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mercredi 15 juin 2011

Voyages du désespoir vers l’Europe : plus de 1800 victimes en 2011

Veillée de prière à Rome le 16 juin

ROME, Mercredi 15 juin 2011 -Depuis 1990, au moins 17.597 personnes sont mortes au cours du voyage en direction des frontières de l'Europe, dénonce l’agence vaticane Fides. Une veillée de prière est organisée en leur mémoire à Rome, sous l’égide du Conseil pontifical pour les Migrants et de la communauté de Sant’Egidio, le 16 juin.

Le changement de scénario géopolitique qui intéresse les pays d'Afrique du Nord et en particulier le conflit en Libye ont poussé nombre de personnes à entreprendre la dangereuse traversée en direction de l'Europe. Dans ce contexte, au cours des cinq premiers mois de 2011, ont été enregistrés 1820 morts dans l'ensemble du bassin méditerranéen dont 1633 étaient en voyage vers l'Italie.

Le bilan est probablement plus tragique encore si l'on pense aux personnes qui se trouvaient à bord d'embarcations desquelles on n'a plus eu de nouvelles et qui ne sont jamais parvenues à atteindre les côtes italiennes.

Les routes principales que suivent les flux d'immigrants par mer depuis le début de 2011 sont au nombre de deux : elles proviennent l'une de Tunisie et l'autre de Libye. La route tunisienne a vu 187 personnes mourir noyées alors que la route libyenne a enregistré, au cours de la période de référence, la mort en mer de 1633 immigrants sub-sahariens (selon les données de Fortress Europe).

La condition de ceux qui proviennent de la Libye en guerre est d'extrême vulnérabilité : menacés par l'ensemble des parties au conflit, ils sont contraints d'entreprendre la traversée sur des embarcations délabrées et surchargées afin d'atteindre un refuge sûr en Europe.

Face à ces données, il n'est pas possible de garder le silence. Il s'agit en effet d'hommes, de femmes et d'enfants fuyant des situations de conflit, de graves violations des droits de l'homme et des persécutions. A la recherche d'un refuge, ils ont en revanche trouvé la mort.

A l'occasion de la Journée mondiale du Réfugié 2011, qui sera célébrée le 20 juin, la Communauté de San Egidio, l'Association Centre Astalli, la Fédération des Eglises évangéliques en Italie, la Fondation Migrantes de la Conférence épiscopale italienne, la Caritas Italie et les ACLI organisent cette année encore une veillée de prière en mémoire des victimes des voyages en direction de l'Europe, veillée à laquelle participent communautés et associations d'immigrés, réfugiés et organisations de bénévoles, représentants oecuméniques et parents des victimes.

La veillée, qui a pour thème « Mourir d'Espérance » et sera présidée par Mgr Antonio Maria Vegliò, Président du Conseil pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en déplacement, aura lieu en la Basilique de Sainte Marie en Transtevere à Rome le 16 juin à 18h00.

d'après l'agence ZENIT

jeudi 5 mai 2011

Accueil des Migrants et dialogue islamo-chrétien

Nourrir l’espérance

Accueil des Migrants et dialogue islamo-chrétien


Du 2 au 4 mai 2011 s’est tenue à Tunis une rencontre d’évêques venus de France, d’Espagne et du Maghreb. Accueillie chaleureusement par Mgr Maroun Lahham, archevêque de Tunis, leur réunion appelée « Commission Mixte » avait pour objet d’échanger sur l’accueil des Migrants et de faire le point sur le dialogue islamo-chrétien dans leurs communautés ecclésiales.


En ces temps que nous vivons, les pays du Maghreb et d’autres pays arabes connaissent des revendications importantes touchant la dignité humaine, la liberté, la justice et l’aspiration à une vraie démocratie. Les évêques ont échangé sur les répercussions politiques et sociales que ces événements provoquaient jusque dans de nombreux pays pris de court par ces évolutions rapides. Concernant la Libye, ils appuient les interventions du Pape Benoît XVI et de Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli, sur la priorité du dialogue politique : personne ne pourra maîtriser les conséquences des interventions armées qui frappent aussi des victimes innocentes.


Touchant la question cruciale des Migrants, les évêques constatent que l’Europe cherche surtout à mettre en œuvre une protection drastique qui ne va pas toujours dans le sens de la justice, et devient souvent source d’exclusion et de discrimination.


Le Maghreb est le lieu de transit des migrants en provenance de l’Afrique sub-saharienne et les Eglises y sont témoins des drames que vivent des hommes et des femmes qui quittent leur pays, et elles font d’importants efforts pour les accueillir et les accompagner.


Ces personnes sont remarquables, dans leur détresse, par la force humaine et spirituelle qui les pousse à continuer leur transhumance qui hélas se transforme souvent en calvaire. Se mettre à leur écoute aide à changer le regard, à être plus exigeants sur les questions de justice et de solidarité à l’égard de ces frères et sœurs étrangers qui frappent à notre porte.


