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vendredi 3 avril 2009

CRIMINALISATION DE LA PAUVRETE

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CRIMINALISATION DE LA PAUVRETE

A Quissac, trois individus ont été arrêtés lors d’une récupération de nourriture dans les poubelles d’un supermarché. Le déroulement de cette arrestation fut complètement démesuré : braquage, demande de se mettre au sol, plaquage sur les capots des voitures, menotte, provocation…
Elle a été suivie d’une garde à vue, la soustraction de nourriture dans les poubelles étant considérée exactement au même titre qu’un vol.

Le lendemain matin, cette garde à vue a été accompagnée d’une perquisition sur le terrain privé qui leur est prêté. Rien de reprochable n’a été constaté. Malgré ça, ils se retrouvent sommés de quitter les lieux au plus vite, ainsi que six autres personnes vivant sur le terrain.
Pourtant il semblerait totalement absurde que qui que ce soit se fasse expulser de chez lui suite à un vol en supermarché. Ou même qu’un squat se voit menacé d’expulsion suite à l’arrestation d’un de ses occupants pour récupération de nourriture dans les poubelles…

Aussi, la prise d’ADN désormais systématique à toute accusation et même suspicion (excepté pour les délits financiers !) est imposée aux trois accusés. (Notons qu’un prélèvement coûte au contribuable 400 euros par fiche et que l’on comptait déjà 800 000 fiches par an en 2007)
Soucieux de ce qu’implique cette nouvelle mesure au niveau des libertés de l’individu et de l’application de la justice, l’un d’entre eux refuse cette prise d’ADN.
Il se voit alors convoqué au tribunal de Nîmes pour ce refus considéré comme un nouveau délit…

Au jour où les grandes surfaces jettent impunément des quantités hallucinantes de nourriture en excellant état, et où la récupération de ces déchets devient un délit, il devient impératif de se mobiliser contre ce gaspillage et cette criminalisation de la pauvreté.
Mobilisons-nous contre la criminalisation de la pauvreté et le fichage systématique et généralisé. Rejoignez le comité de soutien des « voleurs de poubelles ! »

Contact :
voleursdepoubelles@laposte.net

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mercredi 24 décembre 2008

Les philosophes, le sans-papiers et la police: bravo Air France, bavo Sarko

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Société... publié le 23-12-2008...

Les philosophes, le sans-papiers et la police

Immigration . Pour avoir protesté contre une expulsion, il y a une semaine, alors qu’ils prenaient l’avion, trois intellectuels français ont été placés en garde à vue.

L’histoire remonte au mardi 16 décembre. Quatre philosophes français se rendent en République démocratique du Congo pour un colloque universitaire, organisé par l’Agence universitaire de la francophonie et les facultés catholiques de Kinshasa. Thème du colloque : « La culture du dialogue, les frontières et l’accueil de l’étranger ». À bord de l’avion, les passagers découvrent un « Africain, menotté, entouré de six policiers en civil ». « L’homme était très calme, très digne », se souvient Pierre Lauret, l’un des philosophes. L’organisateur du colloque, assis à l’avant du porteur, est trop loin pour intervenir. Mais les trois autres philosophes s’interrogent. À des degrés divers, ce sont tous des militants de la cause des sans-papiers, pas du genre à rester tranquillement assis quand on expulse dans le même avion qu’eux… « On a simplement posé des questions. Ça a attiré l’attention des passagers, pratiquement tous des Africains, qui ont commencé à s’indigner, raconte Pierre Lauret. On n’a lancé aucun slogan. Le feu a pris tout seul, mais est vite retombé. Un quart d’heure après, tout le monde était assis. »

C’est alors que le commandant de bord se rend à la place de Pierre Lauret et lui ordonne de débarquer. Après le refus de celui-ci, il est embarqué manu militari par une escorte de policiers en uniformes, qui le plaquent à terre et le menottent. « J’ai été jeté dans une camionnette, le visage en sang, puis mis en garde à vue où je suis resté six heures. » Libéré à 20 heures, il est inculpé d’opposition à une mesure de reconduite à la frontière et d’entrave à la circulation d’un aéronef et convoqué au tribunal de Bobigny pour une procédure de plaider coupable le 4 mars prochain.

Et ce n’est pas tout. Hier, au retour du vol de Kinshasa, les deux autres philosophes, Sophie Foch-Rémusat et Yves Cusset, ont été appréhendés par la police à leur descente d’avion et placés à leur tour en garde à vue. Ils y étaient toujours hier en fin d’après-midi. Sidéré, Pierre Lauret tenait surtout à dénoncer le rôle de la compagnie aérienne : « Tout cela signifie que l’équipage a informé la police de leurs noms et de leur date de retour. Air France, en la personne du commandant de bord, les a livrés pieds et mains liés. »

M. B. (L'Humanité)


Note: Une notice explique les risques de s'opposer à une expulsion

Avant de monter dans l'avion, les trois philosophes comme tous les autres passagers se sont vu remettre une notice d'information, signée du directeur de la police aux frontières (PAF) de Roissy-Charles-de-Gaulle. Cette note spécifie que s'opposer à une reconduite à la frontière "en incitant à faire débarquer une escorte policière ainsi que l'étranger reconduit hors des frontières françaises" est un délit passible d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et d'une amende de 18 000 euros. Les oppositions aux expulsions d'étrangers en situation irrégulière se multipliant, une telle notice est, depuis 2007, de plus en plus systématiquement distribuée en salle d'embarquement par la PAF. Les peines prononcées n'ont jusque-là pas été au-delà du paiement d'une somme symbolique.


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