fait régner pendant plus de vingt ans. Cette révolution met en évidence non seulement le rôle crucial des nouvelles technologies pour mobiliser les peuples, mais aussi le rôle répugnant de l’Occident, qui apporte un soutien inconditionnel à la perpétuation de dictatures moyenâgeuses.

Malgré le manque de libertés, l’injustice sociale, les niveaux insupportables de corruption et l’Etat policier, l’Occident n’a cessé de défendre ces régimes. Jusqu’à ce que Ben Ali soit renversé, l’Occident le considérait comme un “élève exemplaire”. Le président français Nicolas Sarkozy a même déclaré en 2008 que la Tunisie vivait en démocratie. Pendant tout le mois qu’a duré le mouvement de protestation, les gouvernements occidentaux, à l’exception des Etats-Unis, ont gardé un silence suspect – la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, a même proposé de conseiller le gouvernement tunisien sur la façon de mettre fin aux manifestations. Une telle attitude met en évidence le deux poids deux mesures de l’Occident quand il s’agit d’exiger la démocratisation de certains pays.
D’un côté, l’Union européenne, France en tête, fait pression sur les présidents ivoirien, soudanais et iranien, et de l’autre elle garde un silence plus que suspect sur ce qui se passe dans le monde arabe, et surtout au Maghreb. Si l’Occident a joué un rôle crucial dans la démocratisation des pays de l’Europe de l’Est, elle fait tout le contraire avec les pays arabes. Non seulement elle soutient les régimes dictatoriaux, mais elle les aide à piller les richesses nationales en leur permettant d’ouvrir des comptes où ils peuvent déposer leur butin et d’acquérir des biens immobiliers et des actions de grandes entreprises européennes. Avec un tel comportement, l’Occident se rend complice par excellence de ces crimes. L’Europe offre également depuis plusieurs années, un autre cadeau à ces dictateurs en refusant d’accorder l’asile politique à ceux qui fuient ces régimes sanglants.

Pis, l’Occident ne cesse de répéter qu’il lutte contre les mouvements islamistes et les terroristes, mais les études sociologiques montrent que le fanatisme découle directement de l’injustice sociale et de la corruption de ces régimes dictatoriaux. Malgré cela, l’Occident ferme les yeux sur cette réalité et sur ces faits et se lie avec les dictatures.

* Journaliste marocain, correspondant en Espagne du quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi.

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samedi 15 janvier 2011

Ben Ali : Au revoir Président ? Mon oeil !

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C'est fait. Zine el-Abidine Ben Ali, Président dictateur de Tunisie, a finalement décampé comme le voleur qu'il était après plusieurs semaines de protestations et d'émeutes sanglantes dans son pays...

(...)

La rue semble donc avoir été la plus forte, démocratiquement et sans verser dans l'excès, juste victime des tirs meurtriers de la police. Les rares barbus présents ont été boutés des cortèges à coups de pieds dans le cul, et le tyran d'extrême droite a quitté le pays comme le malpropre qu'il était. Fin de la version officielle, sauf que...


Sauf que la prise du pouvoir par le Premier sinistre Mohammed Ghannouchi possède tous les atours du coup d'Etat. Le plumage, le ramage et même l'odeur. Les mêmes crapules qui saignent le peuple tunisien sont toujours en place et comptent bien y rester jusqu'à nouvel ordre. Le gang des Trabelsi, belle-famille rapace de Ben Ali, s'est réfugié en France dans la nuit de vendredi à samedi et conserve le contrôle de son empire économique. Les flics meurtriers reçoivent toujours leurs ordres. Le couvre-feu et l'usage de tirs à balles réelles sont confirmés, et la presse tunisienne continue à enfumer les populations avec la même ardeur que Le Figaro ou TF1. Au revoir président ? Vive la liberté ?

(...)


Sarkozy, épouvanté à l'idée de mécontenter la très pacifique communauté tunisienne de France - et de perdre le peu de points de satisfactions qu'il lui reste dans les sondages d'opinions - a en effet fait savoir vendredi soir que « la France ne souhaitait pas la venue sur son territoire du président tunisien en fuite Zine el Abidine Ben Ali ». Et dire qu'il y a deux jours il proposait, via Michelle Alliot-Marie, « le savoir-faire français à la police tunisienne » pour mâter les émeutiers... Sacré Sarko, champion du monde du retournage de veste.


Aux dernière nouvelles, selon Al-Jazira, l'avion du président tunisien se serait posé sur le tarmac de l'aéroport international de Djeddah en Arabie Saoudite. Il peut y dormir sans craintes, car au pays, ses troupes veillent toujours sur ses intérêts.


Très bel article d'Agora vox par Peachy Carnehan
que vous pouvez retrouver intégralement ici

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mercredi 12 janvier 2011

Tunisie: «rien ne peut arrêter ce soulèvement»

Tarek Ben Hiba, 56 ans, président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives

«La situation est extrêmement grave. Nous avons reçu des témoignages d'avocats présents sur place. Ils font état de miliciens venus en bus depuis Tunis jusqu'à Kasserine... des gens cagoulés «du gouvernement», des casseurs qui se font passer pour des manifestants. Je viens d'apprendre aussi que le porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), Hamma Hammani, aurait été emmené par la police politique ce matin. Tout ça au moment même où le Premier ministre Mohamed Ghannouchi annonce la libération de toutes les personnes arrêtées, et qu'il vire par ailleurs le ministre de l'Intérieur...

Je milite depuis dix-huit ans, je n'ai jamais vu ça. Je suis ce qui se passe là-bas sur des sites comme Nawaat, qui fait un boulot formidable pour la liberté d'expression... Le roi est nu, le peuple a bravé le système répressif et tortionnaire. Ben Ali a fait deux discours, appelle au calme et ça ne change rien. Les gens revendiquent des choses simples: davantage de travail, plus de libertés et de justice. Je pense au malheureux Bouazizi qui s'est immolé parce qu'on lui refusait de vendre quelques carottes... Le peuple pose maintenant des limites à la soumission. Il faut un changement radical!

Et avec ça, alors que le dictionnaire de la démocratie est inépuisable, tout ce que trouve à dire Michèle Alliot-Marie c'est qu'elle veut exporter le savoir-faire de la police en Tunisie! C'est honteux, avec tous ces morts! La France continue à donner un brevet de démocratie au régime tunisien... C'est lamentable.»

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