Sur cette délicate question des Migrations, deux attitudes ont du mal à se rejoindre : celle de nombreux politiques qui veulent assurer d’abord et parfois exclusivement la sécurité et la protection de leurs citoyens, malheureusement souvent pour des raisons électoralistes et celle des disciples de l’Evangile, qui, au risque d’être taxés de naïveté, veulent envers et contre tout servir d’abord les personnes et les défendre dans leur dignité, y compris si elles sont clandestines et sans papiers. Ces deux attitudes pourraient se conjuguer si l’argent qui sert à protéger les frontières servait à développer au moins l’indépendance alimentaire des pays d’où partent les migrants et si des moyens étaient mis en ouvre pour assurer une vie digne à tous les citoyens. Ceux-ci ne seraient plus dans la nécessité de partir au péril de leur vie. Depuis des dizaines d’années, les Papes ne cessent de le dire, comment ne pas le redire avec eux ?


Concernant les efforts mis en œuvre pour voir avancer le dialogue entre chrétiens et musulmans, les évêques sont pris entre la joie de voir mises en oeuvre des initiatives encourageantes au sein de leurs diocèses et la peine de voir s’amplifier des résistances dues à la peur et à la méconnaissance réciproque dans tous les pays à majorité chrétienne ou musulmane. Il est vrai que certains courants fondamentalistes ne peuvent que renforcer ces craintes.


Ils restent persuadés que la priorité doit être donnée à la rencontre entre personnes d’horizons différents qui laisse place souvent à un échange plus vrai et plus spirituel. La convivialité, vécue au quotidien, reste le terrain d’élection d’un dialogue théologique toujours nécessaire. Les évêques se réjouissent de toute initiative en ce domaine.


Nous soulignons la fécondité et la nécessité de ces travaux réguliers entres les Eglises des deux rives de la Méditerranée : elles nourrissent l’espérance.


Tunis, le 4 mai 2001

Les évêques de la Commission mixte Méditerranée-Maghreb-Europe :

+ Ghaleb BADER - archevêque d’Alger, Algérie

+ Paul DESFARGES - évêque de Constantine-Hippone, Algérie

+ François GARNIER -archevêque de Cambrai, France

+ Alphonse GEORGER - évêque d’Oran, Algérie

+ Maroun LAHHAM - archevêque de Tunis, Tunisie

+ Vincent LANDEL - archevêque de Rabat, Maroc

+ Juan Jose OMELLA - évêque de Calahorra et La Calzada-Logono, Espagne

+ Georges PONTIER - archevêque de Marseille, France

+ Claude RAULT - évêque de Laghouat-Gardhaïa, Algérie

+ Michel SANTIER - évêque de Créteil, France,

+ Claude SCHOCKERT - évêque de Belfort-Montbéliard, France

+ Marc STENGER - évêque de Troyes, France

Père Daniel FARRUGIA - vicaire général de Tripoli, Lybie


et leurs collaborateurs à la Conférence des évêques de France :

P. Bernard FONTAINE, directeur national du Service de la Pastorale des Migrants,

P. Jean FORGEAT, directeur adjoint du Service de la mission universelle,

P. Christophe ROUCOU, directeur du Service pour les relations avec l’islam

vendredi 24 septembre 2010

Projet de loi sur l’immigration en France : réaction des évêques

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Projet de loi sur l’immigration en France : réaction des évêques

En ce mois de septembre, sera présenté à l'Assemblée Nationale le projet de loi sur l'immigration proposé par Monsieur Eric Besson, Ministre.

L'Etat a le devoir d'établir des règles. Dans le domaine de l'immigration, le gouvernement est amené à procéder à la régulation des flux migratoires, prenant en compte le bien commun. Les responsables politiques ont donc à prendre des décisions difficiles, nous le savons bien. Mais, comme évêques catholiques, nous souhaitons dire ce qui, dans le projet tel qu'il est, questionne notre conscience :

La famille est la cellule de base de la société. Pour les migrants, elle joue un rôle essentiel dans leur insertion. Il nous faut combattre toute mesure contribuant à l'affaiblir.

Le droit d'asile
a toujours été défendu par l'Église. Les mesures qui tendent à diminuer le soutien ou les garanties d'une procédure équitable sont inacceptables.

L'intervention du juge des libertés
est indispensable pour entendre la parole des personnes privées de liberté. Retarder cette intervention ou la limiter dans les lieux de plus grande fragilité contrevient à ce droit, y compris dans le cadre de la rétention administrative.

L'aide humanitaire aux migrants en difficulté
ne doit jamais être confondue avec l'activité délictuelle des « passeurs ».

Il serait regrettable que notre pays contribue à ce qu'on appelle la « fuite des cerveaux », dont les pays en voie de développement ont le plus grand besoin.

Avec de nombreux chrétiens qui vivent dans les quartiers les plus pauvres, notamment les communautés religieuses, nous savons ce qu'apportent à notre pays de très nombreux migrants, par leur travail, leur énergie et leur honneur. Nous n'oublions pas les épreuves qu'ils ont dû traverser lors de leur migration.

Nous exprimons également notre reconnaissance et notre soutien à tous ceux qui, personnellement ou en association, se mettent à leur service, dans le désintéressement le plus grand.

Les évêques de la Commission pour la Mission universelle de l'Eglise (CEMUE)
Mgr François Garnier (Cambrai)
Mgr Raymond Centène (Vannes - Pastorale des Gens du voyage)
Mgr Renaud de Dinechin (Pastorale des Migrants)
Mgr Thierry Jordan (Reims)
Mgr Dominique Rey (Fréjus-Toulon)
Mgr Claude Schockert (Belfort-Montbéliard - Pastorale des Migrants)
Mgr Marc Stenger (Troyes)

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samedi 10 avril 2010

migrations, encore! l'Europe se referme de plus en plus sur elle-même

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Dans un échange sur le groupe « Burkina » de yahoo.fr :


De : abdoulaye zampaligre <abdou045@yahoo. fr>
À : burkina-faso@ yahoogroupes. fr
Envoyé le : Sam 10 avril 2010, 2 h 55 min 13 s
Objet : Re : [Liste Burkina] Changement procédure Visa pour la France



Bonjour au groupe
Tout d'abord, toutes mes excuses si mes propos ont blessé quelques personnes que ce soit. A Axionais et à Yves, j'aimerais dire que je suis d'accord avec eux; seulement, quand on impose des conditions comme cela à remplir avant d'obtenir un visa, alors qu'avec même le visa dans le passeport vous pouvez être retenus à l'aéroport et expulsés, (le visa ne donnant pas forcément droit à l'accès au pays de destination ) alors les valeurs de la république à connaitre avant sa venue en France, me semblent pas forcement obligatoires. On a déjà eu à demander aux danseurs et aux musiciens d'un artiste congolais de jouer au consulat de France pour être sur que ce sont ses accompagnants avant de leur refuser le visa. Il y a quelque part un excès de zèle. Je voudrais qu'on nous dise clairement que les portes de l'Europe sont en train de se refermer au nez et à la barbe des africains et que pour tout nouveau migrant, de choisir une autre destination.
Que Dieu nous garde.



Et ma contribution :


C'est désolant, mais c'est ainsi. Les portes de l'Europe se ferment de plus en plus pour les plus pauvres qui sont désormais assignés à résidence avec la complicité de leurs dirigeants. L'Europe ne veut plus accueillir de pauvres. Elle pense -stupidement- qu'elle peut stopper les "flux" migratoires.


Travaillant à l'accueil des demandeurs d'asile à Marseille avec la Croix Rouge, un de mes collègues travaillant dans le même domaine avec la CIMADE, je peux témoigner que tout est mis en œuvre pour refouler le plus de gens possible après de longues et pénibles procédures (dont des convocations à l'OFPRA et à la CNDA à Paris pour des gens sans argent!) L'assistance juridique gratuite est un leurre; sans complément, l'avocat ne fait rien!

Oui, l'Europe se replie sur sa richesse, n'"aidera" l'Afrique que si ça lui rapporte (Cela a été dit clairement par Joyandet) et ne voit pas d'un mauvais œil les troubles qui lui permettent de faire de bonnes affaires (Bolloré en Côte d'Ivoire, par exemple,... vous savez, le grand ami de Sarkozy)

Voilà la situation. Mais partout, il y a de petites et de grandes initiatives pour protester contre cela: l'énorme travail de RESF qui empêche les expulsions les plus stupides, ... ou les cercles du silence qui protestent contre la rétention et l'expulsion des immigrés... Mais c'est un combat difficile et à contre courant d'une opinion matraquée par la thèse de l'immigration = danger.

Au Burkina, luttez contre les accords qui ont été signés l'an passé avec le ministère de l'immigration de France (en solidarité, au moins avec le Mali, qui lui, a refusé) vous verrez que vous ne serez pas nombreux à vous lever... Ici même chose dans ce combat bien difficile pour que les mentalités changent.


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dimanche 13 décembre 2009

Merci, Marietta...

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«Moi, députée française, étrangère pendant la moitié de ma vie»

À l'Assemblée, ce discours-là fut le seul moment de grâce d'une semaine enragée. Mardi, en plein cœur du débat sur l'identité nationale, quand Marietta Karamanli (PS) est montée à la tribune après deux heures sans queue ni tête, elle a parlé cinq petites minutes, avec son accent irrépressible, et les travées se sont tues, sur 180 degrés.

Devant cette représentante de la nation française, née Grecque à la veille de la dictature des colonels, même le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, scotché sur son banc, a relevé le nez. Mais Eric Besson l'a-t-il bien entendue?

«Je voudrais vous faire part de mon expérience, celle de devenir française».......

Lire la suite sur: http://www.mediapart.fr/node/70445


ou bien si vous voulez lire le discours intégral dans le débat de l'assemblée, c'est ici: http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2009-2010/20100079.asp#INTER_57

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mercredi 4 février 2009

accords sur les flux migratoires: à Paris, ça a chauffé!

Accord France-Burkina sur l’immigration : Vifs débats au 159 Bld Haussmann à Paris

mardi 3 février 2009

Le 10 janvier dernier, sur les images de la télévision nationale, Brice Hortefeux, alors ministre français de l’immigration et de l’identité nationale et Minata Samaté, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères du Burkina, semblaient plutôt satisfaits de « l’accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au développement solidaire » qu’ils venaient de signer. Tout sourire, ils s’échangeaient des amabilités et se félicitaient d’être tombés d’accord sur le cadre juridique devant désormais permettre aux deux pays de mieux gérer les flux migratoires.

lire la suite....


En particulier cet extrait:

".......Les débats qui allaient s’engager entre la délégation et les Burkinabè de France ont été pour le moins houleux. En réalité, durant près de deux heures, il n’y a pas eu de discussions, mais on a plutôt assisté à deux monologues en dépit de l’intervention à plusieurs reprises de l’ambassadeur Luc Adolphe Tiao pour rapprocher les deux positions. Globalement, les Burkinabè de France sont hostiles à l’accord et contestent la méthode avec laquelle le gouvernement a mené les négociations. Tout en saluant la démarche d’explication, ils estiment que le gouvernement aurait dû les consulter, écouter leurs doléances et leurs suggestions, ce qui lui aurait permis de prendre en compte leurs préoccupations au moment des négociations. « Nous qui sommes les premiers concernés par cet accord et qui allons le vivre, pourquoi nous avoir ignorés ? » interrogent-ils. « Ni le bureau du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger, ni les associations n’ont été consultés. Pourquoi ? ».

Plus d’une vingtaine d’intervenants se sont relayés soit pour exprimer des inquiétudes, soit pour poser des questions d’éclaircissement, soit pour contester l’opportunité de la signature d’un tel accord. « Avec cet accord qui engage le Burkina à recevoir sur son territoire les ressortissants de pays tiers, notre pays ne va t-il pas devenir le Guantanamo de l’Afrique ? » se demande un intervenant tandis qu’un autre « ne comprend pas pourquoi nous allons nous transformer en gardien de la tranquillité des Européens en empêchant nos ressortissants d’aller chercher le bonheur hors de chez eux ». « On attend rien de vous, tranche un autre. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on a quitté nos familles pour être ici et ce qu’on vous demande, c’est de nous laisser nous battre comme on peut pour nous s’en sortir ».

Alain Ilboudo et ses collègues ne s’attendaient certainement pas à être accueillis avec le Zom Koom de bienvenue (voir vidéo), mais en arrivant à Paris, ils étaient sans doute loin d’imaginer l’hostilité avec laquelle les Burkinabè de France avaient accueilli la signature de l’accord....."

voir ici ce que j'avais écris sur la question

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mardi 27 janvier 2009

Accords sur les flux migratoires : Mais pourquoi donc le Burkina a-t-il signé ?

Droit dans les yeux.

Accords sur les flux migratoires :

Mais pourquoi donc le Burkina a-t-il signé ?



Nous venons tous d’apprendre la visite surprise de Mr Hortefeux à Ouagadougou pour faire signer au gouvernement du Burkina un « accord » pour la régulation des flux migratoires dont tout le monde sait que le Burkina n’était pas demandeur. S’il y a sept (7) chapitres dans cet accord, il y en a deux qui tiennent particulièrement à cœur Sarkozy et son exécutant Hortefeux : L’un concerne la « coopération policière », qui doit tout faire pour empêcher les gens de sortir du Burkina vers la France; l’autre concerne la réadmission des personnes en situation irrégulière en France : elle consacre le droit pour la France d’expulser les sans papiers, menottés et scotchés comme de vulgaires délinquants, comme en ont été témoins tant de voyageurs sur les vols d’Air France. Bien sûr, tout cela assorti d’ « une petite enveloppe » qui s’étale sur les cinq autres chapitres tout à fait secondaires. (ça n’a rien à voir avec ce que la France a investi pour sauver ses banques).


Pourquoi donc cette décision soudaine sans aucune consultation publique d’aucune sorte ; à ma connaissance, pas même les députés n’ont été consultés… ils pourront bien poser des questions après ! Pas de débat public non plus sur ces questions douloureuses de l’émigration des Burkinabè vers l’Europe : on en connaît déjà qui sont morts dans le désert, qui sont morts noyés, ou qui se retrouvent en attente de départ au Sénégal, en Algérie ou en Libye (mais là bas, c’est plus chaud !) Ainsi donc, sur les choses essentielles qui concernent les peuples, les peuples n’ont toujours pas droit à la parole. A moins que cet accord n’ait été imposé ?


« immigration choisie »


Ce que j’arrive mal à comprendre, c’est qu’à travers cet accord, le Burkina cautionne et approuve la politique française de l’immigration qui se résume à deux volets essentiels :

Le premier volet, c’est la chasse aux sans papiers pour laquelle la police doit faire du chiffre (en attraper au moins 25.000 par an), y compris arrestation de parents à la sortie des écoles ou dans les préfectures où ils venaient pour une régularisation : il suffit d’écouter les cas défendus par RESF (Réseau éducation sans frontières) pour comprendre le cynisme et le mépris d’une telle politique. Et Hortefeux, ministre de la rafle, y a excellé. Tout cela n’est d’ailleurs pas une politique réfléchie : c’est un argument électoral à court terme pour récupérer les voix de l’extrême droite, et ça marche. Mais cela coûte très cher à la France et la presse évite d’en parler : une expulsion coûte environ 20.000 euros (13.000.000 Fcfa ) Un retour volontaire ne se voit offrir que 2 ou 3.000 euros : cherchez l’erreur !


Le deuxième volet (dit « immigration choisie ») est d’attirer en France les gens formés et compétents : c’est la traite des cerveaux. Comment le Burkina peut il approuver une telle politique ? Il est vrai que les dirigeants qui signent ne sont pas concernés, ni leurs enfants : Eux voyagent comme ils veulent… (Quoique, semble-t-il, ils n’aient même pas réussi à obtenir un petit amendement pour les passeports diplomatiques et de service !)


En quoi cette signature va-t-elle améliorer les conditions d’entrée et de séjour des Burkinabè en France ? Les files disparaîtront-elles devant le guichet visa du consulat de France ? Vous seriez bien naïfs de le croire ! « On signe n’importe quoi » me disait un jour un haut fonctionnaire « pourvu que ça rapporte ». Joyandet, le ministre de la Françafique ne dit pas autre chose : « la coopération, oui, si ça nous rapporte ».


Le drame de la signature de cet accord, c’est aussi que le Burkina s’est profondément désolidarisé du Mali. Tous savent que le Mali a refusé, en accord avec sa société civile, de signer de pareils accords si peu réciproques et si humiliants. Ce que les émigrés maliens (réguliers ou sans papiers) envoient au pays est largement supérieur à l’aide de la France. « Une petite enveloppe » ne peut pas arranger les choses comme au Burkina. Même si le problème est plus aigu là bas et moins chez nous, pourquoi ne pas avoir fait preuve de plus de solidarité devant une question si épineuse où les droits de l’Homme le disputent aux raisons économiques. Une réaction si individualiste du Burkina (qui préside pourtant aux destinées régionales) est incompréhensible et augure mal de politiques communes pour l’Afrique de l’Ouest !


Et tout cela ne facilite pas non plus le travail des militants français qui défendent sur le terrain la cause des immigrés et contestent les lois injustes récemment promulguées. Si leurs dirigeants au pays abandonnent leurs ressortissants, que peuvent encore faire les militants pour eux? Déjà que Sarkozy criminalise toute forme de solidarité avec les migrants sans papiers – comme s’ils n’étaient plus des hommes, mais des criminels. Déjà qu’à cause de la crise, les populations les plus pauvres voient en eux des concurrents pour le travail. Déjà qu’ils sont mal perçus par la frange lepéniste et raciste de la société française. Déjà que le repli communautariste tente la société française… Il ne fallait pas ajouter cette signature qui va encore leur compliquer la situation !


ils veulent assigner les pauvres à résidence

Il est étonnant de voir que la plupart des dirigeants actuels de la planète exigent la libre circulation des capitaux (y compris dans les paradis fiscaux…) On voit où cela nous mène !
Ils exigent la libre circulation des marchandises au risque de broyer les économies naissantes et de favoriser le dumping social contre les peuples au profit des multinationales.
Mais ils refusent absolument la libre circulation des personnes pourtant inscrite depuis 60 ans dans la charte des droits de l’Homme des Nations Unies.


C’est clair, ils veulent assigner les pauvres à résidence (comme les serfs au Moyen Age), les enfermer dans leur pauvreté avec la complicité de leurs dirigeants tout en rackettant la planète à leur seul profit.

Pourtant, et ils le savent, leurs mauvaises réglementations à court terme n’empêcheront pas les hommes et les femmes de ce temps – comme il en a toujours été – de prendre la route pour un destin meilleur pour fuir la misère ou la guerre, ou simplement de « partir pour vivre ». Puissions nous construire « des ponts, pas des murs ».


Père Jacques LACOUR (BP 332 Koudougou)

jacqueslacourbf@yahoo.fr



Ce texte a été publié dans le journal Le Pays du mardi 27 janvier 2009, rubrique "droit dans les yeux"

Il a également été repris dans l'édition du jour du Fasonet.

et avec des réactions assez fournies!


samedi 24 janvier 2009

30 000 expulsions par an, c'est la honte

Mercredi 21 janvier
Lancement de la campagne

"30 000 expulsions par an, c'est la honte"

Suite à l´annonce du nombre de ressortissants étrangers expulsés pour l´année 2008,

SOS - Racisme dénonce la politique du chiffre en matière d´expulsion en initiant une campagne d´interpellation de l´opinion publique :

Parce que l´application de cette politique chiffrée est cause d´une inadmissible régression des droits et source de vies détruites, SOS - Racisme appelle le gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d´expulsions.

Pour signer le manifeste : http://www.c-est-la-honte.com/

Manifeste « 30.000 expulsions, c'est la honte »

Plus de 30.000 ! Annoncé aussi fièrement qu'un taux de croissance flatteur, le nombre d'expulsions d'étrangers auquel la France a procédé cette année est présenté comme un « record » dont le pays devrait s'enorgueillir.

Pourtant, pour aboutir à de tels chiffres, se trouvent désormais expulsés du territoire des hommes et des femmes qui y vivaient depuis de nombreuses années et qui y avaient leur vie, leurs amis, leur conjoint, leurs enfants, leur travail et leurs espoirs.

Cette réalité doit faire prendre conscience à chacun que les personnes en situation irrégulière ne sauraient être ramenées, dans une logique populiste, à la catégorie administrative des gens à expulser.

Nous contestons donc cette vision consistant à voir dans chaque personne en situation irrégulière une personne à expulser. Chaque situation, à partir de critères clairs, doit être étudiée sans que les préfectures soient amenées à considérer les sans-papiers comme autant de personnes permettant de remplir un quota annuel d'expulsés.

Nous contestons cette pensée qui consisterait à laisser croire que frapper les « sans-papiers » permettrait de mieux intégrer les étrangers en situation régulière. D'ailleurs, l'évolution de la législation, que ce soit la remise en cause très grave du droit des étrangers à vivre en famille ou – comme le montra la volonté d'instaurer des tests ADN - la tentative de jeter la suspicion sur l'honnêteté des étrangers, montre à quel point le durcissement du discours envers les « sans-papiers » s'est accompagné d'un durcissement de la législation envers les étrangers en situation régulière.

Nous contestons tout autant cette idée selon laquelle frapper les étrangers permettrait aux nationaux de mieux vivre. Dans l'angoisse de la crise économique, l'étranger – incarnation physique de la mondialisation - fait sans doute figure de bouc émissaire idéal. Mais qui peut croire que retirer des droits aux étrangers, qu'ils soient ou non en situation régulière, entraînerait un mieux-être pour les Français ? Qui peut croire qu'expulser des étrangers à tour de bras contribuerait à faire reculer le chômage, l'insécurité ou les problèmes de pouvoir d'achat et de logement ? En réalité, la régression des droits et des garanties pour les étrangers n'est jamais la marque du progrès des protections offertes au reste de la population.

Parce que ses fondements et ce qu'elle entraîne sont profondément contraires à l'idée que nous nous faisons de la dignité humaine et mettent en péril l'idéal de fraternité indissociable de la promesse républicaine, nous appelons le Gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d'expulsions.

Premiers Signataires :

Benjamin Abtan, ancien président de l'UEJF
Isabelle Adjani, comédienne
Sabiha Ahmine, conseillère régionale de Rhône-Alpes, ancienne présidente du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation – Lyon
Pouria Amirshahi, secrétaire nationale aux droits de l'Homme – PS,
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU
Martine Aubry , première secrétaire du Parti Socialiste, maire de Lille
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale
Yves Azeroual , producteur
Josiane Balasko, comédienne
Jean-Luc Bennahmias, député européen, vice président du MODEM
Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute Provence
Serge Blisko, député de Paris
Bertrand Bloch, professeur à l’Université de Bordeaux II
Patrick Bloche, député de Paris
Farida Boudaoud, secrétaire nationale au mouvement associatif et à l'économie solidaire et sociale – PS
Michel Boujenah, humoriste
Gérard Boulanger, avocat, président d'honneur des avocats européens démocrates
Malek Boutih, membre du Bureau National du PS
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF
Stomy Bugsy, artiste
Cartouche, humoriste
Pascale Crozon, députée du Rhône
Phil Darwin, humoriste
Geneviève de Fontenay présidente du Comité Miss France
Michèle Delaunay, députée de la Gironde
Christiane Demontés, sénatrice
Jacob Des Varieux, chanteur
Harlem Désir, député européen
Michel Destot, député de l’Isère et maire de Grenoble
Mouss Diouf, humoriste et comédien
Nicolas Ferran, coordinateur des amoureux au banc public
Guy Fisher, sénateur, vice – président du Sénat
Michel Fize, sociologue
Dan Franck, écrivain
Bernard Frimat, sénateur, vice-président du Sénat
Christophe Girard, maire adjoint à la culture de la ville de Paris
Jean-Michel Glachand, professeur d'économie Paris Sud
Jean Glavany, député des Hautes Pyrénées
Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA Education,Stéphane Guillon, humoriste
Sihem Habchi, présidente de Ni putes ni soumises
Clara Halter, artiste plasticienne
Marek Halter, écrivain
Jean-Jacques Hazan, président de la F.C.P.E
Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile
Ahmet Hinsel professeur d'économie à Paris I et à l'université Galatasaray d'Istanbul
Jean-Vincent Jehanno, conseiller régional de Rhône – Alpes
Patrick Klugman, avocat à la Cour
Francis Lalanne, chanteur
Jack Lang, député du Pas-de-Calais, ancien Ministre
Valérie Lang, comédienne
Claude Le Roy, entraîneur de football
Danielle Lebail, conseillère régionale de Rhône - Alpes
Jacqueline Madrelle, présidente de France – Libertés Gironde
Magloire, présentateur
Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT
Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour
Béatrice Marre, ancienne députée de l'Oise, conseillère municipale de Millau
Sandrine Mazetier, députée de Paris et secrétaire nationale à l'immigration – PS
Tristan Mendès France, blogueur – chroniqueur
Jean-Pierre Mignard, avocat à la Cour
Patrick Mille, comédien
Mokobé, chanteur
Alain Monod, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil Etat
Benjamin Morgaine, humoriste
Richard Moyon, membre fondateur du R.E.S.F.
Pierre-Alain Muet, député du Rhône
Alix Nicolet, présidente de la FIDL
George Pau-Langevin, députée de Paris
Vincent Peillon, député européen
Alda Peirera Lemaitre, maire de Noisy-le-Sec
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Patrick Peugeot, président de la Cimade
Sébastien Pietrasanta, maire d'Asnières-sur-Seine
Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF
Princess Agnès, chanteuse
Princesse Esther Kamatari, présidente de l'Association des Burundais de France
Christiane Puthod, conseillère régionale de Rhône - Alpes
Anne-Gaëlle Riccio, présentatrice
Martine Roure, députée européenne, vice-présidente du Parlement Européen
Gilles Savary, député européen
Serge Simon, médecin, ancien international de rugby
Smaïn, humoriste
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Ibrahim Sorel,président de Banlieues du Monde
Benjamin Stora, historien et professeur d'Université
Fodé Sylla, membre du Conseil économique, social et environnemental
Christiane Taubira, députée de Guyane
Michel Taubmann, journaliste
Niels Tavernier, cinéaste
Samuel Thomas, président de la Fédération nationale des maisons des potes
Jean-Louis Touraine, député du Rhône
Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo
Alain Vidalies, député des Landes
Marie- France Vieux Marcaud, vice - présidente de la région Rhône – Alpes
Dominique Voynet, sénatrice et maire de Montreuil
Richard Yung, sénateur.

Source TERRA : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article17368

30 000 expulsions par an, c'est la honte

Mercredi 21 janvier
Lancement de la campagne

"30 000 expulsions par an, c'est la honte"

Suite à l´annonce du nombre de ressortissants étrangers expulsés pour l´année 2008,

SOS - Racisme dénonce la politique du chiffre en matière d´expulsion en initiant une campagne d´interpellation de l´opinion publique :

Parce que l´application de cette politique chiffrée est cause d´une inadmissible régression des droits et source de vies détruites, SOS - Racisme appelle le gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d´expulsions.

Pour signer le manifeste : http://www.c-est-la-honte.com/

Manifeste « 30.000 expulsions, c'est la honte »

Plus de 30.000 ! Annoncé aussi fièrement qu'un taux de croissance flatteur, le nombre d'expulsions d'étrangers auquel la France a procédé cette année est présenté comme un « record » dont le pays devrait s'enorgueillir.

Pourtant, pour aboutir à de tels chiffres, se trouvent désormais expulsés du territoire des hommes et des femmes qui y vivaient depuis de nombreuses années et qui y avaient leur vie, leurs amis, leur conjoint, leurs enfants, leur travail et leurs espoirs.

Cette réalité doit faire prendre conscience à chacun que les personnes en situation irrégulière ne sauraient être ramenées, dans une logique populiste, à la catégorie administrative des gens à expulser.

Nous contestons donc cette vision consistant à voir dans chaque personne en situation irrégulière une personne à expulser. Chaque situation, à partir de critères clairs, doit être étudiée sans que les préfectures soient amenées à considérer les sans-papiers comme autant de personnes permettant de remplir un quota annuel d'expulsés.

Nous contestons cette pensée qui consisterait à laisser croire que frapper les « sans-papiers » permettrait de mieux intégrer les étrangers en situation régulière. D'ailleurs, l'évolution de la législation, que ce soit la remise en cause très grave du droit des étrangers à vivre en famille ou – comme le montra la volonté d'instaurer des tests ADN - la tentative de jeter la suspicion sur l'honnêteté des étrangers, montre à quel point le durcissement du discours envers les « sans-papiers » s'est accompagné d'un durcissement de la législation envers les étrangers en situation régulière.

Nous contestons tout autant cette idée selon laquelle frapper les étrangers permettrait aux nationaux de mieux vivre. Dans l'angoisse de la crise économique, l'étranger – incarnation physique de la mondialisation - fait sans doute figure de bouc émissaire idéal. Mais qui peut croire que retirer des droits aux étrangers, qu'ils soient ou non en situation régulière, entraînerait un mieux-être pour les Français ? Qui peut croire qu'expulser des étrangers à tour de bras contribuerait à faire reculer le chômage, l'insécurité ou les problèmes de pouvoir d'achat et de logement ? En réalité, la régression des droits et des garanties pour les étrangers n'est jamais la marque du progrès des protections offertes au reste de la population.

Parce que ses fondements et ce qu'elle entraîne sont profondément contraires à l'idée que nous nous faisons de la dignité humaine et mettent en péril l'idéal de fraternité indissociable de la promesse républicaine, nous appelons le Gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d'expulsions.

Premiers Signataires :

Benjamin Abtan, ancien président de l'UEJF
Isabelle Adjani, comédienne
Sabiha Ahmine, conseillère régionale de Rhône-Alpes, ancienne présidente du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation – Lyon
Pouria Amirshahi, secrétaire nationale aux droits de l'Homme – PS,
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU
Martine Aubry , première secrétaire du Parti Socialiste, maire de Lille
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale
Yves Azeroual , producteur
Josiane Balasko, comédienne
Jean-Luc Bennahmias, député européen, vice président du MODEM
Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute Provence
Serge Blisko, député de Paris
Bertrand Bloch, professeur à l’Université de Bordeaux II
Patrick Bloche, député de Paris
Farida Boudaoud, secrétaire nationale au mouvement associatif et à l'économie solidaire et sociale – PS
Michel Boujenah, humoriste
Gérard Boulanger, avocat, président d'honneur des avocats européens démocrates
Malek Boutih, membre du Bureau National du PS
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF
Stomy Bugsy, artiste
Cartouche, humoriste
Pascale Crozon, députée du Rhône
Phil Darwin, humoriste
Geneviève de Fontenay présidente du Comité Miss France
Michèle Delaunay, députée de la Gironde
Christiane Demontés, sénatrice
Jacob Des Varieux, chanteur
Harlem Désir, député européen
Michel Destot, député de l’Isère et maire de Grenoble
Mouss Diouf, humoriste et comédien
Nicolas Ferran, coordinateur des amoureux au banc public
Guy Fisher, sénateur, vice – président du Sénat
Michel Fize, sociologue
Dan Franck, écrivain
Bernard Frimat, sénateur, vice-président du Sénat
Christophe Girard, maire adjoint à la culture de la ville de Paris
Jean-Michel Glachand, professeur d'économie Paris Sud
Jean Glavany, député des Hautes Pyrénées
Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA Education,Stéphane Guillon, humoriste
Sihem Habchi, présidente de Ni putes ni soumises
Clara Halter, artiste plasticienne
Marek Halter, écrivain
Jean-Jacques Hazan, président de la F.C.P.E
Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile
Ahmet Hinsel professeur d'économie à Paris I et à l'université Galatasaray d'Istanbul
Jean-Vincent Jehanno, conseiller régional de Rhône – Alpes
Patrick Klugman, avocat à la Cour
Francis Lalanne, chanteur
Jack Lang, député du Pas-de-Calais, ancien Ministre
Valérie Lang, comédienne
Claude Le Roy, entraîneur de football
Danielle Lebail, conseillère régionale de Rhône - Alpes
Jacqueline Madrelle, présidente de France – Libertés Gironde
Magloire, présentateur
Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT
Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour
Béatrice Marre, ancienne députée de l'Oise, conseillère municipale de Millau
Sandrine Mazetier, députée de Paris et secrétaire nationale à l'immigration – PS
Tristan Mendès France, blogueur – chroniqueur
Jean-Pierre Mignard, avocat à la Cour
Patrick Mille, comédien
Mokobé, chanteur
Alain Monod, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil Etat
Benjamin Morgaine, humoriste
Richard Moyon, membre fondateur du R.E.S.F.
Pierre-Alain Muet, député du Rhône
Alix Nicolet, présidente de la FIDL
George Pau-Langevin, députée de Paris
Vincent Peillon, député européen
Alda Peirera Lemaitre, maire de Noisy-le-Sec
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Patrick Peugeot, président de la Cimade
Sébastien Pietrasanta, maire d'Asnières-sur-Seine
Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF
Princess Agnès, chanteuse
Princesse Esther Kamatari, présidente de l'Association des Burundais de France
Christiane Puthod, conseillère régionale de Rhône - Alpes
Anne-Gaëlle Riccio, présentatrice
Martine Roure, députée européenne, vice-présidente du Parlement Européen
Gilles Savary, député européen
Serge Simon, médecin, ancien international de rugby
Smaïn, humoriste
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Ibrahim Sorel,président de Banlieues du Monde
Benjamin Stora, historien et professeur d'Université
Fodé Sylla, membre du Conseil économique, social et environnemental
Christiane Taubira, députée de Guyane
Michel Taubmann, journaliste
Niels Tavernier, cinéaste
Samuel Thomas, président de la Fédération nationale des maisons des potes
Jean-Louis Touraine, député du Rhône
Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo
Alain Vidalies, député des Landes
Marie- France Vieux Marcaud, vice - présidente de la région Rhône – Alpes
Dominique Voynet, sénatrice et maire de Montreuil
Richard Yung, sénateur.

Source TERRA : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article17368